Ex-Yougoslavie: administration de Mostar. Rapport spécial 2/96 Cour des Comptes
1996/2172(COS)
La commission du contrôle budgétaire a adopté à l'unanimité la proposition
de résolution sur le rapport spécial de la Cour des Comptes concernant
l'Administration de Mostar par l'Union européenne (AMUE). Tout en se
ralliant au jugement positif de la Cour en ce qui concerne la contribution
de l'UE à la reconstruction de la ville, la commission partage l'analyse
effectuée par son rapporteur, Mme Muller (V,A), des carences et des
défaillances qui ont empêché d'atteindre l'objectif de la réunification
politique effective de la ville, malgré les efforts des membres de l'AMUE
et notamment de M.Koschnick, premier administrateur de l'UE. Les raisons de
cet échec sont imputables au Conseil qui n'a pas prévu une organisation
durable et efficace pour encadrer cette action commune pendant la phase
initiale, lorsqu'il fallait pourvoir l'Administrateur de l'UE des moyens de
police indispensables pour attribuer force contraignante à ses décisions
vis-à-vis des parties en conflit. De même, le Conseil n'avait prévu aucune
procédure financière unitaire, assortie d'un système intégré de comptabilité
et d'évaluation, ni d'ailleurs un personnel suffisant et qualifié. Malgré
tous ces manquements le rapporteur est de l'avis qu'il faut tirer des leçons
de l'expérience acquise à Mostar: tout d'abord, par l'élimination de la
confusion des compétences entre le Conseil et la Commission en ce qui
concerne les dispositions en vigueur dans le Traité sur la PESC, et
l'association du Parlement à son élaboration; ensuite, par l'attribution à
la Commission du suivi et de la supervision d'actions communes financées par
le budget communautaire, en faisant respecter le règlement financier même
dans ce domaine; enfin, par la création d'une réserve de personnel mobile
pour la PESC et la constitution d'un groupe de préparation des procédures de
mise en oeuvre rapide et efficace des actions communes décidées; en outre,la
Commission devrait proposer au Conseil, sur la base de l'art.J 8.3 du
Traité, des actions communes concernant, par exemple, le retour des réfugiés
ou la promotion et le soutien des médias indépendants dans l'ex-Yougoslavie.