Recommandation au Conseil sur les priorités de l’Union européenne pour la 70e session de la commission de la condition de la femme des Nations unies
Le Parlement européen a adopté par 340 voix pour, 141 contre et 68 abstentions, une recommandation à l'intention du Conseil concernant les priorités de lUnion européenne pour la 70e session de la Commission de la condition de la femme de lOrganisation des Nations unies.
Engagement de lUnion en faveur de légalité entre les femmes et les hommes
Les députés ont recommandé au Conseil de réaffirmer lengagement ferme de lUnion en faveur de légalité entre les femmes et les hommes et de garantir la pleine mise en uvre des droits des femmes et des filles dans tous les aspects de laction extérieure de lUnion, et dotée dun financement adéquat. Ils ont demandé que le Parlement et sa commission des droits des femmes et de légalité des genres participent pleinement au processus décisionnel concernant la position de lUnion lors de la 70e session de la Commission de la condition de la femme de lOrganisation des Nations unies. Lengagement de lUnion en faveur de légalité entre les femmes et les hommes doit être réaffirmé en tant que priorité horizontale.
Garantir laccès à la justice
Le Parlement a recommandé de rendre les instruments juridiques de lUnion européenne et internationaux complémentaires et ambitieux, avec des dispositions solides pour autonomiser les femmes et les filles et garantir un accès effectif à la justice. Il a insisté sur limportance de laide juridictionnelle et de la représentation juridique pour assurer une justice universelle et équitable. Il a également invité lUnion à faire preuve dun leadership fort en faveur de systèmes judiciaires inclusifs et impartiaux, à promouvoir des cadres juridiques complets protégeant les droits des femmes et à garantir le droit des victimes à une indemnisation rapide, tout en prévenant la victimisation secondaire.
La recommandation souligne quil importe i) de garantir aux femmes et aux filles un accès effectif à la justice à tous les niveaux, y compris des canaux de signalement clairs et le traitement rapide des mesures de protection et de soutien, ii) déliminer les obstacles, en particulier pour les groupes de femmes défavorisés et vulnérables et iii) de garantir des services de soutien et de protection adéquats, axés sur les victimes, en cas de violences sexistes.
Le Parlement appelle également à la reconnaissance internationale de lapartheid fondé sur le genre comme crime contre lhumanité au regard du Statut de Rome.
La recommandation a insisté sur la nécessité:
- de veiller à ce que les femmes et les filles disposent dinformations accessibles et complètes sur leurs droits, ainsi que sur le soutien et la protection disponibles, à chaque étape de la procédure judiciaire, en particulier dans les cas de violence à légard des femmes ou de violence domestique;
- de sengager à garantir laccès des victimes à laide juridictionnelle dès le début de la procédure civile ou pénale et de promouvoir cette approche à léchelle mondiale;
- de demander lintégration dune perspective de genre dans tous les politiques, législations, procédures, initiatives et pratiques afin de sattaquer aux obstacles tels que la méconnaissance des droits, les attitudes discriminatoires et les stéréotypes sexistes au sein des systèmes judiciaires;
- de faire progresser le leadership féminin, légalité de participation et la représentation accrue des femmes au sein de lappareil judiciaire et de ses instances dirigeantes.
Participation et leadership des femmes
Le Parlement a recommandé de plaider en faveur dactions et de mesures concrètes visant à garantir la participation et le leadership des femmes dans la prise de décision dans la vie publique, y compris dans les domaines de la politique étrangère, de la défense et de la sécurité, ainsi que de la prévention, de la gestion et de la résolution des conflits et des crises. Afin de faire progresser la participation pleine et efficace des femmes à la vie publique, facilitant ainsi leur association aux processus décisionnels, il convient de prendre des mesures pour appliquer pleinement et de toute urgence les engagements existants en matière dégalité hommes-femmes et dautonomisation des femmes.
Financement
Le Parlement a demandé i) de garantir un financement durable et une protection juridique aux organisations féministes et LGBTIQ+, en particulier aux groupes de terrain attaqués par le rétrécissement de lespace civique et les lois restrictives qui ciblent les organisations non gouvernementales; ii) daccroître le financement de laide au développement afin de compenser lécart qui subsiste après le démantèlement de lAgence des États-Unis pour le développement international; iii) de réaffirmer son soutien sans réserve à laction dONU-Femmes, acteur central du système des Nations unies; iv) de sengager en faveur dun financement suffisant en faveur de légalité entre les femmes et les hommes et des droits des femmes, y compris la santé et les droits sexuels et génésiques et v) dappliquer lintégration de la dimension de genre et la budgétisation sensible au genre dans tous les domaines daction de lUnion, y compris laction extérieure.
Violences sexistes
Le Parlement a réaffirmé lengagement de lUnion européenne à lutter contre limpunité pour toutes les formes de violences sexistes - y compris la violence domestique, sexuelle, la traite des êtres humains et les pratiques préjudiciables - et à accélérer la mise en uvre des engagements internationaux en la matière. Il a recommandé de plaider, au niveau de lUnion et au niveau international, en faveur dune action plus forte contre la violence en ligne, qui touche les femmes de manière disproportionnée.
Les députés ont également souligné que labsence ou le refus daccès à la santé et aux droits sexuels et génésiques, y compris lavortement sûr et légal, constitue une forme de violence sexiste et une violation des droits de lhomme et des droits fondamentaux. Ils ont préconisé dexiger un accès sûr à lavortement, à la contraception et aux soins maternels pour tous.
Enfin, la recommandation a souligné limportance dadopter une législation sur le viol fondée sur la notion de consentement. Elle a appelé à condamner avec la plus grande fermeté le recours au viol et à dautres formes de violence sexuelle comme arme de guerre et a souligné que le féminicide constitue lune des formes les plus extrêmes de violence sexiste et constitue une violation grave des droits fondamentaux universels.