Infrastructures énergétiques transeuropéennes: orientations
OBJECTIF : contribuer au développement et à linteropérabilité en temps utile et efficaces dinfrastructures énergétiques résilientes dans lensemble de lUE.
ACTE PROPOSÉ : Règlement du Parlement européen et du Conseil.
RÔLE DU PARLEMENT EUROPÉEN : le Parlement européen décide conformément à la procédure législative ordinaire et sur un pied dégalité avec le Conseil.
CONTEXTE : les infrastructures des réseaux énergétiques jouent un rôle essentiel dans la relance de la compétitivité européenne, dans la garantie de la sécurité de lUnion ainsi que dans la transition énergétique et la décarbonation. Dans le même temps, le développement des réseaux énergétiques est confronté à des défis nouveaux et importants.
Les réseaux électriques devront répondre à la demande croissante liée à lélectrification des utilisations finales et à la montée en puissance du système dhydrogène. Lélectrification de la consommation dénergie finale dans lUnion devrait passer denviron 23% actuellement à environ 32% en 2030. Les États membres devraient viser un niveau dinterconnexion électrique de 15% dici à 2030. Les réseaux devront sadapter pour que lUE dispose dun système électrique plus décentralisé, numérisé et flexible, avec des millions de panneaux solaires en toiture et des communautés énergétiques locales partageant leurs ressources. Dici à 2040, les réseaux de transport et de distribution délectricité nécessiteront des investissements de 1.200 milliards dEUR et les réseaux dhydrogène de 240 milliards dEUR.
Le rapport Draghi plaide en faveur dune simplification et dune rationalisation des procédures administratives et doctroi dautorisations, ainsi que dune approche stratégique coordonnée du développement des infrastructures transfrontières entre lUE et les États membres. Le Conseil européen a également appelé à une planification des investissements à long terme à léchelle de lUnion en vue dintégrer et dinterconnecter pleinement le marché de lélectricité de lUE et de contribuer de la sorte à la sécurité énergétique de lUnion, ainsi quà la protection et à la résilience de ses infrastructures.
Le Parlement européen a souligné limportance de moderniser et de développer les réseaux, ainsi que dinvestir dans la numérisation, en mettant laccent sur une planification intégrée intersectorielle et transversale. Il estime également que les infrastructures transfrontières sont une condition du succès de lapprofondissement du marché unique et du renforcement de la résilience de lUnion.
Bien que les objectifs du règlement RTE-E de 2013 restent valables, plusieurs lacunes doivent être comblées afin que le cadre soit adapté pour soutenir un système énergétique décarboné, compétitif et résilient à lhorizon 2050. Premièrement, les projets dinfrastructure existants et prévus ne sont pas suffisamment axés sur la réalisation des objectifs de lUE en matière dénergie et de climat. Deuxièmement, la mise en uvre des projets dinfrastructures transfrontières est trop lente, ce qui augmente les coûts globaux des projets et entrave la décarbonation du système. Enfin, il existe des préoccupations relatives à la sécurité des infrastructures.
CONTENU : la proposition vise à garantir le développement et linteropérabilité en temps utile et efficaces dinfrastructures énergétiques résilientes, de sources dénergies renouvelables et de flexibilité, y compris les stations de stockage et de recharge, dans lensemble de lUE. Cela permettra à lUE datteindre ses objectifs en matière dénergie et de climat, notamment en garantissant le caractère abordable de lénergie grâce à une meilleure interconnectivité, ce qui conduira à une convergence des prix, à une baisse des prix de gros de lélectricité et à une moindre volatilité des prix de lélectricité, ainsi quà une connexion accélérée de la production et de la demande.
Pour atteindre lobjectif général, la présente initiative sarticule autour de quatre objectifs spécifiques:
- garantir que les projets inclus dans les plans de développement du réseau et sélectionnés en tant que projets dintérêt commun et dintérêt mutuel (PIC/PIM) répondent de manière appropriée et efficace aux besoins en infrastructures recensés, en garantissant le développement en temps utile et efficient des infrastructures énergétiques;
- faciliter lutilisation doutils de partage des coûts pour accélérer le déploiement des projets dinfrastructures transfrontières, ce qui conduira à une utilisation accrue de ces outils et à une réduction des délais de déploiement des projets;
- raccourcir et simplifier les procédures doctroi des autorisations pour les projets dinfrastructures énergétiques, dénergie renouvelable et de stockage, ainsi que pour les stations de recharge, afin de réduire les délais dobtention des autorisations nécessaires, de permettre le respect des délais existants et de simplifier les exigences en matière dautorisation;
- renforcer la sécurité physique, la cybersécurité et la résilience des infrastructures énergétiques transfrontières (PIC/PIM) en augmentant le nombre déquipements et dinstallations de protection et de résilience sur les éléments critiques de réseau.
La Commission sera chargée délaborer un scénario central complet et des analyses de sensibilité, le cas échéant, au moins tous les quatre ans pour les secteurs de lélectricité, de lhydrogène et du gaz, à utiliser pour les plans décennaux de développement du réseau (TYNDP) dans lensemble de lUnion. Aux fins de lélaboration du scénario central, lAgence de coopération des régulateurs de lénergie (ACER) sera i) chargée de soutenir et de vérifier la collecte de données par la Commission; ii) tenue délaborer et de publier une méthodologie cadre contraignante aux fins du recensement des besoins en infrastructures.
LACER sera également chargée de mettre à jour sa recommandation relative à la répartition transfrontière des coûts et détablir un registre central de toutes les décisions relatives à la répartition transfrontière des coûts.