Nécessité d'une stratégie de l'Union pour lutter contre l'entrisme islamiste et l'influence du réseau des Frères musulmans
Le Parlement européen a adopté, par 381 voix pour, 167 contre et 15 abstentions, une résolution sur la nécessité dune stratégie de lUnion européenne visant à lutter contre lentrisme islamiste et linfluence du réseau des Frères musulmans.
La résolution a été déposée par le groupe PPE.
La résolution souligne que lislam, en tant que religion, nest pas intrinsèquement politique ni hostile, et que la grande majorité de ceux qui pratiquent lislam en tant que religion rejettent la violence contre les civils au nom de lislam. Lislamisme politique ne doit pas être présenté comme synonyme de lislam en tant que tel, ni comme représentatif de celui-ci, mais doit plutôt être compris comme un phénomène politique distinct, caractérisé par linstrumentalisation politique dune interprétation particulière de lislam. Le Parlement a souligné que la critique dune idéologie politique ne doit pas être assimilée à une attaque contre une religion.
La stratégie dentrisme islamiste repose notamment sur la confusion délibérée entre lislam en tant que religion, qui relève de la liberté de conscience, et lislam politique en tant que projet sociétal, qui vise à faire primer sur le droit commun des normes collectives, des régimes dérogatoires ou des allégeances communautaires. Un tel projet peut contribuer au développement de communautés parallèles et à des pratiques incompatibles avec les principes démocratiques et les valeurs de lUnion européenne.
Le Parlement a condamné les stratégies dentrisme religieux, et en particulier islamiste, quil qualifie de forme inacceptable dingérence dissimulée et malveillante visant à affaiblir les institutions démocratiques, létat de droit et la neutralité des institutions publiques. Il a cité les Frères musulmans comme exemple de réseaux islamistes transnationaux opérant par le biais dassociations, de fondations et dorganisations culturelles, éducatives, religieuses, caritatives et sociales, plutôt que par le seul biais dune adhésion formelle.
La résolution a également déploré la montée de lantisémitisme en Europe et condamné les tentatives visant à exploiter le conflit israélo-palestinien pour promouvoir des discours antisémites et aggraver la polarisation au sein des sociétés européennes. Elle a exprimé son inquiétude face aux stratégies dinfluence, de structuration, de légitimation institutionnelle et de reconstitution mises en uvre par des réseaux liés aux Frères musulmans ou inspirés par ceux-ci dans plusieurs États membres.
Dans ce contexte, le Parlement a appelé à la mise en place dune méthode européenne permettant didentifier les signes dentrisme islamiste, notamment la confusion entre religion et politique, le double discours institutionnel, lopacité financière, la récurrence de certains partenariats, les liens avec des réseaux identifiés, la production de rapports militants et lutilisation abusive présumée des cadres de lutte contre la discrimination.
Il a également estimé que le fait de se dissimuler le visage dans les espaces publics et les lieux ouverts au public posait des défis en matière de sécurité publique, didentification et dapplication de la loi. Il a soutenu les mesures nationales interdisant le port de voiles intégral, y compris le niqab et la burqa, dans ces espaces et lieux ouverts au public, y voyant une mesure nécessaire pour garantir la cohésion sociale, la sécurité publique et la protection des droits et libertés dautrui, en particulier des femmes.
Les députés ont déploré linvitation adressée au Forum des organisations européennes de jeunesse et détudiants musulmans (FEMYSO) au Parlement européen le 21 septembre 2026 par des députés de The Left et des Verts. Ils ont demandé que les organisations liées au Conseil des musulmans européens, y compris le FEMYSO, se voient refuser laccès aux institutions de lUnion européenne, soient radiées du registre de transparence de lUnion européenne et soient exclues des événements et réunions institutionnels où leur participation pourrait légitimer des stratégies présumées dentrisme liées aux Frères musulmans.
Le Parlement a également appelé le Conseil à inscrire les entités et les personnes liées aux Frères musulmans sur la liste européenne des organisations terroristes dès lors que les critères prévus par la position commune 2001/931/PESC sont remplis, et à appliquer les mesures restrictives correspondantes. Le Parlement sest félicité des initiatives des États membres visant à établir des listes nationales de prédicateurs de haine et a demandé létablissement dune telle liste au niveau de lUnion.
La Commission est invitée à :
- veiller à ce que la promotion active des idéologies islamistes qui prônent la soumission des femmes, lantisémitisme ou la haine à légard des chrétiens ait des conséquences juridiques et administratives appropriées, y compris en ce qui concerne laccès aux financements publics, aux prestations sociales et au soutien institutionnel;
- veiller à ce quaucun fonds de lUE ne puisse parvenir à, ni profiter, directement ou indirectement, à des entités, partenaires, contractants, sous-traitants, bénéficiaires effectifs, bénéficiaires finaux ou destinataires liés à des réseaux figurant sur la liste européenne des organisations terroristes;
- fournir un aperçu complet de tous les cas d'octroi de fonds de l'UE à des personnes et entités soupçonnées d'avoir des liens avec les Frères musulmans ou l'islam politique;
- garantir la transparence des financements, des partenariats, des bénéficiaires et de l'application des critères d'exclusion, ainsi qu'une traçabilité totale tout au long des chaînes de financement;
- tirer pleinement parti du règlement financier, notamment du système de détection précoce et dexclusion (EDES), lorsque des personnes et des entités favorisent lentrisme islamiste, la radicalisation, lantisémitisme, le terrorisme, lincitation à la discrimination, à la haine ou à la violence, ou toute autre activité incompatible avec les valeurs de lUE;
- renforcer le contrôle des financements étrangers, des opérations dinfluence, de la mobilité associative et des partenariats transnationaux susceptibles de contribuer à la légitimation institutionnelle des réseaux islamistes en Europe, en particulier lorsquils impliquent des acteurs liés au Qatar ou à la Turquie.