Allègement plus rapide et plus sûr des excédents de retenues à la source
La commission des affaires économiques et monétaires a adopté, suivant une procédure législative spéciale (consultation), le rapport dHerbert DORFMANN (PPE, IT) sur la proposition de directive du Conseil relative au dégrèvement plus rapide et plus sûr de lexcédent de retenues à la source.
La commission compétente a approuvé la proposition de la Commission sous réserve des amendements suivants:
Certificat de résidence fiscale numérique (CRFN)
Les États membres devront prévoir une procédure automatisée pour la délivrance de certificats de résidence fiscale numériques (CRFN) aux personnes considérées comme résidant dans leur juridiction à des fins fiscales. Les députés précisent que les États membres doivent délivrer le CRFN en se fondant sur les informations disponibles dans un délai de trois jours ouvrables à compter de la présentation de la demande. Le CRFN devrait comprendre des informations sur la convention en matière de double imposition.
Si la vérification de la résidence fiscale dun contribuable requiert plus de cinq jours ouvrables, lÉtat membre devrait informer la personne qui demande le certificat du délai supplémentaire nécessaire ainsi que des raisons de ce délai supplémentaire qui, en tout état de cause, ne peut excéder cinq jours ouvrables.
En tout état de cause, les États membres devraient pouvoir prouver la résidence fiscale sur leur territoire.
Intermédiaires financiers certifiés
Les États membres devraient :
- veiller à ce que tout intermédiaire financier soit enregistré dans leur registre national des intermédiaires financiers certifiés dans un délai de deux mois à compter de la présentation dune demande;
- informer tous les autres États membres des refus denregistrement dans les meilleurs délais;
- mettre à jour leurs registres nationaux pour prendre en considération le statut des intermédiaires financiers qui ne sont plus certifiés;
- prendre les mesures nécessaires pour exiger des intermédiaires financiers certifiés figurant dans leur registre national quils communiquent à lautorité compétente les informations visées à lannexe II dès que possible, dans un délai maximum de 20 jours civils après la date denregistrement;
- prévoir que les intermédiaires financiers certifiés ne sont pas tenus de communiquer les informations visées à lannexe II, rubrique E, si le dividende total versé au propriétaire enregistré sur sa participation dans une société ne dépasse pas 1500 EUR;
- exiger des intermédiaires financiers certifiés figurant dans leur registre national quils conservent les documents étayant les informations communiquées pendant six ans.
Demande de dégrèvement à la source ou de remboursement rapide
Les États membres devraient prendre les mesures nécessaires pour veiller à ce que les intermédiaires financiers certifiés qui demandent un dégrèvement au nom dun propriétaire enregistré vérifient les risques liés aux programmes doctroi de citoyenneté et de résidence contre investissement qui présentent un risque potentiellement élevé.
Système de remboursement rapide
Les États membres devront traiter toute demande de remboursement présentée conformément à la directive dans un délai de 25 jours civils à compter de la date de cette demande. Ils appliqueront des intérêts sur le montant de ce remboursement pour chaque jour de retard postérieur au 25e jour, à moins que lÉtat membre nait des doutes raisonnables sur la légitimité de la demande de remboursement.
Les États membres pourraient rejeter une demande de remboursement si une procédure de vérification ou un contrôle fiscal, fondé sur des critères dévaluation des risques et conforme à la législation nationale, est engagé.
Suivi et échange dinformations
Afin de garantir lintégrité du marché intérieur, lAutorité européenne des marchés financiers (AEMF) et lAutorité bancaire européenne (ABE) devraient surveiller régulièrement le risque généré par les systèmes «Cum/Ex» et «Cum/Cum» dans lUnion.
Les États membres devraient mettre en place une coopération et une assistance mutuelle coordonnées entre les autorités nationales compétentes, les autorités fiscales et dautres organes chargés de faire appliquer la loi, tels que le Parquet européen, afin de détecter les demandes illicites de remboursement de retenues à la source et dengager les poursuites.
Évaluation
La Commission devrait examiner et évaluer le fonctionnement de la directive, après la prise deffet des dispositions nationales transposant celle-ci, tous les cinq ans. Un rapport sur lévaluation de la directive et sur les règles applicables aux retenues à la source dans les États membres, y compris sur la nécessité éventuelle de modifier certaines dispositions de la présente directive, devra être présenté au Parlement européen et au Conseil au plus tard en décembre 2031 et tous les cinq ans.
Dans le rapport dévaluation, la Commission:
- examinera dautres mesures possibles pour faciliter lautotraitement des demandes relatives à la retenue à la source pour les petits investisseurs qui sadressent directement aux autorités fiscales sans passer par des intermédiaires financiers certifiés;
- évaluera comment les procédures de dégrèvement de la retenue à la source peuvent être encore simplifiées pour les investisseurs de détail;
- analysera lévolution des frais de service que les intermédiaires financiers facturent aux propriétaires enregistrés pour la mise en uvre de la procédure de remboursement rapide et de la procédure de dégrèvement à la source;
- examinera si un système de dégrèvement à la source pourrait être envisagé comme procédure pour tous les États membres, ainsi que de nouvelles mesures pour faciliter un tel système pour les petites et moyennes entreprises;
- examinera si les États membres sont toujours touchés par des mécanismes darbitrage de dividendes et de dépouillement par dividendes, ou exposés à ceux-ci, tels que les montages «Cum/Ex» et «Cum/Cum», et si les mesures existantes dans le domaine des retenues à la source sont suffisantes pour lutter contre la fraude et lévasion fiscales;
- envisagera dautres mesures, si nécessaire, pour faire en sorte que tous les dividendes, intérêts, plus-values, redevances, paiements de services professionnels et paiements de contrats pertinents générés dans lUnion soient imposés au moins une fois à un taux effectif;
- examinera le potentiel des systèmes de registres distribués ou dautres outils technologiques pour rendre le système plus efficace et plus résistant à la fraude grâce à une meilleure identification du bénéficiaire effectif;
- examinera les mesures possibles en vue de la numérisation des procédures de dégrèvement et de remboursement, ainsi que des demandes;
- évaluera lacceptation des signatures électroniques ou numériques et lutilisation de lidentification électronique pour faciliter le processus de vérification pour les investisseurs individuels.
Le cas échéant, le rapport dévaluation sera accompagné dune proposition législative.