La coopération au développement de l’Union en faveur de l’accès à l’énergie dans les pays en développement
Le Parlement européen a adopté par 366 voix pour, 41 contre et 220 abstentions, une résolution sur la coopération au développement de lUnion en faveur de laccès à lénergie dans les pays en développement.
Lénergie est au cur de tous les objectifs de développement durable (ODD), mais il ressort des conclusions du rapport 2023 sur les objectifs de développement durable que le monde nest toujours pas sur la bonne voie pour parvenir à un accès universel à lénergie.
Promouvoir laccès universel à lénergie propre
Le Parlement a rappelé que laccès à une énergie universelle, abordable et durable est un droit humain fondamental et une condition préalable à la réalisation des ODD et à lobjectif de ne laisser personne pour compte. Il a engagé lUnion à promouvoir laccès à lénergie renouvelable dans les pays en développement grâce à un soutien stratégique, réglementaire et administratif, notamment par le renforcement des capacités et les transferts de technologie.
La résolution a encouragé les partenariats qui sécartent de lexploitation des ressources fossiles et se concentrent plutôt sur lutilisation dénergies propres. Elle a insisté sur la nécessité de veiller à ce que les investissements verts contribuent au développement socio-économique et à une plus grande participation des pays en développement à la nouvelle ère géopolitique du «zéro net» en matière dénergie.
Le Parlement a encouragé les pays en développement à sengager en faveur de la justice énergétique par la voie de leurs cadres réglementaires, en vue de garantir lacceptation locale, la participation des communautés, la protection des droits fonciers et ladhésion aux normes internationalement reconnues en matière de droits de lhomme, dans le but de garantir laccès à lénergie et des prix abordables pour tous.
Les députés ont demandé que les populations soient mieux informées sur les risques sanitaires posés par la pollution de lair dans les habitations due aux pratiques de cuisson traditionnelles ainsi que sur les avantages des solutions de substitution. Ils ont demandé instamment à lUnion de soutenir financièrement, de défendre et dencourager les actions nationales menées dans les pays partenaires. Ils ont demandé en outre à lUnion dériger laccès à une cuisson propre en priorité de ses partenariats énergétiques et de ses programmes indicatifs pluriannuels avec les pays en développement.
Soutenir la transition énergétique conformément au principe de la cohérence des politiques au service du développement
Le Parlement a invité lUnion et ses États membres à garantir la cohérence des politiques au service du développement durable dans lensemble de la politique extérieure de lUnion en matière dénergie, qui doit être adaptée aux spécificités et aux besoins locaux.
Réaffirmant leur engagement en faveur de la justice énergétique, les députés ont demandé à lUnion daider les pays en développement à mettre en uvre des régimes dénergie renouvelable fondés sur les droits, qui contribuent efficacement à leur développement durable. Le principe du consentement préalable, libre et éclairé des communautés touchées doit être une condition préalable au succès dune transition énergétique verte et juste.
Le Parlement a insisté sur la nécessité pour lUnion daider les pays en développement, le cas échéant, à mettre en place ou à renforcer des cadres réglementaires qui garantissent la distribution de lénergie et un service universel sur lensemble de leurs territoires, ainsi que les capacités de bonne gouvernance et la transparence de tout projet de transition énergétique.
La résolution a souligné que toute planification de barrage devrait être évaluée à laune de cinq valeurs: équité, efficience, prise de décision participative, viabilité et responsabilité. Tout projet de barrage bénéficiant dun financement approuvé devrait respecter les lignes directrices de la Commission mondiale des barrages. De façon plus générale, le processus décisionnel relatif aux barrages devrait tenir pleinement compte de la notion des droits de lhomme.
Constatant avec inquiétude que lAfrique accueille un nombre croissant de projets liés aux combustibles fossiles, le Parlement a insisté sur la nécessité de donner la priorité aux investissements dans les infrastructures dénergies renouvelables durables en Afrique. Il a dénoncé la situation actuelle dans laquelle les institutions financières privées et publiques des pays développés sengagent de plus en plus à atteindre la neutralité carbone dici à 2050 tout en finançant dans le même temps le développement et lexpansion des combustibles fossiles. Les députés ont souligné que les appels lancés aux pays à revenu faible ou intermédiaire pour quils réduisent leur dépendance à légard du charbon ne seront pas efficaces tant que les pays développés continueront à recourir largement à dautres combustibles fossiles.
Hydrogène vert
Le Parlement a affirmé que le secteur de lhydrogène vert peut jouer un rôle déterminant dans le développement des pays en développement riches en ressources si certains facteurs sont présents, tels que la bonne gouvernance, la mise en uvre et le suivi dun cadre juridique solide, la prévention de la corruption, un état de droit qui fonctionne et la transparence en ce qui concerne les flux financiers. Il a toutefois mis en garde contre le risque potentiel dune nouvelle «malédiction de lhydrogène vert» qui renforcerait la dépendance des pays en développement aux exportations et pourrait décourager les investissements dans le développement des marchés locaux de lénergie.
La résolution a engagé lUnion à appuyer le développement dune chaîne de valeur de lhydrogène vert lorsque celle-ci apporte des avantages sociaux et économiques égaux aux pays exportateurs.
Les députés ont insisté sur la nécessité de réglementer de manière durable leau en tant que ressource pour la production dhydrogène vert, en particulier dans les régions arides, notamment en mettant en uvre des réglementations qui imposent des techniques durables dapprovisionnement en eau, une utilisation efficace de leau et la réduction au minimum des rejets deaux usées, de manière à ne pas compromettre laccès des populations locales à leau ou à ne pas augmenter les coûts de leau. Ils ont insisté sur le fait que les stratégies en faveur de lhydrogène vert doivent respecter des normes sociales et de durabilité strictes.
Accroître le financement en faveur dune transition énergétique juste
Le Parlement a invité lUnion et ses États membres à augmenter le montant de laide publique au développement quils consacrent au secteur de lénergie, notamment au titre de la rubrique 6 du prochain cadre financier pluriannuel, en particulier en Afrique, en donnant la priorité aux subventions et non aux prêts et en réorientant le financement vers les pays dont les taux daccès à lélectricité sont plus faibles afin de soutenir leurs transitions vers une énergie propre et renouvelable.
Les députés ont demandé à lUnion et à ses États membres daccroître le financement visant à aider les pays en développement à sadapter au changement climatique. Ils ont invité la Commission à accroître le nombre de programmes relevant de la stratégie «Global Gateway» qui accordent la priorité à laccès de base à lélectricité et à la cuisson propre, en particulier dans les pays qui en ont le plus besoin. Enfin, ils ont invité lUnion à aider les pays en développement à éliminer progressivement les subventions en faveur des combustibles fossiles et à privilégier des technologies de cuisson efficaces, modernes et abordables.