Droits, le soutien et la protection des victimes de la criminalité
Le Parlement européen a adopté par 440 voix pour, 49 contre et 84 abstentions, une résolution législative sur la proposition de directive du Parlement européen et du Conseil modifiant la directive 2012/29/UE établissant des normes minimales concernant les droits, le soutien et la protection des victimes de la criminalité et remplaçant la décision-cadre 2001/220/JAI du Conseil.
Le Parlement européen a arrêté sa position en première lecture en modifiant la proposition de la Commission comme suit:
Dénonciation des infractions pénales
Les victimes doivent pouvoir dénoncer les infractions pénales auprès des autorités compétentes par des canaux gratuits, accessibles, faciles à utiliser, sécurisés et aisément disponibles. La dénonciation dinfractions pénales au moyen des technologies de linformation et de la communication doit être sans préjudice des règles de procédure nationales relatives à la formalisation de cette dénonciation et de la présentation déléments de preuve.
Lorsquune personne autre que la victime dénonce une infraction pénale, les États membres doivent veiller à ce que, si nécessaire, les autorités compétentes prennent des mesures pour protéger la victime avant que lauteur de linfraction ne soit informé quune infraction a été dénoncée.
Toute personne privée de liberté ou dont la liberté est restreinte pourra effectivement dénoncer une infraction pénale qui a été commise dans des centres de rétention ou dhébergement que cette personne nest pas autorisée à quitter ou nest pas en mesure de quitter à son gré ou dans des lieux où sa liberté de circulation est restreinte (ex : prisons, centres de rétention et dhébergement pour les ressortissants de pays tiers en séjour irrégulier, centres d'accueil spécialisés pour les personnes handicapées, les enfants et les personnes âgées).
Lorsque des enfants entrent en contact avec les autorités compétentes pour dénoncer des infractions pénales, les procédures de dénonciation doivent être sûres, menées de manière confidentielle, ainsi quaccessibles et conçues dune manière adaptée aux enfants. Lorsque le titulaire de lautorité parentale est impliqué dans une infraction pénale et quil y a un conflit dintérêts entre ce dernier et lenfant victime, la capacité de lenfant victime à dénoncer linfraction pénale ne doit pas être subordonnée au consentement du titulaire de lautorité parentale. Les autorités compétentes doivent prendre les mesures nécessaires pour protéger la sécurité de lenfant avant dinformer le titulaire de la responsabilité parentale quune infraction pénale a été dénoncée.
Les victimes qui sont des ressortissants de pays tiers, quel que soit leur statut de résident, ne doivent pas être dissuadées de dénoncer une infraction pénale et doivent être traitées de manière non discriminatoire.
Lignes d'assistance aux victimes
Les États membres doivent mettre en place des lignes dassistance aux victimes accessibles, faciles à utiliser, sécurisées, gratuites et confidentielles. Ces lignes dassistance doivent être joignables par téléphone via un numéro dappel valable dans toute lUnion pour les appels nationaux, à savoir le «116 006», en plus de tout numéro de téléphone national existant. Ces services pourront être fournis au moyen dautres technologies de linformation et de la communication sécurisées et accessibles, y compris des applications en ligne et des sites internet.
Outre le numéro dappel valable dans toute lUnion pour les appels nationaux, les lignes dassistance téléphonique doivent être joignables au moyen dun numéro spécifique pour les appels internationaux destinés aux victimes ayant subi un préjudice dans un État membre autre que leur État membre de résidence. Lorsque les services sont fournis au moyen de technologies de linformation et de la communication, ces services doivent être disponibles dans une langue que la victime peut comprendre, par exemple au moyen de technologies de traduction et dinterprétation.
Droit de recevoir des informations relatives à l'affaire
La victime doit être rapidement informée au moment de la remise en liberté, notamment de la libération sous contrôle judiciaire, ou en cas dévasion de la personne placée en détention provisoire, poursuivie ou condamnée pour des infractions pénales concernant la victime. En outre, elle doit être informée de toute mesure prise en vue de sa protection en cas de remise en liberté ou dévasion de lauteur de linfraction.
Services daide aux victimes
Les États membres doivent prendre des mesures pour mettre en place des services daide spécialisés confidentiels et gratuits en plus des services généraux daide aux victimes ou dans le cadre de ceux-ci, ou pour permettre aux organisations daide aux victimes de faire appel à des entités spécialisées fournissant un tel soutien spécialisé. Les services daide spécialisés doivent rester pleinement opérationnels pour les victimes en temps de crise, telle quune crise sanitaire, une situation humanitaire ou un autre état durgence.
Les services d'aide doivent fournir aux victimes des informations, des conseils et un soutien pour les droits des victimes, un soutien psychologique, un soutien ciblé et intégré, ainsi que des informations et, le cas échéant, une orientation vers des services fournissant des examens médicaux et médico-légaux. Les États membres doivent donner accès en temps utile aux services de soins de santé, y compris aux services de soins de santé sexuelle et génésique, aux victimes de violences sexuelles.
Les services daide aux victimes doivent accorder une attention particulière aux besoins spécifiques des victimes qui ont subi un préjudice considérable en raison de la gravité de linfraction. En outre, les États membres doivent prendre les mesures nécessaires pour garantir la disponibilité de services daide ciblés et intégrés adaptés aux enfants victimes, y compris lorsquils sont témoins dune infraction.
Laccès aux mesures de soutien et de protection doit également pouvoir être accordé aux victimes qui ont subi un préjudice supplémentaire, tel que la privation de dignité, résultant de la glorification dinfractions pénales graves, notamment la provocation publique à commettre une infraction terroriste.
Droit à l'aide juridictionnelle
Les victimes qui ont le droit de devenir partie à la procédure pénale et qui ne disposent pas de moyens suffisants pour payer lassistance dun avocat au cours de la procédure pénale doivent avoir accès à laide juridictionnelle, y compris, le cas échéant, aux fins dune demande dindemnisation. Elles bénéficient en outre du droit à une aide dans les locaux des juridictions, du droit déviter tout contact avec lauteur de linfraction, du droit à linformation concernant les décisions prises au cours de la procédure juridictionnelle et du droit de réexamen.
Sensibilisation et information
Les fonctionnaires susceptibles dentrer en contact avec les victimes doivent recevoir une formation générale et spécialisée afin de les sensibiliser davantage aux besoins de celles-ci en tenant compte, le cas échéant, du traumatisme, du sexe, du handicap et de la spécificité de lenfant, et déviter toute victimisation secondaire. Les États membres doivent prendre les mesures pour sensibiliser lopinion sur les droits énoncés dans la directive, réduire le risque de victimisation et les risques de victimisation secondaire et répétée, dintimidations et de représailles, en particulier en ciblant les groupes à risque tels que les enfants et les victimes de violences fondées sur le genre.