Modification du mécanisme présenté visant à lever les obstacles juridiques et administratifs dans un contexte transfrontalier
Le Parlement européen a adopté par 521 voix pour, 36 contre et 13 abstentions, une résolution contenant des recommandations à la Commission concernant la modification du mécanisme proposé visant à lever les obstacles juridiques et administratifs dans un contexte transfrontalier.
Les régions frontalières intérieures couvrent 40% du territoire de lUnion, abritent 30 % de sa population, soit 150 millions de personnes, et accueillent près de 2 millions de travailleurs frontaliers. Selon les estimations, la mise en place dun outil législatif au niveau de lUnion pour remédier aux obstacles transfrontaliers, associé aux outils existants, pourrait générer des bénéfices économiques à hauteur de 123 milliards deuros, tandis que lélimination de tous les obstacles générerait des bénéfices à hauteur de 460 milliards deuros.
Compte tenu des récentes tendances en matière de mobilité de la main-duvre intra-UE, et afin de faire face à différents défis démographiques, sociaux, économiques et environnementaux, de réduire les disparités, et de prévenir la fuite des cerveaux, le Parlement estime lUnion doit intensifier ses efforts pour remédier aux obstacles juridiques et administratifs transfrontaliers persistants dans le contexte plus large de la cohésion, grâce à une coopération bien plus efficace entre les autorités des régions frontalières, ainsi quà un nouvel instrument efficace.
Le Parlement a donc demandé à la Commission de soumettre, sur la base de larticle 175, troisième alinéa, du traité sur le fonctionnement de lUnion européenne, une proposition de règlement relatif à un instrument des régions frontalières au service du développement et de la croissance dans lUnion.
La modification de la proposition de mécanisme transfrontalier européen devrait être axée sur la mise en place dun cadre de coordination simple et direct, permettant aux autorités à différents niveaux déliminer les obstacles juridiques et administratifs, tout en évitant la multiplication des organismes et autorités, ainsi que la création de charges administratives inutiles.
Les députés estiment quil est essentiel de mettre en place des points de coordination transfrontalière, afin que les autorités publiques, la société civile, les citoyens et les organismes privés disposent dun interlocuteur capable de traiter les obstacles juridiques ou administratifs qui entravent la mise en uvre dun projet commun. Par lintermédiaire des points de coordination transfrontalière, les États membres devraient évaluer, sur une base volontaire et au cas par cas, sil convient de donner suite à la demande dassistance à lélimination des obstacles et des contraintes administratives et, le cas échéant, de quelle manière.
Les points de coordination transfrontalière auraient la possibilité de mettre en place des commissions transfrontalières en cas dobstacle complexe nécessitant davantage de coopération entre les autorités compétentes des régions frontalières à tous les niveaux.
Lorsquils décident volontairement denclencher linstrument, les États membres devraient disposer de diverses mesures stratégiques pour traiter lobstacle, comme i) une révision de leur cadre administratif ou juridique au moyen dactions unilatérales prises au niveau adéquat, ii) un recours à des instruments non contraignants, iii) le renvoi de la gestion de lobstacle aux organes compétents établis par traités bilatéraux ou plurilatéraux existants, ou, enfin, iv) en mettant en place une commission transfrontalière chargée délaborer une solution ad hoc visant à remédier à lun ou à plusieurs des obstacles recensés.
Ladoption dune décision concernant la mise en uvre dune éventuelle solution ad hoc élaborée par la commission transfrontalière devrait rester à la discrétion des autorités compétentes au niveau pertinent de lÉtat membre concerné.
Les députés estiment quil convient de prévoir un financement suffisant pour les propositions énoncées dans la présente résolution et estime que leurs incidences financières devraient être couvertes par la dotation budgétaire pertinente de lUnion.