Révision de la directive relative au comité d'entreprise européen
Le Parlement européen a adopté par 385 voix pour, 118 contre et 99 abstentions, une résolution contenant des recommandations à la Commission sur la révision de la directive sur les comités d'entreprise européens.
Le dialogue social, y compris linformation et la consultation des travailleurs, est un élément central du modèle social européen. Les comités dentreprise européens (CEE) reflètent limportance accordée à la représentation des travailleurs et leur bon fonctionnement joue un rôle essentiel dans la bonne gestion des entreprises multinationales. Environ 1200 CEE existent actuellement dans lUnion.
Les lacunes de la directive 2009/38/CE et le fait quelle ne soit pas mise à exécution contribuent à une mise en pratique fragmentée des droits dinformation et de consultation des travailleurs sur les questions transnationales dans lensemble de lUnion.
Demande en faveur dune révision longuement attendue de la directive 2009/38/CE
Le Parlement invite de nouveau la Commission à présenter, au plus tard le 31 janvier 2024, une proposition de révision de la directive 2009/38/CE en vue de préciser ses objectifs, ses définitions et ses procédures et de renforcer le droit des représentants des travailleurs à linformation et à la consultation, en particulier lors de processus de restructuration.
Les députés soulignent que les CEE sont lun des principaux instruments permettant de renforcer la démocratie sur le lieu de travail sur des questions transnationales, de faire respecter les droits des travailleurs, daccroître la participation des travailleurs et de promouvoir la confiance mutuelle entre la direction et les salariés. Ils jugent essentiel de renforcer les CEE et leur capacité à exercer leurs droits à linformation et à la consultation, ainsi que daugmenter le nombre de CEE, tout en tenant compte des différents mécanismes de concertation sociale dans les États membres.
En vue daccroître la visibilité, ainsi que de créer des incitations en faveur du développement des CEE, le Parlement invite la Commission à recueillir des données sur les entreprises relevant du champ dapplication de la directive 2009/38/CE et à organiser une conférence de haut niveau en 2023 pour mobiliser les entreprises relevant du champ dapplication de la directive, les CEE, les partenaires sociaux de divers secteurs ainsi que les institutions nationales du marché du travail sur limportance des CEE afin de placer ce sujet en tête de lagenda politique.
Garantir une consultation en temps utile et significative
Les CEE rencontrent toujours de grandes difficultés pour faire valoir leurs droits, notamment en ce qui concerne l'information en temps utile et la consultation préalable et effective sur des questions à caractère transnational qui pourraient avoir un impact sur les emplois et les conditions de travail de la main-d'uvre en Europe, y compris les changements découlant des transitions verte et numérique.
Il est recommandé à la Commission et aux États membres de promouvoir le renforcement des droits d'information et de consultation, ainsi que des processus de consultation significatifs. Une révision de la définition du terme «consultation» dans la directive 2009/38/CE est nécessaire afin de garantir que l'avis du CEE soit pris en compte dans les décisions des entreprises et que cet avis soit rendu avant l'achèvement de la consultation au niveau pertinent, avant que les organes directeurs de l'entreprise ne prennent une décision. Les membres du CEE devraient disposer en temps utile d'informations significatives et actualisées sur les décisions envisagées à caractère transnational.
Le Parlement a également recommandé ce qui suit :
- renforcer les prescriptions subsidiaires contenues dans la directive 2009/38/CE, qui servent de base aux accords négociés : les députés remarquent que le délai de trois ans à compter de la demande prévu pour lapplication des prescriptions subsidiaires, en cas de non-conclusion dun accord, est excessif, nest le plus souvent pas utilisé efficacement et est défavorable aux travailleurs;
- clarifier la portée de la confidentialité : dans le cadre de la révision de la directive 2009/38/CE, la Commission devrait exiger des États membres quils indiquent explicitement les circonstances dans lesquelles la confidentialité est justifiée pour restreindre laccès à linformation;
- améliorer le règlement des litiges grâce à la fourniture dorientations permettant de remédier aux effets négatifs que des désaccords sur lopportunité dentreprendre une procédure dinformation ou de consultation peuvent avoir sur les membres des CEE et les représentants des travailleurs;
- mettre en place des sanctions efficaces, dissuasives et proportionnées : les dispositions régissant les sanctions des États membres devraient être renforcées, tout en veillant à ce quelles noccasionnent pas de charge pour les entreprises;
- mettre fin à lexemption des accords antérieurs à la directive : plus de 25 ans après ladoption de la première directive relative aux CEE, de nombreux accords antérieurs à la directive sont toujours en vigueur et nont pas été adaptés aux exigences de la directive 2009/38/CE. Les députés estiment quil est essentiel que tous les accords des CEE soient régis par les mêmes droits et obligations;
- garantir laccès à la justice : le Parlement a réitéré son appel aux États membres à garantir des procédures administratives facilitées en vue de permettre un accès adéquat à la justice pour les CEE et les groupes spéciaux de négociation, notamment pour la définition de leur statut juridique, y compris la reconnaissance de leur personnalité juridique. Il a également souligné limportance de garantir un équilibre entre les genres dans la composition des CEE.