Poursuite de la réforme des règles d’imposition des sociétés
La commission des affaires économiques et monétaires a adopté un rapport dinitiative dIsabel BENJUMEA BENJUMEA (PPE, ES) sur la poursuite de la réforme des règles dimposition des sociétés.
Les députés rappellent que si la politique fiscale reste du ressort des États membres, le marché unique exige quun certain niveau de coopération et dharmonisation fiscales soit atteint. Il est essentiel dadopter une approche commune des politiques budgétaires pour lutter contre la concurrence fiscale dommageable, le transfert de bénéfices, et contre lévasion et la fraude fiscales.
Le rapport prend acte du train de mesures présenté par la Commission sur la simplification fiscale pour les PME et BEFIT et souligne la nécessité dadopter, au niveau de lUnion, des solutions qui soient bien conçues, qui tiennent compte des systèmes déjà en place dans les États membres et qui nentraînent pas de charges supplémentaires, disproportionnées et inutiles aux entreprises, en particulier aux PME.
Les députés déplorent que les systèmes fiscaux nationaux, les administrations fiscales et, dune manière générale, les différences entre les administrations nationales aient une incidence sur la charge de mise en conformité, en particulier pour les PME, qui doivent faire face à 27 systèmes fiscaux différents. La Commission est invitée à formuler et à garantir la mise en uvre de recommandations cohérentes, équitables et claires relatives à la transposition et à lapplication effective des directives fiscales au sein des différents États membres.
Réduire la charge de mise en conformité qui pèse sur les entreprises de lUnion, et notamment sur ses PME
Le rapport relève que, selon la Commission, les coûts de conformité fiscale sont estimés, pour les grandes entreprises multinationales, à environ 2% des impôts acquittés, mais sélèveraient à environ 30% de ceux-ci pour les PME. La Commission est invitée à faire en sorte que les politiques fiscales soient faciles à mettre en uvre pour les petites entreprises, et permettent de réduire les coûts et les formalités administratives quelles supportent en vertu de la législation fiscale.
La Commission devrait présenter une évaluation globale des mesures prises en matière de fiscalité des entreprises depuis 2011 et publier une analyse dimpact approfondie sur les meilleures options pour alléger les formalités administratives qui pèsent sur les entreprises, en particulier les PME, recenser toutes les différences de transposition au sein de lUnion, identifier les domaines de simplification et veiller à ce que les entreprises déjà sous pression disposent dun délai raisonnable pour mettre en uvre les politiques.
Les États membres sont invités à :
- envisager de sengager dans des politiques de comptabilisation en charges du montant intégral des investissements de capitaux et à pérenniser les dispositions relatives aux déductions pour amortissement afin daméliorer les investissements réels, notamment dans la recherche et le développement, de réaliser les objectifs climatiques et de promouvoir la compétitivité;
- alléger, compte tenu des taux dinflation élevés, la charge qui pèse sur les entreprises, en particulier les PME, qui ont été gravement touchées par la crise, par exemple au moyen de mesures fiscales temporaires visant à atténuer laugmentation des coûts de lénergie et à utiliser les recettes supplémentaires fondées sur la hausse des prix de lénergie pour apporter une aide directe et ciblée aux citoyens les plus vulnérables et à la classe moyenne.
Laccord sur le deuxième pilier
Le rapport salue le choix, par le cadre inclusif de lOCDE/G20, dune solution à deux piliers concernant la répartition des droits dimposition et lapplication dun taux dimposition effectif minimal de 15% sur les bénéfices mondiaux des entreprises multinationales, et se réjouit de ladoption de la directive sur le deuxième pilier, qui transpose laccord international dans la législation de lUnion.
Les députés notent que les règles du premier et du deuxième piliers ne sont applicables quaux entreprises multinationales dont le chiffre daffaires dépasse les seuils et que la plupart des entreprises, notamment les PME, ne sont donc pas soumises à cet accord. Ils prennent acte des efforts déployés par la Commission pour fonder linitiative BEFIT sur laccord international relatif au deuxième pilier et sur la directive sur limposition minimale (directive sur le deuxième pilier).
La Commission a réaffirmé quelle reconnaissait que linitiative BEFIT est également pertinente du point de vue des ressources propres. Les députés rappellent que le Parlement européen a exprimé son soutien à de nouvelles ressources propres liées à limposition des sociétés, telles que lassiette commune consolidée pour limpôt sur les sociétés (ACCIS), la taxe sur les services numériques et, plus récemment, la ressource propre fondée sur le «Pilier un» dans le contexte du cadre inclusif de lOCDE sur lérosion de la base dimposition et le transfert de bénéfices (BEPS). Les députés renouvellent par ailleurs leur demande dimposer une taxe à léchelle de lUnion sur les transactions financières (TTF) et dévaluer, en tant quoptions supplémentaires, la possibilité dun droit daccise sur le rachat dactions par les sociétés.
Vers un régime coordonné et simplifié dimposition des sociétés (BEFIT)
Le rapport prend acte du fait que linitiative BEFIT et le train de mesures de soutien aux PME sur la fiscalité sont complémentaires et visent tous deux à améliorer la simplification pour les entreprises. La Commission est invitée à proposer des mesures pour aider tous les États membres à évoluer vers un système fiscal simplifié, efficace et compétitif afin de réduire la charge administrative qui pèse sur les entreprises, en particulier les PME. Les députés constatent que la simplification des procédures de remboursement, des déductions et des litiges sont dautres solutions pour réduire la charge administrative, en particulier pour les PME.
Le rapport prend note de lintention de la Commission duvrer à une proposition BEFIT, en vue de concevoir un nouveau corpus réglementaire unique de lUnion en matière dimpôt sur les sociétés et une assiette fiscale commune pour limposition des revenus des sociétés. Il appelle dans ce contexte la Commission à veiller à ce que la nouvelle proposition apporte clarté et prévisibilité aux entreprises et facilite lactivité économique transfrontière.
Les députés considèrent que la mise en place dun corpus réglementaire unique en matière fiscale pourrait contribuer à réduire létendue de la concurrence fiscale dommageable et de lévasion fiscale parmi les États membres, tout en simplifiant les règles relatives à limpôt sur les sociétés dans lUnion.
Étant donné que les entreprises opérant à travers lUnion doivent gérer différentes lois fiscales et traiter avec différentes autorités fiscales, les députés soutiennent lidée dun guichet unique permettant le dépôt dune déclaration fiscale consolidée comme moyen possible de réduire la charge administrative et les obstacles fiscaux au marché unique.
Selon les députés, toutes les très grandes entreprises actives dans lUnion devraient entrer dans le champ dapplication de la future proposition BEFIT. Il est demandé à la Commission de veiller à ce que les demandes spécifiques des PME soient satisfaites, en ne rendant le BEFIT obligatoire que pour les grandes entreprises et en le maintenant facultatif pour les PME, en particulier celles qui nexercent pas dactivités transfrontières.
Les députés rappellent que les dépenses des entreprises en matière de recherche et de développement représentaient seulement 1,5% du PIB de lUnion en 2020, contre 2,6% aux États-Unis et au Japon, selon le rapport 2022/2023 de la Banque européenne dinvestissement sur linvestissement. Cette faiblesse pourrait réduire la compétitivité à long terme de lUnion. La Commission est invitée à présenter une évaluation des incitations fiscales les plus efficaces et efficientes en faveur de la recherche et du développement privés.