Possibilités d'amélioration de la fiabilité des audits et des contrôles réalisés par les autorités nationales dans le cadre de la gestion partagée
Le Parlement européen a adopté par 616 voix pour, 5 contre et 6 abstentions, une résolution sur les possibilités damélioration de la fiabilité des audits et des contrôles réalisés par les autorités nationales dans le cadre de la gestion partagée.
Causes profondes affectant la gestion, le contrôle et laudit des dépenses de lUE relevant de la gestion partagée
La résolution souligne que la complexité des règles relatives aux fonds de lUnion, combinée aux modifications fréquentes des réglementations entre les périodes de programmation, peut entraîner des problèmes dambiguïté juridique ou de conformité, ainsi que des interprétations erronées et des lacunes dans la mise en uvre, ce qui entraîne un risque plus élevé derreurs. Les députés déplorent que les pratiques de surréglementation, laugmentation des formalités et les modifications continues des normes de mise en uvre par les États membres créent des charges administratives inutiles, ce qui peut avoir une incidence négative sur le niveau dattractivité des fonds de lUnion pour les bénéficiaires potentiels. La traduction dans le domaine juridique est une procédure complexe et exigeante qui ajoute un niveau supplémentaire de difficulté à linterprétation.
Les députés insistent sur le fait quil est avantageux pour les États membres dopter pour des mesures préventives plutôt que punitives à des fins de gestion et de contrôle, afin de faire en sorte que le système soit géré le plus efficacement possible dans lintérêt des bons destinataires, tout en prévenant la fraude et la mauvaise affectation des fonds publics.
La résolution souligne quun contrôle efficace de la gestion est indispensable pour garantir à la fois lexécution des opérations et leur conformité avec le cadre juridique. Outre la protection des intérêts financiers de lUnion, la détection des erreurs doit servir à mettre en uvre les mesures correctives nécessaires et à apporter des améliorations à la législation afin de prévenir de telles erreurs à lavenir.
Les députés insistent sur le fait que les organismes daudit des États membres doivent se conformer aux normes internationales des institutions supérieures de contrôle. Le non-respect de ces normes crée un risque datteinte à la fiabilité et à la qualité des travaux daudit et constitue également une menace pour lapproche daudit unique.
La résolution déplore également que le manque de ressources suffisantes, y compris le manque de formation de la main-duvre consacrée aux fonctions de contrôle, soit un facteur affectant la capacité des autorités de gestion (dans le cadre de la politique de cohésion) et des organismes payeurs (dans le cadre de la PAC) à effectuer des contrôles et des vérifications efficaces des dépenses.
Les députés expriment une nouvelle fois leur inquiétude quant à la différence entre la méthode de calcul des erreurs appliquée par la Cour des comptes et celle appliquée par la Commission, ce qui crée de la confusion et rend difficile le traitement des causes profondes des erreurs. Ces divergences sont présentes dans les dépenses de cohésion, lune des plus importantes parties du budget de lUnion, pour la quatrième année consécutive.
Recommandations sur les possibilités damélioration de la fiabilité des audits et des contrôles dans le cadre de la gestion partagée
La Commission est invitée, entre autres, à :
- contribuer à améliorer la compréhension commune de lapproche daudit unique afin de parvenir à une interprétation et à une mise en uvre plus uniformes de ce modèle dans lensemble des États membres;
- continuer à simplifier les règles et les exigences applicables aux fonds et programmes de lUnion, tout en assurant un équilibre avec les audits et les contrôles nécessaires et la continuité entre les périodes de programmation, ainsi quen fournissant aux autorités compétentes des États membres des précisions supplémentaires sur leur mise en uvre;
- continuer de recenser les moyens daider les États membres à transposer les directives, à publier des lignes directrices et à mettre en uvre les fonds de lUnion;
- réduire, dune part, la surréglementation, et, dautre part, à suivre de près la mise en uvre ou la transposition retardées, fragmentées ou incomplètes de la législation de lUnion;
- renforcer la coopération avec les États membres, en particulier pour éviter les problèmes de traduction incorrecte susceptibles dentraver linterprétation uniforme du droit de lUnion et éviter dimposer une charge administrative supplémentaire aux autorités nationales lors de linterprétation et de lapplication des dispositions pertinentes;
- encourager et à faciliter léchange de bonnes pratiques entre les États membres et leurs autorités daudit et de contrôle en matière de méthodes de mise en uvre et daudit;
- mettre au point des mécanismes de soutien aux autorités locales qui en ont besoin;
- promouvoir de manière proactive une bonne communication et léchange de bonnes pratiques daudit entre les autorités daudit des États membres aux niveaux européen, national et régional;
- réduire la charge administrative de la PAC qui pèse sur les agriculteurs, qui est souvent à lorigine derreurs involontaires, lesquelles devraient être clairement distinguées des cas de fraude intentionnelle, et de veiller ainsi à une utilisation plus efficace des fonds de la PAC;
- promouvoir lutilisation dimages satellitaires et de nouvelles technologies dimagerie pour surveiller la PAC.
Les députés estiment que la transition numérique et ladoption doutils informatiques plus sophistiqués aux niveaux national et européen amélioreraient la gestion, le contrôle et laudit des fonds de lUnion et pourraient contribuer à prévenir les irrégularités, à accroître la qualité des contrôles et des audits et à réduire considérablement la bureaucratie, grâce à une interopérabilité des outils informatiques entre les États membres et la Commission.
Le Parlement déplore enfin que de plus en plus de propositions législatives ne disposent pas dune analyse dimpact assortie dune analyse financière et budgétaire claire. Il demande à la Commission daccorder une plus grande importance à la qualité du travail législatif et dadopter une approche réaliste des conséquences administratives, financières et budgétaires.