Lutte contre la fraude à la TVA – l’efficacité de la coopération transfrontière en matière de fraude à la TVA et son incidence sur le budget de l’Union
Le Parlement européen a adopté par 357 voix pour, 274 contre et 31 abstentions, une résolution sur la lutte contre la fraude à la TVA - lefficacité de la coopération transfrontière en matière de fraude à la TVA et son incidence sur le budget de lUnion.
La fraude intracommunautaire à lopérateur défaillant (fraude MTIC), communément appelée «fraude carrousel», est lune des menaces les plus graves et structurellement enracinées pour lintégrité des ressources propres de lUnion.
Lutte contre la fraude à la TVA dans le cadre financier pluriannuel (CFP) pour laprès-2027
Le Parlement a réitéré ses appels mettant en lumière la nécessité dune action coordonnée au niveau de lUnion contre la fraude transfrontière à la TVA. Il a invité lUnion et ses États membres à renforcer la coopération administrative, judiciaire et répressive et à mettre en place le système multilatéral dalerte précoce pour la fraude carrousel.
Les députés ont réaffirmé que larchitecture antifraude doit être renforcée en vue du CFP pour laprès-2027 et que le Parquet européen et lOffice européen de lutte antifraude (OLAF) doivent trouver des solutions efficaces pour exercer leur mandat dans le cadre des infractions transfrontières graves en matière de TVA. Ils ont rappelé que les cas de fraude carrousel se sont multipliés en raison de limplication croissante des réseaux criminels organisés, et quune intensification des échanges et une meilleure coordination entre les composantes de larchitecture antifraude sont dès lors nécessaires.
Les députés ont demandé que le CFP 2028-2034 comprenne des dispositions claires, des ressources suffisantes et des instruments appropriés pour soutenir une action effective contre lactivité économique informelle et la fraude à la TVA. Le programme pour le marché unique et les douanes pour la période 2028-2034 devrait soutenir des activités qui renforcent larchitecture antifraude de lUnion, améliorent le signalement des irrégularités à lOLAF et au Parquet européen, renforcent la coopération avec lUnion et avec les autorités de contrôle, daudit et denquête, et encouragent lutilisation doutils numériques interopérables pour la détection et la prévention de la fraude.
La résolution a souligné que les États membres devraient veiller à ce que leurs autorités douanières compétentes et leurs autorités compétentes en matière de TVA mettent en place des mécanismes de coordination régulière, notamment dans le cadre dEurofisc, afin de faciliter la détection de divergences qui pourraient indiquer une fraude à la TVA et la transmission en temps utile des données pertinentes à Eurofisc, au Parquet européen et à lOLAF. Elle a réaffirmé que les lanceurs dalerte devraient jouir dune protection juridique effective afin de faciliter la détection et la prévention des fraudes.
Coopération transfrontière - combler le manque dinformation
Le Parlement a invité la Commission, au titre du CFP pour laprès-2027, à garantir un financement et des effectifs suffisants à lOLAF et au Parquet européen afin de renforcer les capacités danalyse des données, la coordination opérationnelle, les enquêtes et les mesures de recouvrement liées à la fraude à la TVA, ainsi quà Eurofisc, par lintermédiaire du programme pour le marché unique et les douanes.
Le Parlement a invité la Commission à soutenir les actions visant à renforcer lefficacité opérationnelle dEurofisc. Il a invité les États membres à renforcer leur coopération mutuelle au sein dEurofisc et demandé en outre à Eurofisc dengager, chaque fois que cela est approprié, la procédure visant à suspendre les numéros didentification TVA dans le système VIES lorsquil existe des indices sérieux de fraude à la TVA. La Commission est invitée à déterminer comment mettre en place une coopération adéquate entre Eurofisc et les cellules nationales de renseignement financier. Il importe par ailleurs de contrôler efficacement les demandes dimmatriculation à la TVA.
La Commission est invitée à:
- évaluer dans quelle mesure les données communiquées par les prestataires de services sur crypto-actifs au titre de la directive (UE) 2023/2226 du Conseil (DAC 8), ont contribué à détecter les produits de la fraude à la TVA;
- recenser les vulnérabilités structurelles de larchitecture de transaction du système déchange de quotas démission de lUnion (SEQE 2) et y remédier avant que le système ne devienne opérationnel;
- veiller ce que les données de déclaration numérique en temps réel générées dans le cadre des obligations de facturation électronique et de déclaration numérique soient techniquement interopérables avec loutil ART dEurofisc et accessibles à lOLAF et au Parquet européen;
- donner aux États membres les moyens de collaborer plus étroitement au quotidien afin déchanger de manière fluide les informations relatives aux cas de fraude à la TVA dès quelles sont connues.
Réforme de larchitecture antifraude de lUnion
Le Parlement estime que le réexamen de larchitecture antifraude par la Commission est loccasion de mettre en place un cadre antifraude de lUnion véritablement intégré en temps utile pour le CFP pour laprès-2027. La protection des recettes de lUnion devrait être lune des priorités stratégiques dans le cadre de cette révision.
Le Parlement a demandé une révision approfondie de larchitecture antifraude de lUnion afin de prévenir et détecter la fraude à la TVA, faciliter le recouvrement des montants concernés et remédier à linefficacité des services chargés des poursuites et à linsuffisance des garanties en matière de lutte contre la corruption. Il a préconisé des mesures de précaution fondées sur les risques, des recommandations ciblées et un paquet législatif concret révisant notamment les règlements OLAF et Parquet européen. Il a réclamé des mesures pour remédier au sous-signalement des fraudes, la mise en place de canaux de communication adéquats, une gouvernance renforcée, des rapports réguliers assortis dindicateurs de performance et une coopération opérationnelle structurée entre les organes de lutte contre la fraude de lUnion et lALBC. Il a demandé un système intégré de suivi pour les dépenses de lUnion, ainsi que lexclusion effective des opérateurs impliqués dans des fraudes ou irrégularités graves.
Enfin, la Commission est invitée à proposer un acte législatif clair garantissant que les montants recouvrés auprès des fraudeurs à la suite denquêtes menées par le Parquet européen et liés à une atteinte aux intérêts financiers de lUnion sont dûment reversés au budget de lUnion.