Union bancaire - rapport annuel 2025
Le Parlement européen a adopté par 376 voix pour, 187 contre et 17 abstentions, une résolution sur lunion bancaire - rapport annuel 2025.
Lunion bancaire vise à préserver la stabilité bancaire et, partant, le système financier, à éviter les renflouements financés par les contribuables, à renforcer la résilience, à permettre une résolution ordonnée, à réduire la fragmentation du marché, à renforcer la protection des déposants et à améliorer la compétitivité, lactivité transfrontière et laccès au financement.
Considérations générales
Tout en saluant les progrès réalisés au cours de la dernière décennie en ce qui concerne le mécanisme de surveillance unique (MSU) et le mécanisme de résolution unique (MRU), le Parlement a demandé que lunion bancaire soit rapidement parachevée, notamment en poursuivant les travaux visant à mettre en place le système européen dassurance des dépôts (SEAD) en tant que troisième pilier, et en adoptant des mesures destinées à approfondir lintégration des marchés et à faciliter la circulation efficace des capitaux et des liquidités au sein des groupes bancaires.
Le Parlement a invité la Commission à donner la priorité à lachèvement de lunion bancaire et de lunion de lépargne et des investissements, attirant lattention sur la nécessité dun cadre solide et résistant, fondé sur des règles et des obligations claires, qui prévienne les paniques bancaires, améliore la stabilité financière et la compétitivité et renforce le secteur bancaire de lUnion.
Soulignant que les taux dintérêt proposés aux ménages et aux PME sont extrêmement disparates dun État membre à lautre, les députés ont encouragé la Commission à envisager de prendre des mesures visant à garantir un meilleur accès au financement à tous les citoyens et à toutes les entreprises, en particulier aux PME qui ont un besoin urgent de capitaux à des taux raisonnables et compétitifs.
Le Parlement a pris acte des progrès accomplis dans les négociations sur leuro numérique en ligne et hors ligne. Il a salué la finalisation par le Conseil, en décembre 2025, de son orientation générale et jugé essentiel que le Parlement arrête sa position dès que possible.
Les députés sont davis que les progrès en ce qui concerne léquilibre de genre dans les établissements financiers, en particulier au niveau de lencadrement, sont limités. Il a invité les établissements financiers, la Commission et les États membres à adopter des stratégies efficaces en matière de diversité, à surveiller les inégalités de genre et à intégrer légalité de genre dans les cadres de surveillance et dinvestissement.
Le Parlement a mis en lumière le rôle important joué par les banques dans le soutien aux PME et aux économies locales. Il a invité la Commission à veiller à ce que toute réglementation reste sensible au risque et insisté sur le fait que les établissements de crédit bénéficiant daides dÉtat doivent agir avec prudence en matière de dividendes, de rachats dactions et de rémunération variable.
La résolution a mis en évidence la nécessité de prendre de nouvelles mesures qui favorisent la numérisation et la simplification tout en maintenant les normes en matière prudentielle, de résilience, de protection des consommateurs ou de stabilité.
Les députés constatent quil subsiste des obstacles importants qui entravent la libération du plein potentiel du marché unique des services financiers de lUnion. Ils ont invité la Commission, les États membres et les organes de lUnion à assortir leurs ambitions de mesures concrètes pour achever la mise en place de lunion de lépargne et des investissements et du marché unique. Ils ont demandé à la Commission de proposer des mesures concrètes visant à accroître la compétitivité des banques de lUnion tout en préservant leur rôle essentiel dans le financement des investissements nécessaires à la réalisation des transitions écologique et numérique de lUnion.
Surveillance
Le Parlement a souligné la nécessité de surveiller le risque de crédit tout en maintenant des fonds propres et des liquidités suffisants pour la résilience du secteur bancaire.
Constatant que les banques sont de plus en plus exposées aux institutions financières non bancaires (IFNB), le Parlement a demandé une surveillance européenne complète du secteur des IFNB et a soutenu la mise en place de tests de résistance à léchelle du système afin dévaluer la résilience fondamentale des marchés. En outre, il a invité la Commission à examiner les lacunes de la boîte à outils de supervision, notamment en ce qui concerne les risques de liquidité et les risques systémiques, et à proposer, le cas échéant, des mesures visant à préserver la stabilité financière.
Le Parlement a déploré le nombre croissant de fermetures dagences bancaires, qui touchent les communautés vulnérables et périphériques, soulignant le rôle des petites banques dans laccès aux services pour les ménages et les petites entreprises. Constatant avec inquiétude que lintelligence artificielle a entraîné des pertes demplois, il a invité les établissements de crédit à mettre en uvre des politiques de reconversion professionnelle et à assurer un contrôle humain dans les décisions automatisées. Face aux risques spécifiques posés par les cryptoactifs, le Parlement a invité lUnion et les autorités nationales à surveiller les expositions, à sattaquer aux risques et aux comportements spéculatifs, à lutter contre la criminalité financière et à protéger les consommateurs.
Résolution
Saluant la réforme du cadre pour la gestion des crises bancaires et la garantie des dépôts (CMDI), le Parlement a mis en évidence la nécessité daccorder une certaine souplesse aux banques de petite et moyenne taille et de doter les autorités compétentes doutils, de données et de mécanismes décisionnels efficaces pour leur permettre de réagir efficacement aux défaillances bancaires.
Les députés ont souligné quen cas de défaillance bancaire, les actionnaires, les créanciers ou les mécanismes financés par le secteur devraient être tenus responsables en premier lieu, et que les fonds publics ne devraient être utilisés quen dernier recours, afin déviter de recourir à largent des contribuables pour le sauvetage des banques. En outre, une exigence minimale suffisante de fonds propres et dengagements éligibles (MREL) est essentielle pour garantir la crédibilité du cadre de résolution et donner aux autorités la flexibilité nécessaire pour appliquer des stratégies de résolution appropriées en cas de crise.
Enfin, le Parlement a réaffirmé son ferme engagement en faveur de la poursuite du développement dun SEAD en tant que troisième pilier de lunion bancaire, rappelant que la proposition relative au SEAD a été présentée en 2015. Il a souligné quun système commun de protection des dépôts est indispensable pour garantir une protection égale des déposants dans lensemble de lUnion, renforcer la stabilité financière et réduire de manière significative les liens qui subsistent entre les banques et les États.