Relations CE/Chine: vers un partenariat global
1998/2067(COS)
C'est à l'unanimité que la commission a adopté le rapport de M. Pierre
BERNARD-REYMOND (PPE, F) relatif à la communication de la Commission
européenne, intitulée "Vers un partenariat global avec la Chine". La
proposition de résolution prend acte avec satisfaction de l'évolution
économique survenue en Chine et de la nécessité, pour l'UE, de les prendre
en compte pour adapter sa politique à l'égard de ce pays. Si la commission
des affaires étrangères approuve les cinq orientations de la Commission
européenne, elle n'en demeure pas moins préoccupée par la persistance de
problèmes aigus, en particulier dans le domaine politique, notamment en ce
qui concerne le respect des droits de l'homme. Elle s'efforce donc de
dresser un inventaire des problèmes qui restent à résoudre afin de pouvoir
mettre en place un partenariat complet avec la Chine.
Sur le plan politique, la proposition de résolution rappelle les principes
démocratiques - tels que le respect des droits de l'homme, des droits
syndicaux, du droit d'association, la liberté d'expression, le pluralisme
politique ou encore l'abolition de la peine de mort - sur lesquels doit
reposer un système économique et politique moderne. Il se penche également
sur des situations très concrètes, comme la situation des prisonniers ou le
travail des enfants.
La situation au Tibet ou les relations avec Taïwan sont d'autres points
sensibles. Sur le Tibet, le rapport demande que des négociations s'engagent
sur la base de la reconnaissance de l'autonomie administrative culturelle et
religieuse du peuple tibétain et qu'on lui applique, comme dans d'autres
régions de Chine, le principe de "un pays, des cultures". A propos de
Taïwan, le rapport souhaite que les tensions diminuent et qu'une coopération
se développe dans tous les secteurs. La commission a adopté un amendement
déposé par son rapporteur qui se félicite de la visite à Pékin d'un
représentant de Taïwan et appelant de ses voeux une évolution permettant à
Taïwan de conserver son gouvernement, son armée, son système démocratique,
tout en participant à nouveau pleinement au destin de la nation chinoise.
Sur le plan international, le rapport invite la Chine à prendre plusieurs
initiatives, comme la ratification des conventions des Nations Unies sur les
droits économiques, sociaux et culturels et sur les droits civils et
politiques ou la signature et la ratification du traité d'Ottawa, sur les
mines anti-personnel ou encore le statut de la Cour pénale internationale.
Si des demandes sont adressées au gouvernement chinois, le rapport souligne
également le rôle que l'UE peut jouer dans cette transition vers une société
chinoise plus démocratique, notamment par le biais de sa politique
commerciale. C'est ainsi qu'il est demandé qu'une clause relative aux droits
de l'homme soit incluse lors du renouvellement de l'accord commercial et de
coopération de 1985. Sur le plan économique également, la commission des
affaires étrangères émet plusieurs demandes. Notamment, une meilleure
protection des investissement étrangers et des droits de propriété
intellectuelle, une réforme du système fiscal et juridique ou encore le
respect des règles de l'OIT, en particulier en ce qui concerne le travail
des prisonniers et des enfants. M. BERNARD-REYMOND s'est félicité de
l'adoption de ce rapport. "Les relations avec la Chine, a-t-il souligné,
doivent être marquées d'une double exigence, celle de la vigilance et celle
du dialogue constructif".