Relations UE-Suisse
La commission des affaires étrangères a adopté un rapport dinitiative de Lukas MANDL (PPE, AT) sur les relations UE-Suisse.
Politique étrangère et de sécurité
Le rapport souligne lintérêt marqué de lUnion à légard dune coopération avec la Suisse, partenaire attaché aux mêmes principes quelle, en matière de paix internationale, de sécurité, de droits de lhomme et de défense, particulièrement en réponse à la guerre dagression menée par la Russie contre lUkraine. Il souligne que la Suisse, dans sa politique étrangère, défend depuis longtemps la paix, la médiation et le règlement pacifique des conflits.
Les députés réjouissent que la Suisse se soit rapprochée de la politique étrangère et de sécurité commune de lUnion, notamment sur les questions dassistance humanitaire, de protection civile, de lutte antiterroriste et de changement climatique. Ils saluent, en outre, le fait que la Suisse ait annoncé en novembre 2021 quelle prendrait part à certains projets de la coopération structurée permanente.
Le rapport encourage une collaboration plus étroite entre la Suisse et lUnion sur les questions sociales et humanitaires. Il encourage également la Suisse à poursuivre ses actions en faveur dun ordre international fondé sur des règles, à modifier sa législation afin dautoriser la confiscation des actifs russes et à entreprendre une révision de ses pratiques en matière de sanctions afin de saligner de façon plus systématique sur les sanctions prises par lUnion.
Les députés se félicitent en outre que la Suisse participe aux sommets de la communauté politique européenne. Ils prennent acte de la coopération entre lUnion et la Suisse en matière de migration internationale, notamment pour ce qui est de la gestion des flux de réfugiés et de la relocalisation de ces derniers. Ils regrettent toutefois quà ce jour, la Suisse ne remplisse pas les conditions permettant de participer au mécanisme de protection civile de lUnion européenne.
Économie, marché du travail et accès au marché intérieur de lUnion
Le rapport souligne que le fait de préserver, de renforcer et dapprofondir des relations commerciales solides, stables et durables avec la Suisse, le quatrième partenaire commercial de lUnion, demeure une priorité élevée.
Les députés estiment quune relation modernisée et mutuellement bénéfique, soutenue par un accord ambitieux, devrait non seulement réduire les obstacles au commerce, mais aussi créer des conditions de concurrence équitables pour les citoyens et les opérateurs économiques de lUnion, favoriser la confiance, la stabilité, les emplois, la croissance et le bien-être et garantir une protection non discriminatoire des droits des travailleurs.
Regrettant que la Suisse reste le seul membre de lAELE à ne pas avoir adhéré à lEEE, les députés signalent que ladhésion de la Suisse à lEEE ou à lUnion sera toujours la bienvenue si le pays en exprime le souhait à lavenir. Ils soulignent également limportance, pour une future coopération transfrontière, de cadres et de relations stables et solides entre lUnion et la Suisse.
Les députés sinquiètent que la Suisse mette insuffisamment en uvre certains accords conclus avec lUnion et quelle adopte ensuite des mesures législatives et des pratiques susceptibles dêtre incompatibles avec ces accords, en particulier des mesures en rapport avec la libre circulation des personnes. Ils exhortent la Suisse à appliquer lacquis pertinent de lUnion et à respecter les obligations qui lui incombent en vertu de laccord de 1999 sur la libre circulation des personnes, en particulier des travailleurs détachés.
Les députés sont préoccupés par le fait que les accords bilatéraux de base entre lUE et la Suisse ne vont pas tarder à prendre fin et ne garantiront bientôt plus un accès fluide au marché car ils ne tiennent pas compte des récentes évolutions dans lacquis de lUnion. Ils font remarquer que le modèle fondé sur des accords bilatéraux individuels plutôt que sur un accord global est dépassé. Ils rappellent que ladoption dun accord global sur les accords existants et futurs qui permette la participation de la Suisse au marché unique européen afin de garantir lhomogénéité de ce dernier et la sécurité juridique reste une condition préalable à la poursuite de lapproche sectorielle.
La Commission est invitée à proposer un mandat pour moderniser lALE qui a été conclu il y a 50 ans lorsque les négociations sur laccord-cadre institutionnel auront repris.
Énergie, climat et environnement
Tout en se félicitant du degré élevé dalignement politique entre la Suisse et lUnion concernant leurs stratégies en matière de climat et dénergie, le rapport invite la Commission et le Conseil fédéral suisse à trouver des voies daccès légal de coopération concernant le paquet «Ajustement à lobjectif 55» et la participation de la Suisse à plusieurs volets du pacte vert pour lEurope, notamment le plan REPowerEU, et à des alliances industrielles telles que lalliance européenne pour lindustrie solaire photovoltaïque, lalliance européenne pour un hydrogène propre ou lalliance européenne pour les batteries.
La Suisse est invitée à appliquer la législation relative à la protection de lenvironnement, en particulier le mécanisme dajustement carbone aux frontières et la révision du régime déchange de droits démission, en vue dun futur accord de coopération.
Les députés font remarquer quun accord relatif au marché de lélectricité constituerait un point de départ propice à une coopération étroite et ininterrompue entre lUnion et la Suisse, en particulier concernant lélectricité produite sans combustibles fossiles et les gaz propres, notamment grâce à des solutions innovantes de commerce transfrontière délectricité telles quun marché commun de lélectricité.
Recherche et innovation, développement, éducation et culture
Le rapport souligne limportance dune coopération UE-Suisse dans la recherche, linnovation et le développement qui participe à donner à lEurope un rôle majeur dans le domaine de la recherche et de linnovation et qui consolide le système éducatif européen. Il invite lUnion et la Suisse à trouver une approche commune bénéficiant aux citoyens afin de parvenir à une coopération mutuellement avantageuse, en particulier en ce qui concerne la participation de la Suisse à tous les programmes de lUnion pour la période 2021-2027. Il insiste sur le fait que la libre circulation des personnes est une condition préalable à la participation à Erasmus+.
Cadre institutionnel et coopération
Le rapport déplore la décision prise par le Conseil fédéral suisse en mai 2021 de mettre fin aux négociations sur laccord-cadre institutionnel UE-Suisse après sept années de négociations. Regrettant tout propos dans les sphères publique et politique suisses prétendant que lUnion agit contre les intérêts de la Suisse, les députés signalent quun second échec des négociations sur un accord relatif aux relations UE-Suisse serait préjudiciable pour les deux parties.
Les députés déplorent que le Conseil fédéral suisse ne décide quà la fin de lannée 2023 sil se prépare à adopter un mandat de négociation. Ils sattendent à une intensification des avancées réalisées lors des contacts exploratoires entre la Commission et le Conseil fédéral suisse afin dobtenir les clarifications et assurances requises pour ladoption dun mandat de négociation. Ils invitent les deux parties à profiter de cette occasion pour discuter dun éventuel nouveau paquet de négociation et dun accord de coopération entre lUnion et la Suisse, ainsi que pour parvenir à un accord avant la fin du mandat actuel de la Commission européenne et de la législature du Parlement européen.