Les droits de l’homme et la démocratie dans le monde et la politique de l’Union européenne en la matière – rapport annuel 2023
La commission des affaires étrangères a adopté le rapport de Nacho SÁNCHEZ AMOR (S&D, ES) sur les droits de lhomme et la démocratie dans le monde et la politique de lUnion européenne en la matière - rapport annuel 2023.
Répondre aux tendances mondiales et aux grands enjeux
Le rapport insiste sur le devoir qui incombe à lUnion et à ses États membres de promouvoir et de protéger la démocratie et létat de droit ainsi que luniversalité et linaliénabilité des droits de lhomme dans le monde.
Les députés soulignent que lUnion doit être pleinement préparée à contrer la montée et linfluence néfaste de lautoritarisme, de lillibéralisme et de lextrémisme ainsi que les menaces qui pèsent sur la protection des droits de lhomme et les attaques de plus en plus fréquentes contre luniversalité des droits de lhomme, la démocratie, létat de droit et le droit international humanitaire. Ils invitent lUnion et ses États membres à donner lexemple en faisant respecter scrupuleusement les droits de lhomme et en garantissant lexistence dun environnement propice à la société civile.
Le rapport dénonce les discours conçus spécialement par les régimes autoritaires et illibéraux afin dattaquer le caractère universel des droits de lhomme et létat de droit. Il avertit que lesdits régimes tiennent ces discours dans des enceintes internationales telles que le Conseil des droits de lhomme de lONU. LUnion et ses États membres doivent lutter contre ces discours hostiles.
Dune manière générale, les députés condamnent la tendance à la hausse des violations des droits de lhomme et des principes et valeurs démocratiques dans le monde, avec notamment le creusement des inégalités sociales, économiques et politiques, le retour en arrière des droits, notamment ceux des femmes, la persistance et le caractère systématique de lexclusion et discriminations à légard de groupes sociaux entiers, les exécutions, notamment extrajudiciaires, la torture, les violences sexistes, les arrestations et détentions arbitraires, les mesures de répression contre des personnes et catégories marginalisées et vulnérables, la société civile, les opposants politiques et les minorités ethniques et religieuses, lesclavage et le travail forcé, la censure et les menaces à lencontre des médias et journalistes indépendants.
Relever les défis dans le domaine des droits de lhomme universels et de la démocratie
Le rapport formule une série de recommandations en ce qui concerne : i) la défense du droit international relatif aux droits de lhomme et du droit international humanitaire, ii) les progrès vers labolition universelle de la peine de mort, iii) le droit à la liberté dexpression, la liberté de la presse, la liberté académique et le droit à linformation, iv) le droit à légalité et à la non-discrimination, v) le droit de ne pas être soumis à la torture ni à des traitements inhumains ou dégradants, vi) le droit à la participation publique, vii) les droits culturels, viii) les droits des femmes et des personnes LGBTIQ+, ix) les droits des minorités, des migrants et des réfugiés, x) les droits de lenfant, xi) les droits des personnes âgées et des personnes handicapées, xii) le droit à lalimentation, à leau et à lassainissement ainsi quà un environnement propre, sain et durable; xiii) les droits de lhomme face aux menaces que fait peser lintelligence artificielle (IA).
Renforcer la boîte à outils de lUnion pour la promotion et la protection des droits de lhomme et de la démocratie dans le monde
Les députés ont notamment demandé :
- un renforcement du plan daction de lUE en faveur des droits de lhomme et de la démocratie en vue de maximiser les synergies et la complémentarité entre les droits de lhomme et la démocratie aux échelons local, national et mondial. Les États membres doivent sapproprier le plan daction de lUE en faveur des droits de lhomme et de la démocratie et rendre publiquement compte de leurs actions au titre de ce document stratégique;
- le renforcement du rôle du représentant spécial de lUnion européenne (RSUE) pour les droits de lhomme et sa visibilité en matière de promotion et de protection des droits de lhomme par lUnion lorsquil dialogue avec les pays tiers et les partenaires partageant les mêmes valeurs;
- un meilleur soutien aux organisations de la société civile, aux militants en faveur de la démocratie et aux organisations médiatiques, notamment par lintermédiaire du Fonds européen pour la démocratie;
- une plus grande transparence concernant les dispositions relatives aux droits de lhomme dans les conventions de financement au titre de lIVCDCI - Europe dans le monde et une clarification du mécanisme et des critères de suspension de ces conventions en cas de violation des droits de lhomme, des principes démocratiques ou de létat de droit;
- lapplication cohérente des clauses relatives aux droits de lhomme à tous les accords internationaux de lUnion avec des pays tiers, y compris les accords sectoriels et dinvestissement;
- laccroissement du rôle que jouent les dialogues sur les droits de lhomme au sein de la boîte à outils de lUnion en matière de droits de lhomme; ces dialogues devraient traiter de la situation de tous les droits de lhomme et de la démocratie avec les pays concernés;
- une utilisation plus dynamique et cohérente du régime mondial de sanctions de lUE en matière de droits de lhomme; les députés ont réitéré leur appel en faveur de lintroduction du vote à la majorité qualifiée pour les décisions relatives à ce régime;
- lintensification des efforts de sensibilisation à laffaiblissement de la culture démocratique dans les pays tiers;
- la révision complète des orientations concernant les défenseurs des droits de lhomme, en vue de répondre aux menaces et enjeux émergents et de garantir lapplicabilité de ces orientations et leur efficacité dans la protection des défenseurs des droits de lhomme à léchelle mondiale;
- lintensification des efforts en matière de réforme de la justice, de lutte contre limpunité et damélioration de la transparence et des institutions de lutte contre la corruption dans les pays tiers.
Le Parlement a souligné la nécessité pour lUnion et ses États membres dagir de façon efficace et unie, dune seule voix, pour aborder les enjeux mondiaux en matière de droits de lhomme et de démocratie dans les enceintes multilatérales.