Adéquation, subsidiarité et proportionnalité de la réglementation de l’Union - rapport "Mieux légiférer" couvrant les années 2023 et 2024
Le Parlement européen a adopté par 493 voix pour, 92 contre et 44 abstentions, une résolution sur ladéquation, la subsidiarité et la proportionnalité de la réglementation de lUnion - rapport «Mieux légiférer» couvrant les années 2023 et 2024.
Subsidiarité et proportionnalité
Le Parlement a rappelé que lamélioration de la législation repose sur léquilibre interinstitutionnel entre les colégislateurs et sur un engagement commun en faveur dune coopération loyale et transparente tout au long du cycle législatif et que toute intention de la Commission de retirer des actes législatifs en attente doit être dûment motivée et justifiée. En outre, il a mis en garde contre toute utilisation des procédures législatives spécifiquement prévues pour les situations durgence sur la base de larticle 122 du traité FUE au-delà des situations spécifiques qui nécessitent des réactions rapides face à des crises en cours.
Les députés considèrent que les évaluations, les analyses dimpact et les consultations de parties prenantes sont les piliers fondamentaux dun processus réglementaire efficace, responsable et démocratique.
Le Parlement sest félicité quen 2024, la Commission ait considérablement amélioré la manière dont les avis des parlements nationaux, ainsi que ses réponses à ces avis, sont rendus publics. Il a demandé que les parlements nationaux soient associés de manière anticipée, structurée et constructive au cycle délaboration des politiques de lUnion et que les parlements nationaux aient accès en temps utile aux projets dinitiatives, aux analyses contextuelles et aux documents danalyse dimpact. Il a demandé une coopération renforcée avec les parlements nationaux au moyen de plateformes de dialogue numérique structurées et a suggéré la mise en place dun mécanisme structuré de «carte verte» qui permettrait de formuler des suggestions collectives concernant les initiatives de la Commission.
Les situations varient encore considérablement en ce qui concerne la transposition des directives dans les délais impartis et la mise en uvre du droit de lUnion. Les députés ont préconisé daider davantage les États membres à renforcer leurs capacités administratives et techniques à cet égard, et ont invité la Commission à veiller à une application résolue lorsque la coopération échoue. Ils ont encouragé les initiatives propices à une participation constructive de la société civile et des entreprises à lélaboration des politiques.
Mieux légiférer
La résolution souligne quen dépit des progrès accomplis dans le cadre du programme pour une meilleure réglementation, la législation de lUnion est toujours à lorigine dune charge administrative importante. Des améliorations peuvent dès lors être apportées pour que le processus législatif de lUnion soit plus transparent, pour quil tienne davantage compte des contributions des parties prenantes concernées et pour quil soit plus facile à suivre et à mettre en uvre. Par ailleurs, la sécurité juridique, laccessibilité et la prévisibilité de la législation sont des exigences fondamentales de létat de droit.
Regrettant que la Commission réalise de moins en moins danalyses dimpact, les députés ont suggéré daméliorer sensiblement la qualité des analyses dimpact et den renforcer lutilisation. Ils ont préconisé de soumettre toutes les propositions législatives à des analyses dimpact appropriées, indépendantes et transparentes et de réaliser des évaluations ex post adéquates des initiatives de lUnion. Toutes les grandes initiatives législatives et stratégiques devraient saccompagner dune analyse coûts/avantages, notamment en ce qui concerne leurs incidences sociales, économiques et environnementales. De plus, les droits de lenfant devraient être intégrés dans la législation de lUnion en introduisant une vérification du respect des droits de lenfant dans le cadre de la boîte à outils danalyse dimpact.
Le Parlement reconnaît que les mécanismes en place pour contrôler la charge législative, tels que lapproche «un ajout, un retrait», peinent à fonctionner efficacement. Il a souligné que la mise en uvre de cette approche ne doit pas avoir dincidence sur les impératifs politiques ou sur les objectifs damélioration de la réglementation, et quelle ne doit pas aboutir à des décisions mécaniques dabroger des actes législatifs.
Les députés estiment que les actes délégués et les actes dexécution doivent être utilisés de façon proportionnée et être limités aux aspects techniques nécessaires pour lapplication des actes de base, tout en évitant de faire double emploi et de créer une complexité inutile. Ces deux types dactes doivent être soumis à des procédures transparentes, assorties de délais clairs donnant suffisamment de temps aux colégislateurs pour réaliser un examen approfondi.
La Commission est invitée à prendre davantage de mesures pour réduire les obligations réglementaires qui incombent aux citoyens et aux entreprises et pour améliorer la qualité et lefficacité de la législation de lUnion en veillant à ce que les mesures réglementaires soient proportionnées et fondées sur des données probantes et quelles apportent une valeur ajoutée évidente aux citoyens et aux entreprises de lUnion.
Dans le prolongement du rapport Draghi, les députés estiment que la Commission devrait mettre au point une méthode unique et claire pour quantifier le coût des nouveaux actes législatifs. Ils constatent également que les obligations dinformation génèrent souvent des coûts administratifs considérables pour les entreprises, en particulier pour les PME et préconisent de rationaliser ces obligations.
Adéquation de la réglementation et amélioration de la législation en faveur de la compétitivité
Le Parlement a demandé que des processus tels que des évaluations et le programme pour une réglementation affûtée et performante (REFIT), qui visent à simplifier la législation, soient utilisés plus fréquemment. La simplification nécessite de se concentrer sur des stratégies de mise en uvre intelligentes, en adoptant une approche pragmatique, solide sur le plan juridique et efficace afin dalléger les charges administratives qui pèsent sur les entreprises, en particulier les PME. Dans ce contexte, les députés ont rappelé limportance du principe «Priorité aux PME» en tant que pierre angulaire de lamélioration de la réglementation. Ils ont également encouragé un recours plus large aux bacs à sable réglementaires dans les secteurs davenir, afin de soutenir linnovation, de réduire les coûts de mise en conformité et doffrir une sécurité juridique aux PME.
Le Parlement a salué la promesse la Commission de réduire les obligations de communication dinformations de 25%, mais a souligné que cet objectif ne doit pas porter atteinte à la transparence et au contrôle dans le cadre de la réalisation des objectifs stratégiques de lUnion. Il a demandé une approche plus ambitieuse et de meilleure qualité pour réduire encore davantage tous les coûts réglementaires et invité la Commission et les États membres à intégrer systématiquement des considérations de compétitivité dans les initiatives de simplification.
Enfin, le Parlement a encouragé lusage des outils numériques et de lintelligence artificielle pour simplifier lapplication du droit de lUnion et demandé aux États membres déviter la surenchère règlementaire lors de la transposition des lois européennes.