Politique méditerranéenne: suivi de la Conférence de Barcelone 1995
1996/2113(COS)
La commission (Président : Tom SPENCER (PPE, RU) reconnaît que la Conférence
de Barcelone du 14 décembre 1995 a été un succès et que les souhaits du
Parlement ont été pris en compte. Aujourd'hui cependant, il faut aller plus
loin, tant d'un point de vue politique qu'économique, pour concrétiser "un
objectif commun" en vue de la stabilité intérieure et extérieure" des deux
rives de la Méditerranée.
C'est ainsi que, par le rapport Jannis SAKELLARIOU (PSE, D) adopté hier à la
quasi unanimité par la commission, le Conseil est invité à adopter des
actions communes pour faciliter la concrétisation d'un partenariat politique
et pour contribuer à une meilleure sécurité. En matière de droits de
l'homme, et pour les faire respecter, il faut un accord entre tous les
participants du partenariat et, pour le contrôler, mettre sur pied une
instance qui serait susceptible d'assurer et de forcer le respect de
l'accord. Pour sa part, la Commission européenne doit présenter chaque année
un rapport spécial sur la situation des droits de l'homme dans les 12 pays
tiers signataires de la Déclaration. Pour établir la confiance, il convient
également de définir des politiques communes en matière de prévention des
conflits. Et pour ce faire, envisager la création d'un corps de paix civil
européen pour renforcer l'action humanitaire, ainsi qu'une Unité
d'observation civile commune. Cette dernière serait chargée d'étudier
l'opportunité de constituer à l'avenir une troupe de maintien de la paix
regroupant tous les partenaires qui adhéreraient à cette idée. Toujours dans
cette optique, des actions doivent être entreprises en vue de limiter les
armements et favoriser le désarmement en Méditerranée. D'où la demande de
voir la prochaine Conférence se prononcer pour la mise en place d'une zone
dénucléarisée dans la région. La stabilité passe également par la croissance
économique et l'Union est invitée à agir pour, dans le cadre des
organisations internationales compétentes, réduire la dette des pays
méditerranéens. Par ailleurs, tout doit être fait pour développer le système
financier des pays méditerranéens (développement de bourses, produits
financiers collectifs, banques d'affaires, recyclage vers le Sud des
capitaux détenus par les immigrés...). D'autres actions doivent être
envisagées en matière énergétique et de protection de l'environnement.
Enfin, et parce que tout doit être fondé sur la compréhension mutuelle, la
Commission européenne et le Conseil sont invités à agir résolument contre le
racisme et la xénophobie au sein de l'Union. D'où la demande de création
d'un cadre contractuel de l'immigration et l'élaboration d'une Charte des
droits du migrant.