Protection consulaire des citoyens de l'Union non représentés dans des pays tiers
Le Parlement européen a adopté par 521 voix pour, 89 contre et 17 abstentions, suivant une procédure législative spéciale (consultation), une résolution législative sur la proposition de directive du Conseil modifiant la directive (UE) 2015/637 établissant les mesures de coordination et de coopération nécessaires pour faciliter la protection consulaire des citoyens de lUnion non représentés dans des pays tiers et la directive (UE) 2019/997 établissant un titre de voyage provisoire de lUnion européenne.
Le Parlement a approuvé la proposition de la Commission sous réserve des amendements suivants :
Réfugiés et apatrides
Les réfugiés reconnus, les apatrides et les autres personnes qui ne possèdent la nationalité daucun pays, qui résident dans un État membre et qui sont titulaires dun titre de voyage délivré par cet État membre devraient avoir droit à la protection consulaire dans les mêmes conditions que les citoyens non représentés lorsquun État membre de résidence nest pas représenté par une autorité diplomatique ou consulaire.
Absence de représentation
Pour déterminer si un État membre ne dispose pas dune ambassade ou dun consulat en mesure dassurer une protection consulaire effective dans une situation donnée, lambassade ou le consulat auprès duquel le citoyen non représenté demande une protection consulaire devrait tenir compte de la difficulté pour le citoyen concerné de se rendre en toute sécurité à lambassade ou au consulat de lÉtat membre dont il a la nationalité, ou dêtre contacté par ces derniers, dans un délai raisonnable, compte tenu de la nature et de lurgence de lassistance demandée et des moyens dont il dispose. Si le délai approprié dépend des spécificités de chaque demande dassistance, le délai dans lequel les citoyens pourront se rendre en toute sécurité à lambassade ou au consulat de leur État membre, ou être contactés par ces derniers, ne devrait pas, en tout état de cause, être supérieur à 48 heures.
Accès à la protection consulaire et autres arrangements
Lorsque les délégations de lUnion constituent la seule représentation physiquement présente dans un pays tiers, ou lorsquil existe un besoin objectif dapporter une assistance supplémentaire aux citoyens non représentés pendant une situation de crise, les délégations de lUnion devraient fournir une assistance consulaire, notamment en délivrant des titres de voyage provisoires.
Lorsquils accordent une protection consulaire aux citoyens non représentés, les États membres devraient adopter une approche intersectionnelle à légard des besoins spécifiques des groupes vulnérables et des personnes exposées au risque de discrimination pour quelque motif que ce soit.
Préparation aux crises
Le plan durgence consulaire conjoint pour chaque pays tiers devrait contenir une évaluation des risques concernant les scénarios les plus plausibles pouvant avoir une incidence sur les citoyens de lUnion, tels que, notamment, les risques militaires, politiques, criminels et sanitaires, ainsi que les catastrophes naturelles.
De plus, les États membres et les délégations de lUnion devraient collaborer au déploiement de systèmes dalerte précoce afin de permettre la détection en temps utile de crises ou de dangers potentiels, tels que des catastrophes naturelles, des troubles politiques ou des urgences sanitaires, dans le pays tiers concerné.
Les États membres devraient :
- prendre des mesures proactives pour faire en sorte que leurs citoyens senregistrent auprès des autorités nationales compétentes ou les informent de leurs déplacements ou de leur séjour dans des pays tiers, en particulier lorsque les pays tiers en question ne sont pas considérés comme entièrement sûrs;
- toujours sinformer mutuellement chaque fois quils ont connaissance de risques accrus pour la sécurité;
- améliorer lappréciation de la situation en collaboration avec les délégations de lUnion dans les pays tiers, notamment en partageant régulièrement les mises à jour des évaluations des risques et les menaces éventuelles pour la sécurité des citoyens de lUnion et en échangeant des informations sur leurs conseils aux voyageurs.
Le SEAE, en étroite coopération avec les États membres, devrait dispenser une formation à la simulation des crises consulaires ainsi quà la préparation et à la réaction à ces crises aux fonctionnaires de lUnion et au personnel diplomatique et consulaire des États membres afin daméliorer leur capacité à gérer les situations de crise et à prêter assistance aux citoyens de lUnion à létranger.
Protection spéciale accordée aux enfants
Avec le soutien des délégations de lUnion, les États membres devraient prendre des mesures spécifiques pour garantir le droit à la protection consulaire des enfants, qui sont des citoyens de lUnion, dans les pays tiers, en particulier lorsquil existe un risque de violation de leurs droits consacrés par la charte des droits fondamentaux de lUnion et par la convention des Nations unies relative aux droits de lenfant. Lintérêt supérieur de lenfant devrait être pris en compte.
Informations à lintention des citoyens de lUnion
Les États membres devront prendre des mesures pour informer leurs citoyens de leur droit. Il pourrait sagir de la mise en uvre de technologies numériques et de systèmes de notification automatisés, tels que des SMS via les réseaux téléphoniques, afin de fournir aux citoyens de lUnion les coordonnées essentielles pour la protection consulaire à leur entrée dans un pays tiers, ainsi que des messages dalerte dans les situations de crise.