Apprendre dans la société de l'information: plan d'action communautaire 1996-1998 dans le domaine de l'éducation
1996/2199(COS)
La commission a adopté à l'unanimité la proposition de résolution relative
au plan d'action lancé sous forme de communication par l'Exécutif. Tout en
se félicitant de l'aspect pragmatique du document à l'examen, le
rapporteur, Mme Ahlqvist (PSE,S), s'est penchée sur les problèmes
budgétaires soulevés par l'initiative communautaire en question.En effet, si
le plan d'action a le mérite d'apporter une "valeur ajoutée" européenne aux
initiatives nationales, régionales et locales et d'encourager l'action des
Etats membres,en conformité avec le principe de subsidiarité énoncé à
l'art.126 du Traité, il ne peut pas disposer d'un budget spécifique, car il
corresponds à un plan et non à un programme.Par conséquent,le rapport de la
commission relève avec inquiétude la tendance de l'Exécutif à "recibler" ou
à réorienter des programmes existants par l'intermédiaire de plans d'action
et de livres blancs; en outre, il s'agit dans le cas d'espèce d'affecter les
ressources allouées aux programmes éducatifs ou de formation (tel que
Socrates, Léonardo...), qui ont été arrêtés dans le cadre de la procédure
de codécision; ce qui pose des problèmes institutionnels ultérieurs. Cela
explique pourquoi le rapporteur, d'une part, se réjouit du renforcement de
la coordination des programmes communautaires concernés,et encourage le
recours à la formule des "appels à propositions", de façon à engendrer des
économies d'échelle, d'autre part, il n'exclut pas qu'à l'avenir la
meilleure façon d'oeuvrer dans ce domaine devienne un programme spécifique,
doté d'un budget propre. Quant aux objectifs du plan, Mme le rapporteur
craint que l'utilisation des ressources communautaires ne parvienne à créer
une "élite" parmi les établissements d'enseignement et surtout que, par
cela, l'épanouissement de la société de l'information ne se produise au prix
de nouvelles divisions sociales; c'est pourquoi Mme Ahlqvist exhorte à
placer les buts éducatifs du plan dans un contexte plus large, comprenant la
promotion de la cohésion sociale, la lutte contre l'analphabetisme,
l'amélioration de l'enseignement et de l'apprentissage des langues... Dans
une telle optique,il va de soi que le Parlement soit tout à fait partisan
de la démarche suivie par la Commission, lorsqu'elle donne priorité aux
écoles primaires et secondaires, plutôt qu'aux établissements scolaires
supérieurs. Le rapport souligne également l'importance de l'utilisation
ludique des technologies de l'information pour surmonter dès le plus jeune
âge les inégalités des conditions de départ entre filles et garçons, étant
donné que les premières, vis-à-vis de l'autre sexe, sont encore supposées
avoir moins de penchant pour la technique.
Plus en général, la Commission est invitée à renforcer la "dimension
européenne dans les écoles" dans le sens de faciliter la mise en commun et
le partage accrus des compétences et de l'expérience ou des "classes
virtuelles" composées d' élèves de plusieurs écoles associés via
l'éducation multimédia et, en particulier par le biais d' Internet. Une
reforme globale de l'enseignement scolaire doit aller de pair avec cette
démarche innovatrice sur le plan de l'ouverture aux nouvelles technologies
de l'information: cela comporte, entre autres, la formation et le soutien d'
enseignants dans le cadre des fonds structurels, l'interconnexion, pas
seulement à l'intérieur des réseaux scolaires existants, mais aussi avec
d'autres établissements éducatifs ou culturels, tels que les bibiothèques
et les musées; sans négliger, par ailleurs, la vigilance sur l'impact
éventuellement négatif des nouvelles technologies dans les écoles, voire
les remèdes contre la diffusion, par ces voies, de contenus nocifs aux
jeunes.
Enfin le rapport de Mme Ahlqvist demande à moyen terme une évaluation
approfondie du plan d'action en question et insiste pour une transparence
accrue sur les différents volets financiers (parmi lesquels pourrait
figurer une partie des crédits découlant de l'augmentation du budget du 4e
programme-cadre de RDT),utilisés pour l'interconnexion des écoles et la
diffusion de logiciels éducatifs à l'intérieur de l'Union.