La coopération au développement de l’Union européenne pour améliorer l’accès à l’éducation et à la formation dans les pays en développement
La commission du développement a adopté un rapport dinitiative de György HÖLVÉNYI (PPE, HU) sur la coopération au développement de lUnion européenne pour améliorer laccès à léducation et à la formation dans les pays en développement.
Les députés ont réaffirmé que toute personne a droit à léducation et que léducation, notamment léducation de base, doit être gratuite, de qualité, inclusive, accessible sans aucune forme de discrimination et obligatoire afin de réaliser les ODD pour 2030, tandis que lenseignement technique et professionnel, ainsi que lenseignement supérieur, doivent être accessibles dans des conditions dégalité.
Léducation pour tous a le pouvoir daméliorer les conditions de vie, de réduire les inégalités, de combattre la pauvreté, de lutter contre lexploitation et la traite des enfants, de favoriser la démocratisation et la création de sociétés inclusives et de faciliter la mobilité sociale, et ainsi de permettre à tous les enfants et à tous les adultes, y compris les réfugiés, les personnes déplacées et les autres groupes vulnérables, de sépanouir pleinement.
Condamnant toute utilisation faite des écoles et des établissements denseignement pour diffuser des discours haineux, le rapport invite lUnion européenne à soutenir les programmes de coopération qui participent à éduquer et à sensibiliser les jeunes à la lutte contre les discours de haine, contre la xénophobie, contre les violences faites aux femmes, contre les violences fondées sur lorientation sexuelle ou le handicap et contre tout type de discriminations dans les pays en développement.
Promouvoir léducation et la formation
Le rapport souligne quil importe de promouvoir léducation et la formation pour favoriser des moyens dexistence durables, préalable indispensable à la réalisation du Programme de développement durable à lhorizon 2030, en particulier pour les filles et les femmes. Il souligne à cet égard le fort potentiel du partage de connaissances, de compétences et de savoir-faire dans des domaines comme ladaptation au changement climatique, la préservation de la biodiversité ou les transitions agro-écologiques. Il demande la poursuite de lextension du programme Erasmus + aux pays africains.
Les députés demandent que lUnion européenne accompagne les jeunes vers les métiers davenir en soutenant le développement des formations et des compétences en lien avec les transitions écologique et numérique et linnovation technologique dans les pays en développement. Il importe de soutenir les efforts faits par les pays en développement pour garantir à tous légalité des chances en matière déducation ainsi quune éducation de bonne qualité correspondant aux défis du monde contemporain et répondant aux normes actuelles.
Le rapport insiste entre autres sur la nécessité :
- de dialoguer avec les pays partenaires, en particulier avec les pays de la région subsaharienne, en tenant compte des sensibilités locales;
- délaborer des méthodes et des lignes directrices qui rendent les projets daide de la Commission mieux à même datteindre tous les apprenants;
- de prendre des mesures législatives appropriées dans les domaines de la coopération et du commerce international afin déviter lexacerbation du travail des enfants;
- de travailler avec les pays partenaires pour encourager la fourniture dune éducation sexuelle complète;
- de veiller à ce que tous les environnements scolaires soient sûrs et propices à la santé et au bien-être de tous les jeunes;
- de prendre des mesures qui garantissent laccessibilité des écoles et le transport scolaire, en particulier pour les enfants handicapés et de mettre en place des programmes qui offrent le soutien nécessaire aux personnes handicapées pour surmonter les obstacles tels que les environnements inaccessibles pour léducation et la formation.
Les députés demandent que lélectrification dans les pays en développement soit une priorité absolue, labsence délectricité ou laccès insuffisant à lélectricité dans de nombreux territoires de ces pays nuisant gravement aux besoins indispensables de la vie quotidienne des populations, y compris en matière déducation.
Relevant avec inquiétude la hausse du nombre des enfants touchés par des crises, les députés invitent la Commission et les États membres, en collaboration avec la communauté internationale, à mettre en place des solutions innovantes pour offrir des possibilités déducation aux garçons et aux filles touchés par des conflits, des crises humanitaires et des politiques nationales qui interdisent léducation, en particulier aux filles et aux femmes vivant sous des régimes totalitaires.
Organisations non gouvernementales
Le rapport met laccent sur le rôle important des organisations non gouvernementales internationales assurant une éducation dans les situations durgence. Il invite la Commission et le Service européen pour laction extérieure à renforcer leur coopération et leurs partenariats avec les organisations locales, y compris les organisations confessionnelles et les autorités locales démocratiques, les organisations de la société civile et les organisations représentatives des personnes handicapées, des jeunes et des femmes ainsi que les organisations internationales qui offrent des possibilités déducation aux groupes vulnérables et isolés.
Financement
Les députés demandent à la Commission de définir sans délai une stratégie claire de mise en uvre en matière daction extérieure pour atteindre son objectif de dépense dau moins 10% pour léducation, et dutiliser ces moyens financiers selon une approche davantage axée sur les résultats, avec des indicateurs clairs et transparents, accompagnés de lignes directrices conformes aux recommandations du sommet des Nations unies sur la transformation de léducation. La Commission devrait sengager à consacrer une part fixe, dau moins 10%, et tendant vers 15% du budget de la politique de développement actuel et futur de lUnion au soutien de laccès à une éducation universelle et à une formation technique et professionnelle qui soient de qualité dans les pays partenaires.
Il est demandé aux États membres de redoubler defforts pour accroître leur contribution à léducation dans les situations durgence.
Appropriation nationale
Les députés remarquent que la programmation du soutien financier de lUnion au développement, en particulier en ce qui concerne laccès à une éducation et à une formation technique et professionnelle de qualité, doit être cohérente avec les engagements et priorités politiques et budgétaires des pays partenaires en développement. Ils soulignent que lengagement des pays partenaires et lappropriation nationale sont un préalable indispensable pour assurer la viabilité des projets mis en uvre avec les fonds de lUnion.
Prévenir la fuite des cerveaux
Le rapport met laccent sur le fait que, selon les estimations, les pays africains ont perdu 2 milliards dUSD du fait de la fuite des cerveaux dans le seul secteur de la santé entre 2002 et 2015. LUnion doit veiller à ce que les efforts déployés nentraînent pas une fuite des cerveaux en Afrique, mais garantissent des possibilités demploi et laccès à un travail décent dans les pays partenaires en développement.