Coordination des systèmes de sécurité sociale
Le Parlement européen a adopté par 511 voix pour, 87 contre et 61 abstentions, une résolution législative sur la proposition de règlement du Parlement européen et du Conseil modifiant le règlement (CE) nº 883/2004 portant sur la coordination des systèmes de sécurité sociale et le règlement (CE) nº 987/2009 fixant les modalités dapplication du règlement (CE) nº 883/2004.
Le règlement modificatif introduit des critères plus clairs pour déterminer quel pays applique la législation en matière de sécurité sociale aux travailleurs de lUE qui vivent ou travaillent dans un autre État membre. Il encourage également les États membres à partager rapidement les informations nécessaires afin de détecter les erreurs ou les fraudes, y compris les pratiques abusives, comme les sociétés fictives.
Le Parlement européen a arrêté sa position en première lecture en modifiant la proposition comme suit:
Détermination de la législation applicable
Les personnes auxquelles le présent règlement est applicable ne sont soumises qu'à la législation d'un seul État membre. Les personnes auxquelles est servie une prestation en espèces du fait de lexercice de leur activité salariée ou non salariée sont considérées comme exerçant cette activité. Cela ne sapplique pas aux pensions dinvalidité, de vieillesse ou de survivant, ni aux rentes pour accident du travail ou maladie professionnelle, ou aux prestations en espèces pour des soins de longue durée octroyées à la personne nécessitant des soins.
Travailleurs détachés dans un autre État membre
La personne qui exerce une activité salariée dans un État membre pour le compte dun employeur y exerçant normalement ses activités, et que cet employeur envoie pour effectuer un travail pour son compte dans un autre État membre, restera soumise à la législation du premier État membre, à condition que la durée prévisible de ce travail nexcède pas vingt-quatre mois et que cette personne ne remplace pas un autre travailleur salarié envoyé précédemment ou un travailleur non salarié. Pour lutter contre la fraude, ces travailleurs doivent avoir été affiliés à la sécurité sociale dans leur pays d'origine pendant au moins trois mois avant d'être envoyés à l'étranger.
La personne qui exerce une activité salariée ou non salariée dans un État membre tout en percevant des prestations de chômage servies par un autre État membre sera soumise à la législation de lÉtat membre qui verse les prestations de chômage.
Notification préalable obligatoire
Lorsquun travailleur salarié ou non salarié exerce son activité dans un État membre autre que lÉtat membre compétent, il conviendra den informer préalablement linstitution compétente de lÉtat membre dont la législation est applicable et de demander une attestation. Cela ne s'appliquera pas aux voyages d'affaires et aux détachements de courte durée d'un maximum de trois jours sur une période de trente jours consécutifs, bien que le secteur de la construction ne soit pas couvert par cette exception.
Travail dans deux ou plusieurs États membres
Aux fins de la détermination du siège social ou du siège dexploitation dune entreprise, lorsquune personne exerce des activités dans deux ou plusieurs États membres, il sera tenu compte dune série de facteurs afin de déterminer où sont adoptées les décisions essentielles de lentreprise et où sont exercées les fonctions dadministration centrale. Parmi ces facteurs figurent, par exemple, le chiffre daffaires, les lieux où se tiennent ses assemblées générales et le caractère habituel de lactivité exercée.
Prestations de chômage
En vertu du texte amendé, un chômeur conservera son droit aux prestations pendant une durée de six mois à compter de la date à laquelle il a cessé dêtre à la disposition des services de lemploi de lÉtat membre quil a quitté, sans que la durée totale pour laquelle des prestations sont servies puisse excéder la durée totale des prestations auxquelles il a droit en vertu de la législation de cet État membre. Cette période pourra être prolongée par les services ou institutions compétents jusquau terme de la durée du droit aux prestations de ce chômeur.
Pour les travailleurs frontaliers, il est précisé quel État membre est responsable du paiement des prestations. Si un travailleur frontalier a été salarié, indépendant et/ou assuré pendant une période ininterrompue de 22 semaines dans un État membre autre que son pays de résidence, les prestations seront versées par le pays dans lequel il travaille.
Prestations de maladie, pour des soins de longue durée, de maternité et de paternité assimilées
Le règlement met en place un cadre juridique stable pour les prestations pour des soins de longue durée, qui maintient, comme règle générale, la coordination des prestations de maladie et inclut une définition claire et une liste de ces prestations. Les prestations pour des soins de longue durée font référence aux prestations ayant pour finalité principale de répondre aux besoins en matière de soins dune personne qui, en raison dune déficience due, par exemple, à un âge avancé, un handicap ou une maladie, nécessite une assistance considérable de la part dautres personnes pour effectuer les activités essentielles de la vie quotidienne pendant une période prolongée.
Le règlement opère également une distinction plus claire entre les prestations familiales en espèces, destinées à remplacer le revenu lorsqu'une personne abandonne ou réduit son travail pour élever un enfant, et les autres prestations familiales. Lobjectif est de favoriser un partage plus équitable des responsabilités en matière déducation des enfants et supprimera les éventuels obstacles financiers pour les parents qui réduisent leur temps de travail pour soccuper de leur enfant.
Selon les nouvelles règles, une personne assurée et les membres de sa famille qui séjournent dans un État membre autre que lÉtat membre compétent pourront bénéficier des prestations en nature qui savèrent nécessaires du point de vue médical ou en raison dun besoin en soins de longue durée au cours du séjour, compte tenu de la nature des prestations et de la durée prévue du séjour. Ces prestations seront servies pour le compte de linstitution compétente, par linstitution de lÉtat membre de séjour, conformément aux dispositions de la législation de cet État membre, comme si la personne concernée était assurée en vertu de cette législation.
Numérisation
Les États membres devront veiller à ce que les employeurs ou les personnes concernées puissent, sous réserve de létablissement des procédures pertinentes, accéder à une demande de détermination de la législation applicable en matière de sécurité sociale et accomplir la procédure intégralement en ligne.