Élaboration d’une nouvelle stratégie de l’Union pour lutter contre la pauvreté
Le Parlement européen a adopté par 385 voix pour, 141 contre et 53 abstentions, une sur lélaboration dune nouvelle stratégie de lUnion pour lutter contre la pauvreté.
Une stratégie axée sur léradication de la pauvreté
Les députés sont préoccupés par le fait quen 2024, dans lUnion, 93,3 millions de personnes étaient toujours menacées de pauvreté ou dexclusion sociale, dont 20 millions denfants, soit un enfant sur quatre, et 27 millions de personnes étaient en situation de privation matérielle et sociale aiguë. Ils demandent que la prévention soit abordée de manière globale pour résoudre le problème à sa racine et sattaquer aux aspects multidimensionnels de la pauvreté et de lexclusion sociale, ainsi quà leurs corrélations, en ce qui concerne laccès à des emplois de qualité, la protection sociale et le revenu minimum, les services publics, léducation, lintervention précoce auprès des enfants, les soins de santé, lalimentation, le logement, lénergie et la fiscalité.
Rappelant que la pauvreté touche de manière disproportionnée les groupes marginalisés et vulnérables de la société (femmes, Roms, personnes sans domicile, enfants placés en institution, personnes LGBTQIA, personnes âgées, jeunes), la résolution a insisté sur la nécessité de prendre des mesures ciblées pour remédier à cette situation, en accordant une attention particulière aux personnes les plus vulnérables à la pauvreté extrême.
Les députés ont demandé à la Commission de présenter une stratégie de lutte contre la pauvreté exhaustive, ambitieuse et financée de manière adéquate, comprenant les orientations et objectifs généraux suivants:
a) reconnaître que la pauvreté constitue une violation de la dignité humaine qui compromet la pleine réalisation des droits de lhomme et quil y a lieu den tenir compte pour promouvoir une approche fondée sur les droits conformément aux cadres juridiques internationaux;
b) fixer un objectif consistant à éradiquer durgence la pauvreté dici à 2035 au plus tard, en sappuyant sur les normes établies par les objectifs de développement durable des Nations unies et par le socle européen des droits sociaux, tout en définissant également des indicateurs davancement intermédiaire, des étapes claires et un cadre de suivi permettant une bonne coordination des politiques et des besoins de financement;
c) adopter une approche globale et intégrée, axée sur les personnes et fondée sur le cycle de vie, pour élaborer des politiques de lutte contre la pauvreté sur le long terme qui associent des mesures universelles et ciblées dès lenfance et à toutes les étapes de la vie;
d) associer les personnes ayant vécu ou vivant en situation de pauvreté à la définition, à la mise en uvre et à lévaluation des politiques qui les concernent, de manière inclusive, en proposant pour ce faire une méthode et un renforcement des capacités;
e) inclure un principe fondamental et horizontal de non-discrimination dans toute la stratégie de lutte contre la pauvreté pour combattre les inégalités structurelles et la stigmatisation sociale dues à la discrimination qui exacerbent la pauvreté et lexclusion sociale;
f) allouer des ressources budgétaires suffisantes et durables aux mesures de lutte contre la pauvreté au moyen du cadre financier pluriannuel (CFP) et des mécanismes budgétaires nationaux.
Des conditions de travail justes et une répartition plus équitable des revenus et des richesses
Le Parlement a invité la Commission et les États membres à renforcer leurs politiques actives du marché du travail, en particulier pour les personnes les plus éloignées de lemploi et à promouvoir des politiques destinées à protéger et à promouvoir les droits des travailleurs, des emplois de qualité et des salaires équitables, y compris légalité des rémunérations entre les femmes et les hommes pour un même travail. Pour mettre fin à la pauvreté des personnes ayant un emploi, les députés ont demandé un meilleur accès aux services de garde denfants ainsi quà un accompagnement professionnel adapté.
Le Parlement a formulé les recommandations suivantes:
- renforcer les services publics de lemploi, les filières de formation et les systèmes daide à la recherche demploi pour les personnes en situation de pauvreté et les groupes vulnérables, notamment les chômeurs de longue durée et les personnes peu qualifiées;
- soutenir lentrepreneuriat des femmes et les possibilités demploi indépendant, en particulier dans les zones rurales et insulaires;
- veiller à ce que lenseignement soit accessible aux enfants handicapés;
- augmenter considérablement les investissements publics dans les politiques garantissant les droits sociaux, en assurant un accès universel à des services publics de qualité ainsi quà des biens et des services dintérêt économique et social général, tels quun logement décent, lalimentation, leau, lassainissement, lénergie, les transports, les communications et les activités culturelles et de loisirs;
- promouvoir une politique du logement qui garantisse un accès universel à un logement décent et abordable et qui comprenne des mesures spécifiques pour lutter contre le sans-abrisme;
- accélérer des efforts visant à combler lécart entre les hommes et les femmes en matière demploi et de pension;
- garantir laccès universel à des soins de santé publics abordables et de qualité pour tous et garantir à toutes les femmes le droit aux soins de santé sexuelle et génésique;
- sattaquer à la pauvreté des jeunes et aux inégalités socioéconomiques en renforçant la garantie pour la jeunesse en tant quinstrument clé pour promouvoir linclusion des jeunes sur le marché du travail.
Une stratégie centrée sur la pauvreté des enfants
Le Parlement a demandé un meilleur soutien pour garantir laccès à des soins de santé efficaces et gratuits, à léducation, et à laccueil et léducation de la petite enfance, ainsi que laccès effectif à un logement adéquat et décent et à une alimentation saine pour tous les enfants qui en ont besoin. À cette fin, les députés ont appelé à la création dun budget dédié dau moins 20 milliards deuros pour la garantie européenne pour lenfance. Les États membres devraient consacrer au moins 5% des ressources du Fonds social européen plus (FSE+) à des projets spécifiquement destinés à lutter contre la pauvreté des enfants, et au moins 10% dans les pays où les niveaux de pauvreté et dexclusion sociale des enfants sont supérieurs à la moyenne de lUnion.