Politique audiovisuelle: renforcement de l'industrie des programmes. Livre vert
1994/2068(COS)
Dans ses observations, le Comité fait remarquer que le Livre vert renonce
délibérément à exposer les retombées éventuelles en termes de politique
socio-économique d'une concurrence effrénée dans l'audiovisuel qui
aboutirait sans aucun doute à la domination du marché européen par quelques
groupes médiatiques, le plus souvent extra-européens, ce qui constituerait
une menace pour l'identité culturelle. Il souligne que les processus de
concentration dans les médias s'accélèrent eux-aussi et requièrent
d'urgence des mesures de réglementation. Dans les réponses aux questions
posées par le Livre vert, il est notamment précisé que : - l'adoption de
définitions communes serait à plusieurs titres pertinente et nécessaire pour
la définition de la limitation des processus de concentration des médias
comme pour la détermination des conditions de promotion. Enfin, les mesures
d'incitation à l'investissement dans la production de programmes devraient
porter essentiellement sur la promotion de la production de programmes ayant
un intérêt culturel ou sur l'achat de leurs droits; - en ce qui concerne la
chronologie des médias, compte tenu des la diversité des intérêts en
présence et des rapports de dépendance en jeu lors de la production de
films, ainsi que de la multiplication prochaine des canaux de diffusion du
fait de la numérisation, un réexamen approfondi des dispositions en la
matière s'impose; - le meilleur moyen de stimuler la distribution
paneuropéenne serait d'offrir d'abondantes informations sur les produits
dans les principales langues européennes et si possible dans toutes. Ce
dispositif pourrait par exemple être financé par des déduction opérées sur
les recettes de la publicité télévisée ("ecot publicitaire"); - l'idée selon
laquelle une promotion des entreprises prenant en compte la globalité de
leurs activités va dans le sens d'une stratégie de croissance, pourrait être
un raccourci dangereux. Une approche plus concrète consistant en l'octroi
d'incitatifs financiers projet par projet serait plus efficace. Le CES est
résolument favorable, pour les raisons ci-dessus évoquées, à la mise en
place d'un cadre coopératif d'échanges et de réflexion en vue de favoriser
la convergence des systèmes nationaux de soutien. Ce cadre devrait
s'articuler autour des éléments de réflexion relatifs à un système
paneuropéen de prélèvement, tel qu'il est esquissé au paragraphe 5.3.2. du
Livre vert en particulier au point ii). Ces réflexions devrait avoir pour
objectif l'adoption au niveau communautaire, et au-delà, de mesures
concrètes de soutien financier des programmes audiovisuels représentatifs
de la culture européenne.