Agenda 2000: le cadre financier de l'Union 2000-2006, le système de financement futur
1997/2182(COS)
La commission a adopté le rapport COLOM I NAVAL (PSE, E) sur le cadre
financier de l'Union et le système de financement futur pour l'après 2000.
Elle estime que "déclarer l'actuel plafond des ressources propres de 1,27 %
du P.N.B. comme intangible... est prématuré".
Pour la commission, la Commission européenne, dans Agenda 2000, n'a pas
procédé à une estimation de besoins pour le futur des politiques
communautaires pour les Quinze et les pays candidats. Elle estime que cette
approche n'est pas à la hauteur de l'ambition du projet d'élargissement et
juge que déclarer dès aujourd'hui l'intangibilité du plafond des ressources
propres risque de sous-évaluer les problèmes réels.
La commission exprime son étonnement face au cadre macro-économique présenté
par la Commission européenne dans Agenda 2000. Elle souligne que la
croissance escomptée de 2,5 % par an pourrait être surestimée. Ce qui risque
de créer de faux espoirs sur la possibilité d'assurer le succès de
l'élargissement sans coûts supplémentaires. Elle attire l'attention du
Conseil européen sur les risques de fonder toute l'analyse financière sur
des prévisions par trop aléatoires. Elle reconnaît l'utilité d'un cadre
financier sur une durée suffisamment longue après l'an 2000 mais considère
que le succès de l'élargissement nécessite une sérénité budgétaire fondée
sur un accord interinstitutionnel (AII) accompagné de perspectives
financières correspondantes.
Ces nouvelles perspectives financières (PF) devraient être révisées
automatiquement dès la signature d'un Traité d'adhésion avec un ou plusieurs
pays candidats. Mais aussi si les réformes appropriées des politiques
agricole et structurelle n'étaient pas menées à bien ou encore si le taux de
croissance prévu ne se réalisait pas. A l'occasion de cette révision, il
faudra vérifier l'état des négociations ainsi que les résultats d'une
éventuelle CIG sur la réforme des institutions.
Le rapport regrette que la Commission n'ait pas abordé la question du
système de ressources propres. Elle juge nécessaire d'examiner la
possibilité d'un système plus proportionnel à la prospérité relative des
citoyens/contribuables et mieux "visible" pour le citoyen européen. Elle
considère que, ce faisant, l'application dans le budget du principe du
"juste retour" devrait être exclue. La Commission européenne est invitée à
faire une proposition à ce sujet rapidement.
La commission estime qu'un nouvel accord interinstitutionnel (AII),
accompagné de nouvelles PF, doté de la flexibilité nécessaire, devrait
permettre de redéployer, de façon limitée, des crédits entre les différentes
catégories de dépenses . On pourrait placer en réserve dans un chapitre
spécifique les crédits non utilisés des différentes catégories . Ces crédits
pourraient ainsi être utilisés aussi bien pour faire face aux imprévus à
l'intérieur de l'UE que pour être affectés au processus d'élargissement.
Quant au financement de ce processus, la commission rappelle que l'analyse
présentée par la Commission n'est qu'une estimation, à titre indicatif, de
montants nécessaires pour assurer le succès des adhésions. Ces montants ne
pourront être calculés de manière exacte qu'une fois les négociations
d'adhésion achevées. En outre, les marges à dégager pour financer
l'élargissement, à défaut des ressources supplémentaires, ne pourront être
libérées que par des réductions importantes dans les politiques existantes,
notamment agricole et structurelle. Ce n'est qu'après l'adoption par le
Conseil des réformes dans ces deux secteurs que l'on pourra évaluer les
économies réelles dégagées. La commission propose que l'ensemble des
dépenses en vue de l'élargissement soit inscrit dans une nouvelle rubrique
des perspectives financières.
Enfin, la commission présente un ensemble de considérations qui devrait
régir les politiques sectorielles mettant l'accent sur le besoin de
promouvoir l'emploi, la nécessité d'assurer la croissance et la
compétitivité au sein de l'Union et l'impératif pour cette dernière de jouer
un rôle encore plus important au niveau mondial et vis-à-vis du tiers
monde.