Système des ressources propres de l’Union européenne
OBJECTIF : établir les règles dattribution des ressources propres à lUnion en vue dassurer le financement du budget annuel de lUnion.
ACTE PROPOSÉ : Décision du Conseil.
RÔLE DU PARLEMENT EUROPÉEN : le Conseil adopte lacte après consultation du Parlement européen mais sans être tenu de suivre l'avis de celui-ci.
CONTEXTE : lUnion européenne est confrontée à des demandes croissantes dans des domaines clés tels que la compétitivité, la défense, la sécurité, la transition écologique et numérique ainsi que la résilience face aux chocs extérieurs. Lactuel système des ressources propres a assuré un financement stable et prévisible du budget de lUE, mais il dépend largement, et de plus en plus, des contributions RNB, de sorte qu'il va atteindre ses limites à mesure que les besoins de financement augmenteront.
Lintroduction de nouvelles ressources propres réduira la charge pesant sur les États membres et garantira le financement durable des politiques communes de lUE ainsi que le remboursement de NextGenerationEU.
Conformément à laccord interinstitutionnel de 2020 conclu entre le Parlement européen, le Conseil et la Commission, cette dernière a présenté en 2021 et en 2023 des propositions visant à introduire de nouvelles ressources propres, qui nont pas été adoptées. La présente proposition sappuie sur les propositions et les discussions antérieures. Elle est conforme aux priorités politiques de lUE dans le contexte du prochain cadre financier pluriannuel (CFP) et générerait dimportantes recettes.
CONTENU : Il existe actuellement quatre types de ressources propres:
- les ressources propres traditionnelles (RPT, principalement les droits de douane);
- une ressource propre fondée sur la taxe sur la valeur ajoutée (TVA);
- une ressource propre fondée sur la quantité de déchets d'emballages en plastique non recyclés (établie en 2021);
- la ressource propre fondée sur le revenu national brut (RNB), qui joue un rôle d'équilibrage pour veiller à ce que les recettes globales correspondent aux paiements.
La Commission propose un train de mesures renforcé relatif aux ressources propres pour le financement du budget de l'UE. Ce train de mesures comprend cinq nouvelles ressources propres:
- une ressource propre fondée sur l'actuel système d'échange de quotas d'émission (SEQE 1). Cette ressource est étroitement liée aux objectifs climatiques de lUnion et constitue une source potentielle importante de recettes. Avec 30% des recettes alimentant le budget de lUE, la plus grande partie des recettes provenant de la mise aux enchères de quotas démission continuerait dêtre versée aux budgets nationaux;
- une ressource propre fondée sur le mécanisme d'ajustement carbone (MACF). Le MACF consiste à soumettre les importations dans lUE à un prix du carbone équivalent à celui supporté pour la production des mêmes marchandises dans lUE;
- une ressource propre fondée sur les équipements électriques et électroniques non collectés. Cette ressource propre serait fondée sur les données existantes communiquées par les États membres à Eurostat et calculée en appliquant un taux de 2 EUR par kg aux déchets électroniques non collectés. Afin de maintenir la valeur réelle du taux dappel, celui-ci serait ensuite adapté chaque année pour tenir compte de linflation;
- une ressource propre relative aux droits d'accise sur le tabac. Un taux dappel de 15% serait appliqué dans le cas de tous les États membres aux quantités de tabacs manufacturés et aux quantités de produits connexes du tabac mises à la consommation, multipliées par le taux minimal applicable à chaque État membre;
- une ressource pour l'Europe provenant des entreprises, établie sous la forme d'une contribution forfaitaire annuelle des grandes entreprises exerçant leurs activités et vendant dans l'UE, dont le chiffre d'affaires net annuel est supérieur à 100 millions dEUR.
Il est proposé dapporter des ajustements ciblés aux ressources propres existantes afin de préserver lassiette des recettes du budget de lUE. Le taux dappel de la ressource propre fondée sur les déchets demballages en plastique non recyclés passerait de 0,8 EUR/kg à 1 EUR/kg en 2028, puis serait indexé sur linflation. De plus, la part des droits de douane que les États membres retiennent pour couvrir leurs frais de perception serait réduite de 25% à 10%. Enfin, les recettes issues du commerce électronique seraient classées comme ressources propres traditionnelles.
Selon la proposition de la Commission, les cinq nouvelles ressources propres devraient être mises en place à partir du 1er janvier 2028.