Bien-être des chiens et des chats et leur traçabilité
Le Parlement européen a adopté par 457 voix pour, 17 contre et 86 abstentions, des amendements à la proposition de règlement du Parlement européen et du Conseil relatif au bien-être des chiens et des chats et à leur traçabilité.
La question a été renvoyée à la commission compétente pour négociations interinstitutionnelles.
Objet et champ dapplication
Le règlement sappliquera à lélevage, à la détention, à la mise sur le marché et à lentrée dans lUnion des chiens et des chats. Il ne sappliquera pas aux personnes physiques qui détiennent des chiens ou des chats à des fins dagrément personnel ou familial de compagnie, et qui permettent à ces animaux de se reproduire, dans la limite maximale dune portée par espèce et par foyer, par période de dix-huit mois, sans les mettre sur le marché.
Afin dexclure du champ dapplication du règlement les dons occasionnels et sporadiques de chiens et de chats en petit nombre par des personnes physiques, les députés ont précisé la définition de la «mise sur le marché», à laquelle seuls des opérateurs responsables dun établissement délevage, dun établissement de vente ou dun refuge pourront procéder.
Sagissant des exemptions des obligations, les députés proposent dopérer une distinction entre les établissements en fonction de leur taille. Un établissement délevage dans lequel deux portées au maximum par année civile sont produites en vue de leur mise sur le marché ne serait soumis quà certaines obligations.
Obligations incombant aux opérateurs détablissements
Les opérateurs et les soigneurs animaliers seraient responsables du bien-être des chiens ou des chats détenus dans leurs établissements et sous leur contrôle et de la minimisation des risques pour leur bien-être. Dans le cas des foyers daccueil, la responsabilité incomberait à lopérateur pour le compte duquel les chiens ou les chats sont détenus. Les opérateurs ne doivent commettre aucun acte de cruauté, dabus ou de mauvais traitement sur les chiens ou les chats et ne doivent pas abandonner les chiens ou les chats.
Obligations en matière de stratégies délevage
Les députés insistent sur linterdiction des croisements entre des chats ou des chiens dune même famille, afin d'éviter toute consanguinité. Ils demandent également linterdiction de lélevage de chiens ou de chats présentant des caractéristiques de conformation excessives, susceptibles davoir un impact négatif sur leur bien-être. Les députés précisent que ces pratiques pourraient être autorisées dans des cas exceptionnels et dûment justifiés pour préserver les races locales dont le patrimoine génétique est limité. La Commission sera habilitée à adopter des actes délégués en ce qui concerne les conformations extrêmes dici à 2030.
Il serait également interdit de recourir à des animaux présentant des conformations extrêmes - ainsi que des animaux mutilés - dans des expositions, concours ou compétitions.
Agrément des établissements délevage
Les opérateurs détablissements délevage devraient mettre des chiens ou des chats sur le marché uniquement après avoir obtenu de lautorité compétente lagrément de leur établissement. Les autorités compétentes effectueront des inspections sur place pour vérifier que létablissement satisfait aux exigences du règlement.
Obligation dinformation sur la possession responsable
Les opérateurs devraient fournir à lacquéreur dun chien ou dun chat des informations sur la possession responsable et sur les besoins spécifiques du chien ou du chat en matière dalimentation, de soins, de santé, de conditions dhébergement et de besoins comportementaux, ainsi que des informations sur sa santé, notamment son statut vaccinal. Lorsque la cession de chiens et de chats fait lobjet dune publicité en ligne, lavertissement devrait préciser que prendre soin dun animal nécessite des ressources financières et quil est interdit dabandonner lanimal une fois quil est sous la garde du propriétaire.
Hébergement, santé, pratiques douloureuses
Les opérateurs et les soigneurs devraient veiller à la propreté des dispositifs dalimentation et dabreuvement et à ce quils soient construits et installés de manière à garantir légalité daccès pour tous les chiens et les chats. Il est précisé que la détention ou la vente de chiens ou de chats dans des animaleries sera interdite. Leuthanasie dun chien ou dun chat dans les refuges pour animaux comme mesure de contrôle de la population serait également interdite.
Les pratiques de mutilation, telles que la coupe des oreilles, la coupe de la queue, lablation des griffes ou toute autre amputation partielle ou totale des doigts seraient interdites, à moins quelles ne répondent à une indication médicale. La stérilisation devrait être effectuée uniquement sous anesthésie et analgésie prolongée par un vétérinaire. Ce dernier pourra envisager une stérilisation non chirurgicale au lieu dune castration.
Seraient également interdites, lutilisation des muselières de manière prolongée, sauf si cela est nécessaire pour des raisons de santé, lutilisation des colliers à pointe et lutilisation des colliers étrangleurs dépourvus de butée de sûreté.
Pour prévenir toute complication liée à la gestation et éviter de compromettre leur bien-être, les députés proposent dautoriser jusquà trois portées dans une période de deux ans, suivies dune période de récupération adéquate, qui ne devrait pas être inférieure à un an pour les chiennes et les chattes qui ont eu trois portées. Les chiens et les chats devraient être exposés à la lumière au moins 7 heures par jour et les chiens devraient être promenés quotidiennement pendant au moins une heure par jour au total.
Identification et enregistrement des chiens et des chats
Les députés demandent que tous les chiens et chats détenus dans lUnion européenne soient identifiés au moyen dun transpondeur sous-cutané renfermant une puce électronique, implanté sous la responsabilité dun vétérinaire. Les opérateurs détablissements devront veiller à ce que les chiens et les chats nés dans leurs établissements soient identifiés individuellement dans les trois mois qui suivent leur naissance et, en tout état de cause, avant la date de leur mise sur le marché.
Les députés demandent également que les chiens et chats identifiés par micropuce soient enregistrés dans des bases de données nationales interopérables. Le numéro didentification de la micropuce ainsi que les informations relatives à la base de données nationale concernée devront être centralisés dans un index unique géré par la Commission.
Importations provenant de pays tiers
Le texte amendé établit une distinction entre limportation de chiens et de chats à des fins de mise sur le marché de lUnion et les mouvements non commerciaux, dans le souci de prévenir la fraude et daméliorer la traçabilité des chiens et des chats.
Les chiens et les chats entrant dans lUnion pour être mis sur le marché de lUnion devront être identifiés, avant leur entrée, par un vétérinaire et enregistrés dans une base de données nationale dans les deux jours ouvrables suivant leur entrée dans lUnion. Lentrée de chiens et de chats dans lUnion effectuée lors dun mouvement non commercial devra être notifiée préalablement par leurs propriétaires dans une base de données en ligne de lUnion répertoriant les animaux de compagnie en déplacement au moins cinq jours ouvrables avant leur arrivée dans lUnion.
Protection des données
Les députés ont introduit des dispositions relatives à la protection des données afin dassurer la protection des données à caractère personnel contenues, par exemple, dans les bases de données des chiens et des chats ou dans les informations transmises par les établissements.