La coopération au développement de l’Union européenne pour améliorer l’accès à l’éducation et à la formation dans les pays en développement
Le Parlement européen a adopté par 495 voix pour, 27 contre et 115 abstentions, une résolution sur la coopération au développement de lUnion européenne pour améliorer laccès à léducation et à la formation dans les pays en développement.
Les députés ont réaffirmé que toute personne a droit à léducation et que léducation, notamment léducation de base, doit être gratuite, de qualité, inclusive, accessible sans aucune forme de discrimination et obligatoire afin de réaliser les ODD pour 2030, tandis que lenseignement technique et professionnel, ainsi que lenseignement supérieur, doivent être accessibles dans des conditions dégalité.
Le Parlement a insisté sur le rôle essentiel de léducation comme vecteur de valeurs et comme moyen de sensibilisation et de réduction du risque de conflit. Il a invité lUnion européenne à soutenir les programmes de coopération qui participent à éduquer et à sensibiliser les jeunes à la lutte contre les discours de haine, contre la xénophobie, contre les violences faites aux femmes, contre les violences fondées sur lorientation sexuelle ou le handicap et contre tout type de discriminations dans les pays en développement.
Promouvoir léducation et la formation
Les députés ont reconnu que laccès à une éducation de qualité pour tous, notamment à une éducation de base, permet aux pays partenaires en développement de libérer le potentiel économique et humain de leurs jeunes populations. Ils ont insisté sur limportance de promouvoir léducation et la formation pour favoriser des moyens dexistence durables, préalable indispensable à la réalisation du Programme de développement durable à lhorizon 2030, en particulier pour les filles et les femmes. Ils ont souligné à cet égard le fort potentiel du partage de connaissances, de compétences et de savoir-faire dans des domaines comme ladaptation au changement climatique, la préservation de la biodiversité ou les transitions agro-écologiques. Les territoires doutre-mer européens peuvent jouer un rôle pour bâtir des coopérations et programmes de mobilité et déchange avec les pays en développement dans leurs bassins régionaux, en particulier avec lOrganisation des États dAfrique, des Caraïbes et du Pacifique (OEACP).
Les députés ont demandé que lUnion européenne accompagne les jeunes vers les métiers davenir en soutenant le développement des formations et des compétences en lien avec les transitions écologique et numérique et linnovation technologique dans les pays en développement et en mettant laccent sur limportance de promouvoir léducation et la formation des filles et des femmes dans le domaine des STIM.
La résolution a insisté entre autres sur la nécessité de:
- garantir laccès à un enseignement de qualité pour tous en tant que droit fondamental, indépendamment du statut socioéconomique, du milieu culturel, de la religion et des convictions, du genre, de lorientation sexuelle, du handicap, de la situation géographique et de la fracture entre zones urbaines et zones rurales;
- soutenir les efforts faits par les pays en développement pour garantir à tous légalité des chances en matière déducation ainsi quune éducation de bonne qualité correspondant aux défis du monde contemporain et répondant aux normes actuelles;
- prendre des mesures législatives appropriées dans les domaines de la coopération et du commerce international afin déviter lexacerbation du travail des enfants;
- soutenir des programmes qui facilitent laccès des jeunes aux services liés à leau, à lassainissement et à lhygiène dans les établissements denseignement et de formation;
- travailler avec les pays partenaires pour encourager la fourniture dune éducation sexuelle complète;
- veiller à ce que tous les environnements scolaires soient sûrs et propices à la santé et au bien-être de tous les jeunes;
- prendre des mesures qui garantissent laccessibilité des écoles et le transport scolaire, en particulier pour les enfants handicapés.
- soutenir des programmes de coopération qui facilitent laccès des jeunes aux repas scolaires gratuits.
Les députés ont demandé que lélectrification dans les pays en développement soit une priorité absolue, labsence délectricité ou laccès insuffisant à lélectricité dans de nombreux territoires de ces pays nuisant gravement aux besoins indispensables de la vie quotidienne des populations, y compris en matière déducation.
Relevant avec inquiétude la hausse du nombre des enfants touchés par des crises, les députés ont invité la Commission et les États membres, en collaboration avec la communauté internationale, à mettre en place des solutions innovantes pour offrir des possibilités déducation aux garçons et aux filles touchés par des conflits, des crises humanitaires et des politiques nationales qui interdisent léducation, en particulier aux filles et aux femmes vivant sous des régimes totalitaires.
Organisations non gouvernementales
La résolution a mis laccent sur le rôle important des organisations non gouvernementales internationales assurant une éducation dans les situations durgence. Elle a invité la Commission et le Service européen pour laction extérieure à renforcer leur coopération et leurs partenariats avec les organisations locales, y compris les organisations confessionnelles et les autorités locales démocratiques, les organisations de la société civile et les organisations représentatives des personnes handicapées, des jeunes et des femmes ainsi que les organisations internationales qui offrent des possibilités déducation aux groupes vulnérables et isolés.
Financement
Les députés ont demandé à la Commission de définir sans délai une stratégie claire de mise en uvre en matière daction extérieure pour atteindre son objectif de dépense dau moins 10% pour léducation, et dutiliser ces moyens financiers selon une approche davantage axée sur les résultats. La Commission devrait sengager à consacrer une part fixe, dau moins 10%, et tendant vers 15% du budget de la politique de développement actuel et futur de lUnion au soutien de laccès à une éducation universelle et à une formation technique et professionnelle qui soient de qualité dans les pays partenaires. Les États membres et les partenaires de développement sont invités à respecter leur engagement de consacrer 0,7% de leur revenu national brut (RNB) à laide publique au développement (APD).
Appropriation nationale
Le Parlement remarque que la programmation du soutien financier de lUnion au développement, en particulier en ce qui concerne laccès à une éducation et à une formation technique et professionnelle de qualité, doit être cohérente avec les engagements et priorités politiques et budgétaires des pays partenaires en développement. Il a souligné que lengagement des pays partenaires et lappropriation nationale sont un préalable indispensable pour assurer la viabilité des projets mis en uvre avec les fonds de lUnion.
Prévenir la fuite des cerveaux
La résolution a mis laccent sur le fait que, selon les estimations, les pays africains ont perdu 2 milliards dUSD du fait de la fuite des cerveaux dans le seul secteur de la santé entre 2002 et 2015. LUnion doit veiller à ce que les efforts déployés nentraînent pas une fuite des cerveaux en Afrique, mais garantissent des possibilités demploi et laccès à un travail décent dans les pays partenaires en développement.