L'emploi en Europe. Rapport annuel 1995
1995/2231(COS)
-OBJECTIF : cette communication de la Commission vise à analyser les
principales tendances et les aspects majeurs des politiques récentes des
Etats membres définis lors du Conseil européen d'Essen en faveur de
l'emploi, dans le but d'identifier les bonnes pratiques et de diffuser leur
diffusion. Elle contient, en outre, les premiers éléments de réponse de la
Commission sur la question soulevée au Conseil de Cannes portant sur la
possibilité de coordonner les politiques économiques et structurelles des
Etats membres et vise à préparer le premier rapport annuel sur l'emploi
devant être présenté au Conseil européen de Madrid les 15 et 16 décembre
1995.
-CONTENU : Le premier message que révèle la communication de la Commission
est que si l'Europe parvient à atteindre son objectif d'une croissance
annuelle de 3 à 3,5% tirée par les investissements, la baisse du nombre de
chômeurs qui en résultera devrait permettre de ramener le taux de chômage à
7,5% avant l'an 2000. Cependant, si ces évolutions macroéconomiques sont
accompagnées de mesures structurelles destinées à augmenter l'intensiter de
la croissance de l'emploi, le taux de chômage pourrait encore baisser de
2,5%. .Mobiliser toutes les politiques : Pour ce faire, toutes les
politiques doivent être mobilisées en faveur de l'emploi de manière
simultanée et coordonnée afin de mettre en oeuvre : -une politique
macroéconomique qui assainira les finances publiques et permettra aux
entreprises de se développer et de créer des emplois, notamment dans les
PME, -une politique structurelle vigoureuse substituant aux mesures
passives des mesures actives du marché de l'emploi. .Climat économique :
La communication annonce que la situation économique européenne est
meilleure et que le succès des réformes structurelles commençent à se faire
sentir.
L'économie européenne est en meilleure posture pour plusieurs raisons :
-l'inflation est faible (taux le plus bas depuis 30 ans), -les profits sont
sains et presque aussi élevés que dans les années 60, -la balance
commerciale est excédentaire et les résultats obtenus sont meilleurs que
dans les années 1960, 1970 et 1980. La réunion de ces facteurs montre que
les conditions fondamentales de la croissance et de la création d'emplois
sont meilleures que depuis 20 ou 30 ans. .Réforme structurelle : Le succès
de la réforme structurelle se traduit par les programmes pluriannuels
soumis par les gouvernements. Ce processus de réforme est ample et profond.
C'est notamment le cas dans les systèmes de sécurité sociale (notamment au
plan des régimes de retraite qui sont plus sains et plus équilibrés). Mais
aussi dans les dispositifs de négociation collective qui ont ouvert la voie
à une inflation plus faible et à des attentes salariales plus modérées.
Ces réformes prises dans leur ensemble offrent des perspectives réelles et
positives d'un assouplissement du marché de l'emploi. La Communication
soulève cependant un certain nombre d'interrogations : -les partenaires
sociaux travailleront-ils en commun pour parvenir à la stabilité des prix
et à des niveaux de salairesréels plus élevés ou opteront-ils pour des
accords salariaux inflationnistes; -les gouvernements s'engageront-ils à
aller plus loin dans la voie d'une politique du marché de l'emploi active
plutôt que passive; -les entreprises saisiront-elles l'occasion de
transformer des bénéfices plus élevés en investissements et en emplois
nouveaux. .En conclusion, la Commission souligne qu'il est essentiel que
les Etats membres maintiennent leur engagement en faveur des orientations
d'action adoptées et ne tombent dans le piège d'un soulagement illusoire au
vu de la reprise actuelle. Dans ce domaine, les Etats membres devraient
poursuivre leurs efforts de réduction des déficits publics et de modération
salariale. Une plus grande attention doit être accordée aux catégories les
moins favorisées. Les efforts visant à donner à tous les jeunes la chance
de recevoir un enseignement, une formation ou une expérience
professionnelle avant d'accéder à l'emploi devrait être la toute première
priorité dans l'ensemble des Etats membres et l'accent devrait être mis à
la fois sur la prévention contre le chômage de longue durée ainsi que sur
l'égalité des chances entre les hommes et les femmes.
reprise actuelle. Dans ce domaine, les Etats membres devraient poursuivre
leurs efforts de réduction des déficits publics et de modération salariale.
Une plus grande attention doit être accordée aux catégories les moins
favorisées. Les efforts visant à donner à tous les jeunes la chance de
recevoir un enseignement, une formation ou une expérience professionnelle
avant d'accéder à l'emploi devrait être la toute première priorité dans
l'ensemble des Etats membres et l'accent devrait être mis à la fois sur la
prévention contre le chômage de longue durée ainsi que sur l'égalité des
chances entre les hommes et les femmes.