Fonds structurels: utilisation des ressources
1997/2189(INI)
La commission a adopté presque à l'unanimité le rapport sur l'exécution des
crédits des Fonds structurels.En comparant les résultats de la précedente
période de programmation(1989-1993), qualifiés très satisfaisants par la
Commission du point de vue de l'exécution, avec l'utilisation
modeste,retardée ou inexistante de la nouvelle période (1994-1999), et
notamment en 1994 et 1995, le rapporteur, M.Rolf Berend (PPE,A), a déclaré
ne pas vouloir en tirer des conclusions dramatiques. Tout d'abord, l'année
1996 et les deux premiers trimestres de 1997 ont marqué un tournant dans
l'utilisation des crédits( avec un taux de 98%) de telle sorte que l'on
peut parler d'une normalisation partielle pour tous les Fonds, à
l'exception de l'IFOP . En outre, le degré d'utilisation varie beaucoup en
fonction des interventions, des Fonds et des Etats membres: ainsi, en 1994
la baisse s'explique à cause des initiatives communautaires (12%
d'utilisation) dont la programmation a démarré fort en retard;par ailleurs
aux cours de 1994-95, d'une part, la nouvelle conception des objectifs 3 et
4, et les longues négotiations sur les régions bénéficiaires d'aides dans
le cadre des objectifs 2 et 5 b, d'autre part, ont provoqué un effet de
ralentissement;quant aux Etats, à la fin de 1995, la Belgique( ob.1 et 5
b),l'Italie (tous les ob.), les Pays-Bas (ob.2) et la France (ob.1,2,5 b) -
auxquels la Suède (ob.3.4.5 a) s'est ajoutée fin 1996- ont affiché des taux
d'éxécution de la programmation initiale nettement inférieurs à la moyenne.
En tout état de cause, d'après le rapporteur, il n'y aurait pas seulement
des raisons conjoncturelles à l'origine de la non-utilisation, car elle doit
s'imputer plutôt à toute une série de carences structurelles. Ce qu'on peut
synthétiser, en faisant preuve d'abstraction, en trois catégories de
causes:-par des raisons administratives et de procédure, dont les effets
négatifs sur toutes les étapes de la mise en oeuvre ont été constatés aux
niveaux tant régional-national qu' européen ( avec de véritables blocages
au moment du choix des projets,de la modification des programmes et de
l'évaluation ex-post et du contrôle);-par des raisons fiscales, dues soit à
l'absence soit à des problèmes de cofinancement, surtout de la part des
régions n'ayant pas d'autonomie financière;-par des raisons
macroéconomiques qui expliqueraient les liens entre compétitivité régionale
et utilisation des crédits, à savoir l'effet positif de la faible
competitivité sur les régions de l'objectif 1 et 5 b et, au contraire, la
retombée négative sur les régions de l'objectif 2. Par ailleurs, une raison
importante des mauvais taux d'exécution, si évidents au cours des deux
premières années, ne peut qu'être attribuée au mauvais départ de la nouvelle
période de programmation 1994-1999, pénalisée par de nombreux retards; cette
expérience sert à apprendre- d'après M.Berend- qu'une bonne introduction de
la période de planification des programmes commence beaucoup plus tôt que
son début officiel. Ainsi, le rapporteur insiste sur le facteur temps et il
souhaite que les nouveaux règlements-cadre soient arrêtés de toute manière
avant 1998, afin que les autorités locales,régionales et nationales
disposent d'un délai suffisant pour préparer et déposer les programmes et
que leur mise en oeuvre puisse avoir lieu rapidement en l'an 2000. Enfin,
le rapport adopté contient d'autres recommandations en vue d'améliorer la
situation: un partenariat optimal pour réduire la segmentation
administrative, la garantie du cofinancement pour le bon déroulement des
programmes et l'amélioration de la cohérence entre les politiques
nationales et européennes pour l'harmonisation d' objectifs,stratégies et
mesures...D'ailleurs, le rapporteur rejette toute réduction des Fonds
decidée par le Conseil, car elles ne résolvent pas la question de
l'utilisation et vont à l'encontre des objectifs en matière de dépenses
convenus à Edimbourg; il se déclare, en revanche , favorable à la
proposition présentée par la Commission dans son Agenda 2000, de créer une
réserve pour un financement plus rapide des crédits des Fonds structurels.