Résolution sur les expulsions ciblées de journalistes et de chrétiens étrangers en Turquie sous le prétexte de la sécurité nationale
Le Parlement européen a adopté par 502 voix pour, 2 contre et 59 abstentions, une résolution sur les expulsions ciblées de journalistes étrangers et de chrétiens étrangers en Turquie sous prétexte de sécurité nationale.
Le texte adopté en séance plénière a été déposé par les groupes PPE, S&D, ECR, Renew, Verts/ALE et députés.
Ces dernières années, au moins 300 pasteurs et missionnaires chrétiens étrangers, ainsi que des membres de leurs familles, ont été expulsés de Turquie et se sont vu refuser le droit d'y revenir en vertu des mesures administratives «N-82» et «G-87», les désignant comme une menace pour la sécurité nationale sans preuve, sans procès ni possibilité de recours effective. Les chrétiens seraient le groupe religieux le plus persécuté au monde, et le fait de ne pas reconnaître ni prendre en compte cette réalité compromet la crédibilité des efforts internationaux visant à protéger la liberté de religion ou de conviction.
Le Parlement a fermement condamné les expulsions ciblées de journalistes et de chrétiens étrangers, menées sous de faux prétextes de sécurité nationale et sans procédure régulière. Il a estimé que ces expulsions s'inscrivent dans un contexte plus large de recul démocratique, d'érosion de l'indépendance de la justice, de criminalisation de la dissidence et d'attaques contre la société civile.
Par ailleurs, les députés ont exprimé leur solidarité avec les journalistes turcs qui continuent d'exercer leur métier en toute indépendance malgré les nombreux abus. La Commission, quant à elle, est appelée à renforcer son soutien aux médias indépendants.
Concernant lexpulsion ciblée des chrétiens étrangers, le Parlement a manifesté son soutien indéfectible aux chrétiens et a affirmé que la liberté de religion ou de conviction, y compris le droit de pratiquer, de changer ou de manifester sa religion individuellement ou en communauté avec dautres, doit être pleinement protégée conformément au droit international des droits de lhomme et respectée sans discrimination ni ingérence de la part des autorités étatiques.
La Turquie est appelée à:
- suspendre les procédures d'expulsion contre Kaveh Taheri et tous les autres journalistes étrangers;
- suspendre toutes les poursuites judiciaires contre le journaliste suédois Joakim Medin et tous les journalistes condamnés pour avoir fait leur travail;
- cesser immédiatement toute forme de harcèlement judiciaire et administratif à l'encontre des journalistes étrangers, souvent sous prétexte de sécurité nationale;
- cesser immédiatement l'utilisation des codes de sécurité administratifs N-82 et G-87, fournir des décisions individuelles motivées soumises à un contrôle judiciaire indépendant et permettre aux personnes expulsées arbitrairement de revenir.
Concernant lévaluation du rapport Türkiye 2025 sur lenvironnement restrictif imposé aux journalistes et aux voix critiques, le Parlement a invité la vice-présidente de la Commission/haute représentante de lUnion pour les affaires étrangères et la politique de sécurité ainsi que la Commission à soulever systématiquement ces préoccupations dans le cadre du dialogue politique avec la Turquie et à envisager des mesures ciblées si ces abus devaient persister.