Simplification des transferts intra-UE des produits liés à la défense et la simplification de la passation de marché dans les domaines de la défense et de la sécurité
La commission de la sécurité et de la défense et la commission du marché intérieur et de la protection des consommateurs ont adopté conjointement le rapport présenté par Pekka TOVERI (PPE, FI) et Anna-Maja HENRIKSSON (Renew, FI) sur la proposition de directive du Parlement européen et du Conseil modifiant les directives 2009/43/CE et 2009/81/CE en ce qui concerne la simplification des transferts intra-UE de produits liés à la défense et la simplification des marchés publics dans les domaines de la sécurité et de la défense.
Pour rappel, la proposition fait partie du train de mesures omnibus sur la préparation de la défense. Elle contient des propositions de simplification visant à supprimer les obstacles réglementaires, à faciliter et à accélérer les marchés publics de défense et les transferts intra-UE de produits liés à la défense et à faciliter la préparation et la construction industrielle européennes en matière de défense.
Les commissions compétentes ont recommandé que la position en première arrêtée par le Parlement européen modifie la proposition comme suit :
A) Modifications de la directive 2009/43/CE
Partenariat stratégique transfrontière européen
Un partenariat stratégique transfrontière européen est défini comme un accord de collaboration stratégique entre deux ou plusieurs entités établies dans différents États membres, dans le cadre duquel ces entités participent conjointement et de manière répétée au développement, à la production, à lassemblage, à la fourniture, à la commercialisation ou au soutien tout au long du cycle de vie dun produit lié à la défense, en prenant part i) à des projets collaboratifs européens en matière de défense, ii) à des projets liés à la défense financés au titre dun programme de lUnion, iii) à un projet de défense européen dintérêt commun (EDPCI), iv) à un projet relevant de la coopération structurée permanente (CSP) ou v) à un programme de collaboration en matière darmements entre États membres.
Licences de transfert
Les États membres devraient exempter les transferts de produits liés à la défense de lobligation dautorisation préalable qui y est visée, dans un ou plusieurs des cas suivants:
- le fournisseur ou le destinataire est une institution publique ou fait partie des forces armées ou dune autre autorité nationale de sécurité;
- le transfert a lieu dans le cadre dun partenariat stratégique transfrontière européen;
- le transfert a lieu dans un cas durgence résultant dune crise ou dans une situation où la clause de défense mutuelle de lUnion prévue à larticle 42, paragraphe 7, du traité UE a été activée par un ou plusieurs États membres;
Les États membres pourraient exempter les transferts de technologies immatérielles liées à la défense de lobligation dautorisation préalable qui y est visée, lorsque le fournisseur et le destinataire appartiennent à la même société ou au même groupe de sociétés.
Licences générales de transfert
Dans le but de soutenir linnovation et les PME au sein de lUnion, la licence générale de transfert devrait également être étendue aux transferts visant à soutenir les technologies de rupture ou les processus industriels innovants ou à combler à des lacunes critiques en matière de préparation. Les États membres devraient publier les licences générales de transfert pour les transferts nécessaires à la mise en uvre de partenariats stratégiques transfrontières européens.
B) Modifications de la directive 2009/81/CE
Montant des seuils des marchés
Les députés proposent que la directive sapplique aux marchés dont la valeur estimée hors taxe sur la valeur ajoutée (TVA) est égale ou supérieure aux seuils suivants: a) 1.800.000 EUR (au lieu 900.000 EUR) pour les marchés de fournitures et de services; b) 8.000.000 EUR (au lieu de 7.000.000 EUR) pour les marchés de travaux.
Partenariat dinnovation
Seuls les opérateurs économiques ayant reçu une invitation du pouvoir adjudicateur à la suite de lévaluation des informations requises pourront soumettre des projets de recherche et dinnovation qui visent à répondre aux besoins définis par le pouvoir adjudicateur et que les solutions existantes ne permettent pas de couvrir. Les députés précisent que la procédure de sélection doit garantir légalité de traitement et une concurrence loyale, y compris pour les fournisseurs de technologies duales, les PME et les opérateurs issus dÉtats membres plus petits dont lindustrie est en développement.
Entités établies dans lUE, dans un État de lAELE membre de lEEE ou en Ukraine
Afin de renforcer la BITDE, les États de lAELE membres de lEEE et lUkraine devraient être associés en tant que partenaires dans les projets européens de sécurité et de défense qui bénéficient dun financement de lUnion.
À titre exceptionnel, une entité juridique établie dans lUE, dans un État de lAELE membre de lEEE ou en Ukraine, mais contrôlée par un pays tiers, pourrait être admise comme contractant si elle fournit à la Commission des garanties de sécurité approuvées par lÉtat membre où elle est établie. Ces garanties doivent démontrer que sa participation ne porte pas atteinte aux intérêts de sécurité et de défense de lUnion et de ses États membres, conformément à la PESC. Elles doivent notamment assurer que le contrôle exercé par le pays tiers nentrave pas lexécution de laction et que laccès aux informations sensibles ou classifiées est interdit aux pays tiers non autorisés, les personnes impliquées devant disposer des habilitations de sécurité requises.
Procédures négociées sans publication préalable
En cas dacquisition conjointe déquipements militaires au moyen dune procédure négociée sans publication préalable, les députés estiment que lutilisation de composants provenant de lextérieur de lUnion et des États de lAELE membres de lEEE devrait être limitée, afin de préserver et de favoriser lautonomie stratégique et lindustrie de la défense de lUnion. Dans ce cas, le coût des composants dont lorigine est extérieure à lUnion, aux États de lAELE membres de lEEE et à lUkraine ne devrait pas être supérieur à 35% du coût estimé des composants du produit final. Toutefois, cette limite ne devrait pas sappliquer aux composants provenant dAlbanie, du Canada, du Japon, de Moldavie, de Macédoine du Nord, de Norvège, de Corée du Sud et du Royaume-Uni, étant donné que lUnion a signé un partenariat de sécurité et de défense avec chacun de ces pays.
Réexamen et rapports
Au plus tard le 1er janvier 2029, la Commission devrait examiner la mise en uvre des directives 2009/43/CE et 2009/81/CE dans le contexte de lamélioration de la préparation de lEurope en matière de défense à lhorizon 2030. Le cas échéant, ces rapports seront accompagnés dune proposition législative.