Éducation et formation: enseigner et apprendre, vers la société cognitive. Livre blanc
1995/2312(COS)
-OBJECTIF : Ce Livre Blanc sur l'Education et la Formation vise à proposer
une analyse et des orientations d'action dans les domaines de l'éducation et
de la formation tant au niveau des Etats membres qu'au niveau communautaire.
Parmi les mesures à mettre en oeuvre dès 1996 sur le plan européen, les
principales initiatives proposées visent à :
.encourager l'acquisition de nouvelles connaissances,
.rapprocher l'école et l'entreprise,
.lutter contre l'exclusion,
.maîtriser 3 langues européennes,
.traiter sur un plan égal l'investissement physique et l'investissement en
formation.
-CONTENU : Avec le présent Livre blanc, la Commission lance le débat sur la
contribution que doit apporter l'Union européenne au développement d'une
éducation de qualité préparant au XXIe siècle. Ses analyses et ses
propositions seront débattues dans les pays membres tout au long de 1996,
Année européenne de l'éducation et de la formation.
*Les enjeux de l'éducation et de la formation en Europe :
Le Livre blanc constate tout d'abord que la position de chaque citoyen
européen dans la société du futur dépendra des connaissances qu'il aura pu
acquérir. Aussi, les européens et leurs Etats membres doivent-ils dès
aujourd'hui prendre en charge l'éducation et la formation et se mobiliser
pour les rendre plus efficaces face à la montée du chômage et de l'exclusion
dans l'Union.
La Communauté devra faire face à 3 chocs majeurs dans les prochaines
années:
-la mondialisation des échanges, qui suppose une élévation générale des
qualifications requises,
-l'avènement de la société de l'information, qui transforme radicalement la
nature du travail et l'organisation de la production,
-l'accélération du progrès scientifique et technique.
Pour enrayer les effets néfastes de ces 3 chocs, la Commission identifie 2
réponses prioritaires :
-revaloriser la culture générale : c'est-à-dire la capacité à saisir la
signification des choses, à comprendre ou à créer, qui est le premier
facteur d'adaptation à l'économie et à l'emploi, la base indispensable à
l'acquisition de nouvelles compétences techniques;
-développer l'aptitude à l'emploi, par la mobilité des travailleurs et des
étudiants. Pour faciliter cette mobilité, il est indispensable de mettre en
place une reconnaissance véritable des savoirs à l'intérieur de l'Union
européenne, allant au-delà des diplômes.
*Les lignes d'action proposées par le Livre blanc : la Commission propose 5
grandes lignes d'action:
-encourager l'acquisition de connaissances nouvelles : par un système de
"cartes personnelles de compétences", sur lesquelles apparaitraient les
savoirs de chacuns, validant les compétences professionnelles et techniques
qui ne sont pas nécessairement sanctionnées par un diplôme. La Commission
incite à généraliser la reconnaissance mutuelle des "unités de valeur"
d'enseignement obtenues par les étudiants et de permettre aux bénéficiaires
d'une bourse d'études de s'en servir pour suivre des cours dans un autre
Etat membre. Elle annonce à cet égard son intention de lancer des appels
d'offres pour développer un logiciel éducatif multimédia;
-rapprocher l'école de l'entreprise au niveau européen : soutien des réseaux
de centres d'apprentissage des différents pays, amélioration de la mobilité
des apprentis en suivant le modèle d'ERASMUS, définition d'un statut
européen de l'apprenti;
-lutter contre l'exclusion en donnant une 2è chance notamment par le biais
du retour à l'école. Les jeunes menacés d'exclusion doivent avoir accès à un
enseignement dispensé à des groupes à effectifs réduits, selon une pédagogie
et des rythmes d'enseignement adaptés, à des stages en entreprise, à des
espaces d'apprentissage multimédia. Pour atteindre cet objectif, le Livre
blanc propose de redéployer des financements complémentaires européens à
partir de programmes comme SOCRATES ou LEONARDO qui viennent compléter des
initiatives locales et nationales ;
-donner aux jeunes une maîtrise de 3 langues communautaires : un label de
qualité "classes européennes" serait attribué aux écoles ayant le mieux
développé l'apprentissage des langues, leur permettant aussi de travailler
en réseau. Le recrutement des professeurs venant des autres pays de l'Union
européenne pour enseigner leur langue maternelle serait systématiquement
encouragée;
-traiter sur un plan égal l'investissement physique et l'investissement en
formation : la Commission considère qu'il est nécessaire de réexaminer le
traitement fiscal et comptable des entreprises pour qu'une partie des sommes
qu'elles engagent dans la formation de leur personnel soit inscrite à leur
bilan comme actifs immatériels. Parallèlement, devraient être développés des
formules de "plans d'épargne formation" au bénéfice des personnes désirant
renouveler leurs connaissances ou reprendre des études.