Directives concernant les énergies renouvelables, la performance énergétique des bâtiments et l'efficacité énergétique: amendements (REPowerEU)
Le Parlement européen a adopté par 407 voix pour, 34 contre et 181 abstentions, des amendements à la proposition de directive du Parlement européen et du Conseil modifiant la directive (UE) 2018/2001 relative à la promotion de lutilisation de lénergie produite à partir de sources renouvelables, la directive 2010/31/UE sur la performance énergétique des bâtiments et la directive 2012/27/UE relative à lefficacité énergétique.
La question a été renvoyée à la commission compétente pour négociations interinstitutionnelles.
La proposition vise notamment à accélérer la procédure d'octroi de permis pour les nouveaux projets d'énergie renouvelable ou pour l'adaptation des installations existantes.
Les principaux amendements adoptés en plénière concernent les points suivants :
Cartographie et planification intégrées à plusieurs niveaux des zones nécessaires pour les contributions nationales à l'objectif en matière de sources dénergie renouvelables pour 2030 et à l'objectif de neutralité climatique
D'ici un an après l'entrée en vigueur de la directive, les États membres devraient réaliser une cartographie et une planification intégrées à plusieurs niveaux pour le déploiement des ressources d'énergie renouvelable sur l'ensemble de leur territoire, en coordination avec toutes les autorités nationales, régionales et locales concernées, afin d'identifier le potentiel national et les zones terrestres, de surface, souterraines et maritimes disponibles pour leur déploiement.
Les États membres devraient également recenser la capacité installée ainsi que les zones terrestres, de surface, souterraines et maritimes nécessaires à la production d'énergie à partir de sources renouvelables et les infrastructures connexes, telles que le réseau et les installations de stockage, y compris le stockage thermique, qui sont requises afin d'assurer leur contribution nationale à l'objectif de 2030 en matière d'énergies renouvelables et de parvenir à la neutralité climatique d'ici 2050.
Zones d'accélération des énergies renouvelables
Au plus tard deux ans après l'entrée en vigueur, les États membres devraient adopter, en coordination avec leurs autorités locales et régionales, un ou plusieurs plans désignant, dans les zones visées par la directive, des zones d'accélération des énergies renouvelables pour un ou plusieurs types de sources d'énergie renouvelables, cest-à-dire des zones particulièrement propices au déploiement de projets dans le domaine des énergies renouvelables, pour lesquels les délais des procédures administratives doctroi de permis peuvent être particulièrement raccourcis.
Les États membres devraient i) désigner des zones terrestres et maritimes suffisamment homogènes dans lesquelles le déploiement dun ou de plusieurs types spécifiques dénergie renouvelable ne devrait pas avoir deffets notables sur lenvironnement, compte tenu des particularités du territoire sélectionné et ii) établir des règles pour les zones daccélération des énergies renouvelables désignées, y compris en ce qui concerne les mesures datténuation à adopter pour accueillir des installations dénergie renouvelable, afin déviter ou de réduire de manière significative les incidences négatives sur lenvironnement qui pourraient en résulter.
Les zones qui ont déjà été désignées pour linstallation de centrales éoliennes ou solaires pourraient être déclarées «zones daccélération des énergies renouvelables» par les États membres.
Les députés ont également ajouté des dispositions garantissant la participation du public avant l'identification des zones nécessaires à l'installation des projets ainsi qu'avant la désignation des zones dites daccélération des énergies renouvelables.
Procédure doctroi de permis dans les zones daccélération des énergies renouvelables
Pour accélérer la procédure d'octroi des permis et, partant, le déploiement des projets d'énergie renouvelable, les États membres devraient veiller à ce que la procédure d'octroi des permis ne dépasse pas neuf mois pour les projets dans les zones d'accélération des énergies renouvelables, y compris les éléments du réseau énergétique et le raccordement au réseau.
- La procédure doctroi de permis pour le rééquipement des installations, y compris celles qui augmentent la capacité et rendent davantage nécessaire le développement du réseau énergétique connexe sans accroissement de la zone occupée, et pour les nouvelles installations dune puissance électrique inférieure à 150 kW, les installations de stockage dénergie, y compris électrique et thermique, ainsi que leur raccordement au réseau, situées dans des zones daccélération des énergies renouvelables, ne devrait pas dépasser six mois.
- Lorsque le rééquipement entraîne un accroissement de la capacité dune centrale électrique utilisant des énergies renouvelables qui nexcède pas 15%, et sans préjudice de la nécessité dévaluer toute incidence potentielle sur lenvironnement, les permis relatifs au raccordement au réseau de transport ou de distribution devraient, en principe, être octroyés dans un délai dun mois à compter de la demande adressée à lentité concernée.
- Lorsque le rééquipement d'installations solaires nimplique pas lutilisation despace supplémentaire et est conforme aux mesures datténuation des incidences sur lenvironnement applicables établies pour linstallation dorigine, le projet devrait être exempté de lobligation dêtre soumis à un processus préalable visant à déterminer sil doit faire lobjet dune évaluation spécifique des incidences sur lenvironnement.
Dans le cadre de la procédure doctroi de permis, en labsence de réponse des organes administratifs compétents dans les délais, le permis ou la demande serait réputé approuvé.
Procédure doctroi de permis en dehors des zones daccélération des énergies renouvelables
La durée de la procédure doctroi de permis ne devrait pas excéder 18 mois. Cette durée sappliquerait aux centrales électriques hybrides renouvelables et à leurs réseaux énergétiques connexes en ce qui concerne les projets situés en dehors des zones daccélération des énergies renouvelables. Dans des circonstances extraordinaires dûment justifiées, ce délai de 18 mois pourrait être prolongé au maximum de trois mois.
Les amendements stipulent également que :
- la procédure doctroi de permis pour linstallation déquipements solaires, y compris sur les toitures, et dinstallations de stockage dénergie colocalisées, y compris dinstallations solaires intégrées dans des bâtiments, dans des structures artificielles existantes ou futures, ne devrait pas excéder un mois, pour autant que lobjectif principal de ces structures ne soit pas la production dénergie solaire;
- la procédure doctroi de permis pour linstallation de pompes à chaleur ne devrait pas dépasser un mois.