Critères de convergence, la troisième phase de l'UEM et lesdifférents systèmes de sécurité sociale
1997/2048(INI)
La commission a adopté, par 32 voix et 12 abstentions, la proposition de
résolution sur les critères de convergence, la 3ème phase de l'UEM et le
financement des systèmes nationaux de sécurité sociale. Tout en déclarant
que l'introduction d'une monnaie unique peut aboutir à la création
d'emplois, grâce à un abaissement des taux d'intérêts et à une croisssance
plus soutenue,le rapporteur, M.Willockx (PSE,B), demande instamment que la
même importance soit accordée à la politique de l'emploi et de la fiscalité
et aux volets économique et social. Toutefois, la proposition de résolution
adoptée ne se borne pas à évoquer le modèle social européen,qui doit rester
la pierre angulaire de l'Union , mais rappelle également les limites que
les critères de convergence imposent à la marge de manoeuvre budgétaire des
Etats vis-à-vis de leurs objectifs sociaux, la retombée néfaste sur les
systèmes de sécurité sociale du vieillissement de la population, et
l'impératif de baisser les charges sociales patronales, afin de réduire le
coût du travail.
A titre de remède, le texte adopté sollicite une politique volontariste en
matière d'emploi et, en rappelant que le Livre blanc sur la croissance, la
compétitivité et l'emploi constitue un premier pas vers une politique de
l'emploi de qualité, exige en toute priorité l'application intégrale du
Livre en question et soutient les propositions du Président de l'Exécutif
d'utiliser la révision des perspectives financières pour réorienter le
budget davantage vers l'emploi; par ailleurs, il préconise une politique
génératrice d'emploi, qui arrive à redéployer la masse de capital consacrée
aux allocations de chômage vers des initiatives créatrice d'emplois. Le
rapporteur dénonce, en outre, que la réduction des charges sociales et la
possibilité de compenser cette réduction, par un système d'imposition
européen sur le CO2 et sur l'énergie, sont restées en suspens. Et pourtant
c'est bien à court terme-revendique-t-il- que l'Union doit envisager la
mise en place d'un cadre européen visant à déplacer l'impôt sur le travail
vers le capital, l'environnement et l'utilisation d'énergies. A plus long
terme, il demande que la proposition de"construction d'un serpent social
européen" soit à nouveau prise en considération à la lumière de l'UEM. Tout
en étant conscient du fait qu'il y a une absence relative de solidarité
quant à toute forme de redistribution entre Etats membres, M.Willockx
plaide carrément pour une politique sociale et fiscale redistributive. Le
texte adopté rappelle également les insuffisances du marché intérieur et,
en constatant l'absence d'une coordination fiscale au niveau européen,
souligne le risque d'une surenchère fiscale entre les Etats membres, qui
accentuera les disparités existantes. Enfin, il recommande que le dialogue
social européen se poursuive après l'entrée en vigueur de la 3ème phase de
l'UEM, notamment en matière de politique salariale, et que l'Exécutif se
penche sur l'avenir de la protection sociale dans l'Union en stricte
coopération avec le Parlement européen.