Grands projets d’infrastructures de transport dansl'UE
La commission du contrôle budgétaire a adopté le rapport dinitiative dAndrey NOVAKOV (PPE, BG) sur les grands projets dinfrastructures de transport dans lUE - mise en uvre des projets et suivi et contrôle des fonds de lUE.
Grands projets de transport dans lUE
Les députés rappellent que les grands projets dinfrastructures jouent un rôle crucial dans la mise en uvre de la politique du RTE-T et revêtent une importance majeure pour supprimer les goulets détranglement et éliminer les chaînons manquants, notamment sur des tronçons transfrontaliers.
Le rapport souligne que lextension des corridors du réseau de transport européen aux pays partenaires du voisinage, non membres de lUnion (tels que lUkraine, la Moldavie, la Macédoine du Nord, lAlbanie, etc.), améliorerait considérablement le fonctionnement sans heurts du RTE-T. Il demande que la Bulgarie et la Roumanie soient rapidement intégrées dans lespace Schengen, car cela améliorerait considérablement la connectivité nord-sud en Europe orientale. Il invite la Commission à soutenir lUkraine et ses efforts pour renforcer les liaisons ferroviaires entre lUkraine et lUnion en vue de lintégration future des infrastructures de transport ukrainiennes dans le RTE-T.
Financement de lUnion et mise en uvre
Au cours de la période 2007-2020, lUnion a alloué plus de 109 milliards deuros aux projets dinfrastructures de transport sur le RTE-T, sans distinction de taille. La Banque européenne dinvestissement a fourni 151 milliards deuros de prêts en faveur de projets de transport dans lUnion au cours de la période 2007-2020.
Le rapport souligne que lUnion connaît actuellement une situation sans précédent dans laquelle de nombreuses sources de financement doivent être absorbées simultanément et que les États membres ne disposent souvent pas de la capacité administrative nécessaire pour gérer tous les fonds disponibles au titre de la facilité pour la reprise et la résilience dans le cadre des plans nationaux pour la reprise et la résilience, tout en essayant dabsorber 392 milliards deuros de fonds de la politique de cohésion avant la fin de 2027. Les députés appellent de leurs vux des synergies entre les fonds de cohésion et la facilité pour la reprise et la résilience.
Préoccupés par le risque de décalage entre les priorités stratégiques de lUnion et celles des États membres, les députés demandent un renforcement du rôle des coordonnateurs européens afin de faciliter le déploiement de projets dinfrastructure le long des corridors RTE-T et de garantir la coopération et la bonne réalisation des projets transfrontaliers. En outre, les États membres devraient veiller à la cohérence entre leurs plans nationaux de transport et dinvestissement et les objectifs de lUnion en matière de transports. Les députés demandent aux États membres de faire de lachèvement de lintégralité du réseau central du RTE-T dici à 2030 une priorité par rapport à lachèvement des réseaux étendu et global.
Les députés regrettent que les grands projets dinfrastructures cofinancés par lUnion connaissent en moyenne des retards plus longs que des projets de transport comparables dans le monde. Ils invitent les États membres à mettre en uvre la directive concernant des mesures de rationalisation en vue de progresser dans la réalisation du réseau transeuropéen de transport (RTE-T) afin de permettre des procédures dautorisation simplifiées et harmonisées et déviter les retards dans les projets.
Le rapport demande que le budget du mécanisme pour linterconnexion en Europe (MIE) soit augmenté pour faire face aux coûts supplémentaires découlant de linflation, ainsi que pour tenir compte dautres besoins et défis géopolitiques et de transition qui ont une incidence sur la mise en uvre du RTE-T, y compris les tronçons transfrontaliers.
Principales priorités et recommandations
Les députés estiment que lexpérience internationale en matière de financement et de mise en uvre de grands projets dinfrastructure mérite dêtre analysée et demandent que les enseignements tirés de cette analyse soient pris en compte dans larchitecture des futures politiques (après 2027). Ils estiment en particulier quun système de contrôle systématique, basé sur la notion de risque, pour les grands projets de transport contribuerait à mieux remédier aux retards importants des grands projets dinfrastructures de transport dans lUnion et contribuerait à améliorer encore la gestion des dépassements de coûts.
Un contrôle adéquat de la mise en uvre des fonds est nécessaire, étant donné que les projets dinfrastructure sont exposés au risque dirrégularités, notamment de corruption. Le rapport invite la Commission et les États membres à rendre obligatoire lutilisation dun système unique dinformation et de suivi intégré et interopérable, comprenant un outil unique dexploration de données et de calcul du risque, pour évaluer et analyser les données pertinentes, y compris les informations sur les bénéficiaires effectifs, et accroître la fiabilité du contrôle. Il demande une collaboration accrue entre le Parquet européen et lOffice européen de lutte antifraude, en vue daméliorer les systèmes de suivi et de contrôle en gestion partagée et de prévenir les possibilités de mauvaise gestion des fonds.
La Commission est invitée à renforcer encore les indicateurs dévaluation ex post, dans la mesure du possible, en introduisant des critères tels que la sécurité routière; la réduction du nombre de décès et de blessures graves; la réduction des émissions; la réduction de la pollution sonore; la hausse de lactivité économique en termes de revenus et davantages en matière demploi pour les entreprises et la population locales; les avantages en termes de temps et de coût du transport pour les personnes et le fret; et dautres avantages sociaux. Pour chaque grand projet dinfrastructure de transport, une analyse coûts-avantages socio-économique approfondie ainsi quune évaluation de limpact sur lenvironnement devraient être réalisées.
Les députés demandent un alignement étroit entre les priorités stratégiques de lUnion et celles des États membres. Ils souhaitent que la Commission puisse exercer un contrôle accru sur la planification et la mise en uvre des projets le long des corridors du réseau de transport. Un traitement prioritaire (caractérisé par des délais plus courts et des procédures simultanées et/ou simplifiées) devrait sappliquer automatiquement aux projets relatifs au RTE-T lorsquun tel cadre existe dans un cadre juridique national. Les États membres dont les cadres juridiques nationaux ne prévoient pas de tel traitement prioritaire devraient en instaurer un pour les projets de transport. Les avantages liés à lexistence dune autorité désignée pour rationaliser les procédures administratives au niveau national sont soulignés.
Préoccupés par le fait que les longs temps dattente aux frontières intérieures de lUnion ont une incidence négative sur les infrastructures financées par lUnion et réduisent leur facilité dutilisation globale, les députés demandent quune durée standard dune minute en moyenne soit fixée à léchelle de lUnion pour le traitement et le contrôle, aux frontières de lUnion, des véhicules utilitaires lourds immatriculés dans lUnion.
Les députés demandent que le mécanisme transfrontalier européen soit adopté rapidement, puisquil améliorerait lefficacité des investissements de lUnion dans les infrastructures de transport transfrontalières. Ils invitent la Commission à mettre en place une procédure accélérée européenne pour les projets dinfrastructure le long du réseau central et du réseau global RTE-T.