La législation alimentaire dans l'Union. Livre vert
1997/2092(COS)
Il faut rendre le droit alimentaire de la Communauté transparent et d'un
abord plus facile pour les utilisateurs. La commission de l'environnement a
émis cet avis dans une proposition de résolution adoptée sur la base d'un
rapport non législatif de Mme Ilona GRAENITZ (PSE, A) portant sur un Livre
vert de la Commission européenne sur les principes généraux du droit
alimentaire dans l'Union européenne.
La résolution invite la Commission européenne à proposer une directive-cadre
et à définir une politique communautaire basée sur une alimentation saine et
sur la qualité des produits. La législation relative à la protection des
consommateurs devrait s'assortir d'engagements volontaires des entreprises.
La législation en vigueur devrait s'adapter rapidement aux nouvelles
découvertes scientifiques. Il est noté dans la résolution que le droit
alimentaire européen repose sur le principe de prévention et de protection
du consommateur. Dans le cadre d'une approche intégrée "de l'étable à la
table" en matière de sécurité alimentaire et de qualité, il conviendrait que
la Commission entreprenne d'intégrer la protection de l'environnement à la
politique alimentaire, l'objectif ultime étant une production alimentaire
durable. Il faut améliorer les inspections effectuées par les États membres.
Seules des denrées sûres propres à la consommation humaine devraient être
mises sur le marché. De nombreuses pathologies sont imputables au régime
alimentaire: l'éducation dans le domaine de l'alimentation et de la santé
devrait être développée. Dans le même temps, les affirmations relatives aux
vertus prêtées à certaines denrées alimentaires ne devraient être autorisées
que si elles ont été confirmées de manière indépendante. L'étiquetage
(notamment pour les denrées alimentaires en vrac) devrait être clair et il
conviendrait de développer de nouvelles sources d'information du
consommateur (par exemple Internet). Les personnes souffrant d'allergies
alimentaires devraient obtenir l'étiquetage qui leur est nécessaire. Il faut
éliminer les ambiguïtés en matière de responsabilité (par exemple des
agriculteurs) et envisager une responsabilité communautaire générale (au cas
où le producteur ne peut être identifié). Toute personne commercialisant des
denrées alimentaires devrait en principe être tenue responsable, des points
de vue pénal et administratif, dans les limites de sa sphère d'influence. Du
point de vue international, la Commission demande avec insistance que les
futurs accords de l'OMC reconnaissent l'importance de certaines
préoccupations légitimes, notamment éthiques et religieuses, par rapport à
certaines méthodes de production. La participation du consommateur est
nécessaire dans le contexte du Codex Alimentarius - programme de sécurité
alimentaire - de la FAO/OMS. Les normes qui s'appliquent aux denrées
alimentaires produites dans la CE et destinées au marché intérieur devraient
s'appliquer aussi aux importations provenant de pays tiers ainsi qu'aux
exportations à destination de ces pays. Le commerce international des
produits alimentaires ne saurait être développé au détriment de la
protection de la santé publique, du bien-être des animaux ou de
l'environnement. Les pays candidats à l'adhésion doivent accepter le lien
établi entre politique agricole, politique de santé publique et politique
alimentaire. S'agissant de l'agriculture, il est demandé dans la résolution
que les résidus de produits chimiques soient maintenus nettement en-dessous
des normes minimales et que l'administration d'antibiotiques soit
rigoureusement réglementée. Il faut maintenir l'interdiction de la viande
traitée aux hormones. L'UE devrait financer l'agriculture biologique et les
pratiques agricoles durables. Le principe de précaution devrait s'appliquer
à l'évaluation des demandes de mise sur le marché d'organismes génétiquement
modifiés destinés à entrer dans la chaîne alimentaire.