Europe et États-Unis: relations futures
1995/2249(COS)
OBJECTIF : analyser les principaux éléments des relations Etats-Unis/Union
européenne et définir un nouveau cadre pour ces relations au vu de
l'évolution internationale (fin de la guerre froide) et des modifications
internes de la Communauté (entrée en vigueur du Traité de Maastricht).
CONTENU : La communication de la Commission réaffirme le rôle central joué
par la relation Etats-Unis/Union pour chacune des parties et pour le monde,
tant sur le plan politique, qu'économique et de la sécurité. Toutefois, la
Commission estime que cette relation ne peut plus s'appuyer sur des
structures remontant à la guerre froide et ne tient pas suffisamment compte
de l'évolution interne de la Communauté. C'est pourquoi, elle propose une
série de propositions en vue d'établir un nouveau programme d'actions
commun à adopter au cours du Sommet transatlantique de décembre 1995 :
1) sur le plan de la sécurité, les parties devraient focaliser leur
dialogue sur la place de l'Union dans l'OTAN, la non-prolifération des
armes nucléaires, la prévention des ventes illicites de matières
nucléaires, le contrôle du commerce international des armes, le contrôle à
l'exportation des marchandises à double usage, l'identification rapide des
conflits, la diplomatie préventive et le suivi des droits de l'homme dans le
monde et des minorités ;
2) politique étrangère : des projets communs devraient être définis dans le
domaine des droits de l'homme, de la sécurité nucléaire, de l'assistance
aux Palestiniens, ... et la coopération devrait être renforcée dans le
domaine de l'assitance humanitaire et de l'aide au développement ;
3) économie et commerce :
- Sur le plan multilatéral, une action vigoureuse doit être mise en place en
matière de libéralisation et de déréglementation commerciale. Les parties
doivent poursuivre l'oeuvre de construction de l'OMC en établissant un
nouveau programme de travail pour cette organisation et oeuvrer pour
l'intégration de la Russie et de la Chine en son sein. Parallèlement,
l'Union doit s'opposer à toute action unilatérale des Etats-Unis et
s'assurer que tous les nouveaux accords régionaux soient compatibles avec
l'OMC.
- Sur le plan bilatéral, les discussions doivent principalement porter sur
la possibilité de créer un espace économique transatlantique au sein duquel
serait intégrée une zone de libre échange. La coopération dans le domaine
de la politique de concurrence doit se poursuivre ainsi qu'en matière de
services. En ce qui concerne le cadre macro-économique, le débat doit être
élargi au niveau ministériel entre le Trésor américain et le Conseil ECOFIN
et la Commission (notamment, pour ce qui est des effets de l'UEM au plan
international).
4) autres domaines de coopération : les principales questions touchent à :
- l'environnement : renforcement de la coopération réglementaire, nouveaux
programmes communs, extension de la coopération dans le domaine des
substances chimiques et de la biotechnologie et mise en place de règles
comparables en matière d'émissions des véhicules;
- la société de l'information et les télécoms : renforcement de la
coopération dans le secteur des satellites et dans le domaine des normes et
de la recherche;
- la politique sociale et de l'emploi : plus grande systématisation des
échanges portant sur ces secteurs;
- la justice et les affaires intérieures : coopération accrue en matière de
lutte contre la criminalité organisée et la drogue ainsi qu'en matière
d'immigration et de droit d'asile;
- la science et la technologie : accord global de coopération dans ce
domaine;
- l'éducation et la formation : mise en oeuvre de l'accord sur la
coopération dans le domaine de l'enseignement supérieur et de la formation
professionnelle;
- les transports;
- l'information et la culture;
- le déclin urbain.
5) sur le plan institutionnel, la Commission se prononce pour un
renforcement des liens entre le Parlement européen, les parlements nationaux
et le Congrès américain en vue de renforcer le dialogue.