Cisjordanie et Bande de Gaza: aide économique future de l'Union
1995/2273(COS)
La commission a adopté le rapport de M. Per GAHRTON.
Elle considère que la gravité de la situation économique et la pauvreté de
la région sont autant de facteurs susceptibles "de favoriser l'expansion du
fondamentalisme religieux qui pourrait conduire au terrorisme". L'Union se
doit de contribuer au développement d'une stratégie d'assistance globale.
D'où l'appui des parlementaires au programme d'action global de la
Commission "en faveur d'un territoire palestinien autonome démocratique , où
le respect des droits de l'homme" doit être garanti et où la lutte contre
le terrorisme doit être poursuivie. Ils veulent aussi un soutien aux
initiatives permettant "l'intégration complète de toutes les forces et de
tous les mouvements qui, tout en ayant une appréciation différente du
processus de paix, refuse le terrorisme en tant qu'instrument de lutte
politique". Autant de défis qui exigent une mobilisation générale. Pour ce
faire, la commission préconise une meilleure coordination de l'assistance,
tant entre l'UE et d'autres pays donateurs qu'entre chacun des Etats
membres. Elle souhaite une plus grande contribution des Etats arabes, ceci
afin de donner un signe concret de leur approbation du processus de paix.
Pour la commission, l'assistance économique est primordiale et doit
s'accompagner d'un appel "du monde démocratique" aux autorités du
territoire palestinien autonome "qu'un abus de pouvoir n'est jamais
autorisé dans un Etat de droit démocratique quelle que soit la normalité de
la situation". La commission estime que "le processus de paix est
extrêmement tendu" et que l'aide de l'Union peut, pour l'essentiel,
s'inscrire dans le cadre du plan d'action de la Commission axé sur trois
volets majeurs : attribution des pouvoirs politiques, institutionnels et
économiques.
L'Union doit :
- contribuer à l'intégration des "palestiniens à l'étranger" dès qu'ils
seront en mesure de retourner dans leur pays. En s'y référant, elle se
prononce "pour une aide communautaire spéciale" pour "faciliter le retour
des colons juifs en Israël" ce qui permettrait "de résoudre le problème du
retour des réfugiés palestiniens et celui du départ des Israéliens des
colonies juives de peuplement". - favoriser l'émergence "de structures
gouvernementales et administratives" pour permettre au territoire
palestinien autonome d'être en mesure de gérer efficacement de nouveaux
problèmes, notamment la gestion des services de soin et de santé.
- contribuer fortement, et cela est essentiel pour la cohésion de la
société, au maintien d'activité sociales saines qui sont menacées
d'interruption par manque de moyens. Il faut venir en aide aux catégories
sociales les plus défavorisées, notamment les personnes handicapées et les
arriérés mentaux. En effet, "ce renforcement des infrastructures sociales de
l'autorité palestinienne est essentiel" car du fait des déficiences
actuelles, "des organisations qui s'opposent au processus de paix, tel le
HAMAS," ont fourni des services de ce type.
- élargir son aide " aux véritables mouvements populaires (ONG), à
condition que cette aide ne parvienne ni au HAMAS, ni à des organisations
proches du HAMAS.
- aider les Palestiniens à mettre en place des équipements techniques et
financiers.
En matière d'aide économique, l'Union doit en priorité:
- d'une part, d'aider les secteurs palestiniens public et privé à créer des
emplois aussi rapidement que possible par la création de zones
industrielles,
- d'autre part, établir un cadre légal et une infrastructure physique
moderne pour permettre à l'économie de fonctionner avec efficacité (eau,
télécommunications, électricité...).
- mais, le critère de l'équilibre budgétaire ne doit pas empêcher l'Autorité
palestinienne de prendre des mesures sur le plan social, pas plus qu'il ne
peut s'opposer au renforcement du secteur public.
Dans le domaine des relations commerciales, en ce qui concerne les produits
agricoles palestiniens, la commission des affaires étrangères évoque la
nécessité de consentir de nouvelles facilités pour renforcer les échanges
entre l'UE et la Palestine. Il faut surtout accorder la priorité aux axes
mis en évidence par la Commission en matière de politique commerciale, à
savoir:
- la conclusion d'accords bilatéraux avec l'Union européenne et d'autres
pays industrialisés, - la coopération régionale en matière de transports,
d'approvisionnement en eau et énergie.
- la création d'un climat d'entreprise visant à promouvoir l'investissemnt
privé,
- la couverture de l'assurance des risques d'investissements.
Les relations bilatérales entre l'UE et la Cisjordanie/bande de Gaza
devraient être renforcées en soutenant la volonté des territoires de
participer "à part entière à la politique visant à la mise sur pied d'un
partenariat euro-méditerranéen et par la conclusion d'un accord intérimaire,
préalable à un accord d'association méditerranéen qui aille necessairement
dans le droit fil de l'accord israelo-palestinien d'Oslo 1993.
dans le domaine de l'environnement, il n'y a pas de développement sans une
bonne gestion de l'eau et des ressources énergétiques. C'est la raison pour
laquelle, l'Union européenne devra contribuer à résoudre le problème de la
gestion des ressources hydrauliques de la région, tant au niveau technique
que politique. Il lui appartient également d'accorder une aide particulière
pour des installations de déssalement des eaux, à condition que celles-ci
fonctionnent à l'aide de sources d'énergie disponibles, et non par un
investissement dans l'énergie nucléaire. Elle devra aussi inclure dans ses
actions une dimension environnementale, ceci pour éviter au territoire
palestinien autonome de commettre les mêmes erreurs que les pays
industrialisés.