Contrôle de l'application du droit communautaire. 14ème rapport annuel 1996
1997/2142(COS)
La commission a approuvé à l'unanimité le projet de résolution législative
après avoir examiné le 14ème rapport de l'Exécutif sur le contrôle de
l'application du droit communautaire (1996). Dans l'espoir que le présent
rapport serve de point de départ aux initiatives des particuliers contre
les infractions des Etats membres au droit communautaire, le rapporteur,
Mme Astrid Thors (ELDR,FI) a souhaité qu'il puisse jouir d'une plus large
diffusion auprès des personnes interessées et qu'ainsi la Commission
informe encore davantage les citoyens de l'ensemble de leurs droits
vis-à-vis des problèmes les plus souvent rencontrés dans certains secteurs
spécifiques.
Ainsi, le rapporteur a cité les nombreux doutes en matière de
réglementations techniques, qui pourraient être inapplicables en cas de
méconnaissance de l'obligation de communication -selon la jurisprudence de
la Cour de Justice ; les différentes questions liées à la libre circulation
des personnes, y compris la non-transposition de la directive 94/80 qui
affecte les droits électoraux des citoyens de l'Union résidant dans un Etat
membre dont ils ne sont pas ressortissants; et d'autres difficultés, encore
à surmonter, dans le secteur des services financiers, sans négliger
néanmoins l'effet perturbateur sur la libre circulation des travailleurs dû
à la fiscalité directe des personnes physiques.
Le projet de résolution adopté souligne l'importance des progrès accomplis
en ce qui concerne l'application de l'art.171, par.2, du Traité CE, qui
vise les sanctions pécuniaires, sous forme d'astreinte, à infliger aux
Etats membres qui n'exécutent pas les arrêts rendus par la Cour de Justice,
suite à un recours pour manquement ex art.169 du même Traité. Toutefois, le
rapporteur a soulevé des points encore obscurs dans le système de sanctions
en question et a demandé à l'Exécutif d'une part de justifier de manière
plus détaillée le montant de l'astreinte et, d'autre part, de publier ses
motivations au Journal officiel dès qu'il engage une action. En outre, il a
insisté sur l'aspect le plus problématique de la démarche en question, à
savoir comment l'Exécutif peut avoir recours à l'exécution forcée face au
refus d'un Etat membre d'obtempérer à la demande de paiement ? Mme Thors
ayant déclaré carrément que l'idée même d'une "communauté de droit" serait
vidée de son contenu si l'ensemble de la procédure de l'art.171.2 tournait
au ridicule, elle parvient à la conclusion que la Commission ne devra pas
tarder à se charger du problème, en proposant des modifications appropriées
à la législation applicable. Par ailleurs, le projet de résolution se
félicite de l'enquête du Médiateur concernant les procédures administratives
de la Commission par rapport aux plaintes des citoyens contre les autorités
nationales, mais comme les garanties fournies aux particuliers ne paraissent
pas encore satisfaisantes, le rapporteur souhaite que l'accès des plaignants
aux dossiers de la Commission soit amélioré en conformité avec les
dispositions en matière de transparence du nouveau Traite d'Amsterdam.
Enfin, Mme Thors suggère : d'une part d'ajouter de nouvelles sections lors
de l'élaboration du futur rapport annuel pour donner un aperçu des activités
des Etats membres et de la Commission en matière de dérogations au marché
intérieur (art.100 A.4) ainsi que des engagements extérieurs de l'Union par
le biais des accords internationaux ; d'autre part, de développer la section
dans laquelle sont répertoriées les jurisprudences nationales les plus
récentes en matière de "droit à la réparation" de la part des Etats membres.