Résolution sur la décision d’exécution (UE) 2024/1822 de la Commission autorisant la mise sur le marché de produits contenant du maïs génétiquement modifié DP915635, consistant en ce maïs ou produits à partir de celui-ci, conformément au règlement (CE) nº 1829/2003 du Parlement européen et du Conseil
Le Parlement européen a adopté par 478 voix pour, 166 contre et 17 abstentions, une résolution faisant objection à la décision dexécution (UE) 2024/1822 de la Commission autorisant la mise sur le marché de produits contenant du maïs génétiquement modifié DP915635, consistant en ce maïs ou produits à partir de celui-ci, conformément au règlement (CE) nº 1829/2003 du Parlement européen et du Conseil.
Le 20 décembre 2020, la société Pioneer Overseas Corporation, Inc. établie en Belgique, agissant au nom de Pioneer Hi-Bred International, établie aux États-Unis, a soumis à lautorité nationale compétente des Pays-Bas une demande de mise sur le marché de denrées alimentaires, dingrédients alimentaires et daliments pour animaux contenant du maïs génétiquement modifié DP915635, consistant en ce maïs ou produits à partir de celui-ci. LEFSA a adopté un avis favorable, qui a été publié le 17 janvier 2024.
Le maïs génétiquement modifié contient des gènes conférant une résistance au glufosinate et produit la toxine insecticide IPD079Ea dérivée de la fougère Ophioglossum pendulum.
Le Parlement a souligné le manque dévaluation de lherbicide complémentaire. Il a rappelé à cet égard que plusieurs études ont montré que les cultures génétiquement modifiées tolérantes aux herbicides entraînent une augmentation de lutilisation dherbicides «complémentaires», du fait notamment de lapparition de plantes adventices tolérantes aux herbicides.
Le glufosinate est classé comme toxique pour la reproduction de catégorie 1B. Lautorisation de lutilisation du glufosinate dans lUnion est arrivée à échéance le 31 juillet 2018.
Par ailleurs, des questions restent en suspens concernant lévaluation de la toxine IPD079Ea, dont le mode daction na été que mal décrit.
Les États membres ont soumis de nombreuses observations critiques à lEFSA, notamment le fait quun avis sur la sécurité du maïs génétiquement modifié ne peut être rendu compte tenu des lacunes dans les données figurant dans le dossier relatif aux exigences du règlement dexécution (UE) n° 503/2013, que le plan de surveillance doit être étoffé et que les effets du glufosinate sur le macrobiote intestinal des consommateurs et sur la microflore du sol nont pas été pris en considération par lEFSA.
Le Parlement a insisté sur la nécessité de garantir des conditions de concurrence équitables au niveau mondial étant donné les difficultés découlant de normes divergentes entre lUnion et ses partenaires commerciaux, et de respecter les obligations internationales de lUnion.
Selon les députés, le fait dautoriser limportation de toute plante génétiquement modifiée qui a été rendue tolérante aux herbicides pour être utilisée dans des denrées alimentaires ou des aliments pour animaux est incompatible avec les engagements internationaux pris par lUnion dans le cadre, entre autres, des objectifs de développement durable des Nations unies et de la convention des Nations unies sur la diversité biologique, y compris le cadre de Kunming-Montréal récemment adopté, lequel comprend un objectif mondial de réduction des risques liés aux pesticides dau moins 50% dici 2030. Il importe également de réduire la dépendance à légard des aliments pour animaux importés.
Sur le plan de la procédure, le Parlement rappelle quil a adopté 38 résolutions par lesquelles il sest opposé à la mise sur le marché dOGM. Si elle reconnaît elle-même les lacunes démocratiques, le soutien insuffisant des États membres et les objections du Parlement, la Commission continue dautoriser les OGM.
Sur la base de ces considérations, le Parlement a estimé que la décision d'exécution de la Commission nétait pas compatible avec le droit de l'Union qui impose d'établir les bases afin d'assurer un haut niveau de protection de la vie et de la santé des personnes, de la santé et du bien-être des animaux, de l'environnement et des intérêts des consommateurs, tout en garantissant le bon fonctionnement du marché intérieur.
En conséquence, le Parlement a demandé à la Commission :
- dabroger la décision dexécution (UE) 2024/1822;
- de ne pas autoriser les cultures génétiquement modifiées tolérantes aux herbicides, car cela entraînerait une hausse de lutilisation dherbicides complémentaires et augmenterait donc les risques pour la biodiversité, la sécurité alimentaire et la santé des travailleurs;
- de tenir durgence lengagement quelle a pris de présenter une proposition visant à garantir que les produits chimiques dangereux interdits dans lUnion européenne ne soient pas produits à des fins dexportation;
- de tenir compte des obligations qui incombent à lUnion en vertu daccords internationaux, tels que laccord de Paris sur le climat, la convention des Nations unies sur la diversité biologique et les objectifs de développement durable des Nations unies. Les projets dactes dexécution devraient être accompagnés dun exposé des motifs expliquant comment ils respectent le principe de «ne pas nuire».