Les réseaux d'électricité: l'épine dorsale du système énergétique de l'UE
La commission de lindustrie, de la recherche et de lénergie a adopté un rapport dinitiative dAnna STÜRGKH (Renew, AT) sur les réseaux délectricité: lépine dorsale du système énergétique de lUE.
Le rapport souligne que lachèvement de lintégration du marché de lénergie de lUnion permettra déconomiser jusquà 40 milliards dEUR par an et quune augmentation de 50% des échanges transfrontaliers délectricité pourrait accroître le PIB annuel de lUnion de 0,1%. Les députés invitent les États membres à explorer, à optimiser, à moderniser et à développer pleinement la capacité de leur réseau électrique, y compris en ce qui concerne le transport et la distribution.
Importance des réseaux électriques pour la transition énergétique européenne
Face à laugmentation attendue de 60% de la consommation délectricité dici à 2030, le rapport souligne la nécessité croissante dintégrer une part importante dénergie renouvelable variable dans le réseau et la nécessité, pour les réseaux, de sadapter à un système électrique plus décentralisé, numérisé et flexible.
Les députés rappellent que dici à 2030, lUnion doit investir environ 375 à 425 milliards dEUR dans les réseaux de distribution et 584 milliards dEUR au total dans les réseaux de transport et de distribution délectricité. Ils notent avec inquiétude quen 2023, les coûts de gestion de la congestion du réseau de transport électrique dans lUnion se sont élevés à 4,2 milliards dEUR, quils continuent daugmenter et que les délestages sont un frein à laugmentation de la part des sources dénergie renouvelables. La Commission est invitée, dans le cadre de son prochain train de mesures sur les réseaux européens, à définir une stratégie de lUnion afin de réduire considérablement leffacement de la production délectricité renouvelable.
Le rapport souligne le rôle des réseaux intelligents dans lamélioration de la gestion de la congestion et loptimisation de la distribution délectricité produite à partir de sources renouvelables. Les députés déplorent que les retards dans la réponse aux demandes de raccordement aux réseaux entraînent un ralentissement de lélectrification. Ils insistent également sur limportance de soutenir les communautés énergétiques, souvent freinées par des obstacles réglementaires et financiers, et appellent à des cadres réglementaires adaptés donnant aux citoyens, aux municipalités, aux PME et aux entreprises les moyens de participer activement au marché de lélectricité.
Situation et difficultés réglementaires
Le rapport souligne que le règlement RTE-E et les projets dintérêt commun (PIC) ainsi que les projets dintérêt mutuel (PIM) sont des outils efficaces pour le développement des infrastructures énergétiques transfrontalières de lUnion. Il invite les États membres à mener totalement à bien les PIC et la Commission à proposer durgence une révision ciblée du règlement RTE-E afin de veiller entre autres à ce que les scénarios soient élaborés conformément au programme de décarbonation et facilitent laccès des projets de réseaux électriques intelligents.
Étant donné que la planification des réseaux est un processus à long terme étroitement lié à la stabilité des investissements, les députés proposent de porter à 20 ans la durée des plans de développement des réseaux. Ils insistent également sur le maintien du mécanisme pour linterconnexion en Europe (MIE-E) qui sest révélé être linstrument essentiel pour le cofinancement dinfrastructures énergétiques transfrontalières.
Le rapport souligne lintérêt de mettre en place des indicateurs clairs afin de mesurer si lUnion est sur la bonne voie pour réaliser lexpansion et le renforcement du réseau nécessaires afin datteindre ses objectifs à lhorizon 2050. Les députés estiment que les autorités nationales de régulation (ANR) pourraient tirer profit de dispositions législatives claires quant à la façon dont les États membres peuvent classer par ordre de priorité les raccordements au réseau, de manière à abandonner le principe du «premier arrivé, premier servi». Ils demandent dès lors à la Commission de modifier larticle 6 de la directive (UE) 2019/944 sur le marché intérieur de lélectricité et dintroduire des critères de raccordement prioritaire transparents.
Déplorant les retards et les incertitudes concernant plusieurs projets dinterconnexion, le rapport invite la Commission à proposer, dici juin 2026 au plus tard, un objectif dinterconnexion contraignant pour 2036, sur la base dune évaluation des besoins. Il insiste également sur la nécessité daccélérer les procédures dautorisation pour les infrastructures électriques. Les députés soulignent la nécessité daméliorer le cadre des marchés publics afin de relever les défis auxquels les gestionnaires de réseau sont confrontés en ce qui concerne les chaînes dapprovisionnement. Ils demandent que les réseaux et les technologies qui leur sont liées soient explicitement reconnus comme des secteurs stratégiques.
Financement
Le rapport invite la Commission et les États membres, dans le cadre de lélaboration du prochain CFP, à augmenter de manière significative l'enveloppe du MIE-E et le pourcentage des fonds du MIE-E consacrés aux projets de réseaux en tant que ressource appropriée distincte. Il invite la Commission à proposer un instrument de financement spécifique, qui sappuie par exemple sur les recettes issues du système de réduction des émissions fondé sur le marché, afin de permettre aux États membres de soutenir des projets de réseaux décentralisés et innovants présentant une valeur ajoutée européenne manifeste, y compris des projets de petite taille.
Technologies-de développement du réseau, numérisation, solutions innovantes et résilience
Le rapport souligne que les technologies de renforcement du réseau, les solutions numériques et les technologies de gestion des données ainsi que les appareils énergétiques intelligents, qui utilisent souvent l'intelligence artificielle, peuvent accroître considérablement lefficacité des capacités de réseau existantes et optimiser lutilisation des moyens existants. Les députés insistent donc pour que ces technologies et solutions innovantes soient explorées et pour que la Commission promeuve davantage ces technologies innovantes lors de lévaluation des projets qui sollicitent un financement de lUnion.
Les députés demandent instamment à la Commission et aux États membres de poursuivre et daccroître la numérisation du réseau électrique européen. Ils soulignent lurgence de renforcer la sécurité et la résilience des infrastructures électriques critiques, notamment les interconnexions et les câbles sous-marins. De plus, les autorités de régulation nationales devraient tenir compte des coûts supportés par les opérateurs pour ladoption de mesures de cybersécurité et de résilience.
Le rapport demande instamment à la Commission, aux GRD et aux GRT de développer un espace européen commun de données énergétiques qui appartienne à lUnion, où des données harmonisées sont gérées, échangées et stockées en toute sécurité dans lUnion.
Chaîne dapprovisionnement, matières premières et besoin de compétences
Le rapport souligne la nécessité de renforcer les chaînes dapprovisionnement du réseau pour développer la fourniture de technologies de réseau à des coûts abordables et limiter ainsi les coûts supportés par les consommateurs par le biais des redevances de réseau. Il préconise une approche stratégique de lacquisition de technologies énergétiques, de composants ou de matériaux critiques liés aux réseaux afin déviter de développer des dépendances à légard de fournisseurs uniques en dehors de lUnion. Les députés demandent instamment de normaliser au maximum les équipements clés des réseaux électriques et soulignent enfin quil est urgent de remédier aux pénuries de main-duvre dans le secteur de lénergie.