Incidence, sur le budget 2024 de l'Union, de l'augmentation des coûts d'emprunt de l'instrument de l’Union européenne pour la relance
Le Parlement européen a adopté par 434 voix pour, 99 contre et 89 abstentions, une résolution sur lincidence sur le budget 2024 de lUE de laugmentation des coûts demprunt au titre de linstrument de lUnion européenne pour la relance.
Le cadre financier pluriannuel (CFP) 2021-2027 a programmé 12,9 milliards deuros aux prix de 2018 (15 milliards deuros aux prix courants) sur une période de sept ans afin de couvrir les coûts demprunt liés à linstrument de lUnion européenne pour la relance (EURI). Ce chiffre reposait sur lhypothèse dune augmentation progressive des taux dintérêt pour les emprunts, passant de 0,55% en 2021 à 1,15% en 2027. Le remboursement des coûts demprunt de lEURI est soumis au plafond des dépenses de la rubrique 2b (résilience et valeurs) du CFP.
Le Parlement observe, avec une inquiétude croissante, que les montants programmés pour le remboursement des coûts demprunt de lEURI risquent dêtre insuffisants, en particulier en 2023 et 2024, et quen létat actuel des choses, les marges non allouées dans le cadre de la plupart des plafonds de dépenses sont soit fortement limitées, soit totalement absentes.
Les députés sont préoccupés par le fait que, si les mesures nécessaires ne sont pas prises, laugmentation des coûts demprunt de lEURI risque de limiter fortement la capacité du budget de lUnion à financer les priorités et les politiques de lUnion et à répondre aux besoins émergents. Cette incidence vient sajouter à leffet dune inflation élevée, qui réduit la valeur réelle du budget de lUnion.
La résolution souligne la nécessité dagir durgence dans le cadre dune révision du CFP afin déviter une situation dans laquelle laugmentation des coûts demprunt de lEURI pourrait épuiser linstrument de flexibilité et le dispositif de marge unique en 2023 et 2024.
Les députés estiment que le non-respect de la feuille de route qui prévoyait dintroduire le premier lot de ressources propres en janvier 2023 est inacceptable. Ils ont dès lors invité le Conseil à adopter sans tarder les modifications nécessaires à la décision relative aux ressources propres et à présenter des propositions pour un deuxième panier de nouvelles ressources propres dès que possible et au plus tard au troisième trimestre de 2023.
En outre, les députés sont davis que le fait de soumettre le remboursement de la dette à un plafond au sein dune rubrique du CFP va à lencontre de la réalité de ces dépenses. Ils rappellent que le Parlement a demandé, lors des négociations sur le CFP, que les coûts de remboursement de lEURI soient placés au-delà des plafonds afin de réduire la pression sur le CFP, de préserver le financement des programmes déjà approuvés et de garantir une marge de manuvre suffisante dans le cadre des plafonds pour financer de nouvelles initiatives.
Le Parlement a par conséquent réitéré son appel en faveur dune révision urgente et ambitieuse du CFP. Il a invité la Commission à inclure dans sa proposition de révision larchitecture et le financement nécessaires pour gérer efficacement les coûts de remboursement de lEURI, tout en préservant les niveaux de financement nécessaires pour les programmes et les politiques et en veillant à ce que le budget soit doté de ressources suffisantes et soit suffisamment souple pour faire face aux besoins futurs et répondre aux crises.
Compte tenu en particulier de lincidence des coûts de lEURI sur le budget 2024, le Parlement a demandé de mettre en place avant le 1er janvier 2024 un CFP révisé, comprenant une solution structurelle pour lEURI.