Enseignement supérieur: système général de reconnaissance des diplômes (direct. 89/48/CEE). Rapport
1996/2030(COS)
-OBJECTIF : Conformément à l'article 13 de la directive 89/48/CEE relative à
un système général de reconnaissance des diplômes d'enseignement supérieur,
la Commission présente un rapport général sur l'état d'application de ce
système ainsi que des conclusions quant aux modifications qu'il convient
d'apporter à ce système en vue d'améliorer les réglementations existantes
dans ce domaine.
-CONTENU : Selon les conclusions de ce rapport qui passe en revue
l'application article par article de la directive 89/48/CEE et présente les
diverses difficultés apparues depuis son adoption dans un certain nombre de
secteurs professionnels clé (professions de santé, ingénieurs, enseignants,
avocats comptables, administration publique), la mise en place du système de
reconnaissance des diplômes a permis une approche nouvelle de la
reconnaissance professionnelle que ne connaissait pas l'expérience acquise
avec les directives sectorielles. En effet depuis son adoption environ
11.000 personnes ont été concernées par cette reconnaissance et les
statistiques montrent que la plupart des demandeurs ont obtenu la
reconnaissance de leurs diplômes avec succès (5% des décisions seulement ont
été négatives avec très peu de recours).
Cependant, des problèmes subsistent dans la sphère de la reconnaissance
académique puisque certains Etats membres (notamment Belgique, Grèce,
Allemagne) font encore obstruction à l'accession d'une profession dans un
autre Etat membre (ex.: enseignants).
La directive a, en particulier, changé la situation des migrants potentiels
puisqu'elle leur donne de nouveaux droits et de nouvelles facilités. Le
rapport note, à cet égard, que bien souvent les migrants sont conscients de
leur droit à la reconnaissnce mais qu'ils ingnorent les mécanismes du
système général. Le rapport indique notamment que le migrant soit, est peu
conscient de son droit de recours, soit, est peu enclin à l'utiliser.
Parallèlement, la directive a donné une impulsion à la coopération entre les
organisations professionnelles au niveau européen. En outre, la convergence
de l'éducation et de la formation a été promue au moyen d'initiatives
instaurées à cette fin (notamment, en ce qui concerne la profession
d'ingénieurs, pour laquelle des "plate-forme" communes de formation ont été
créées afin de faciliter la reconnaissance). Le rapport note également que
les changements initiés par la directive prennent du temps et qu'il est
encore difficile de tirer des conclusions définitives sur le système
général. C'est pourquoi, la Commission n'a pas l'intention de proposer des
changements de fond à sa directive. L'étude qui sera faite, pour l'année
1999, sur la directive 92/51/CEE, offrira à la Commission la possibilité de
réexaminer le fonctionnement du système général dans sa globalité. Elle
proposera cependant des amendements limités à la directive avant cette date.
De plus, la Commission examinera dans le cadre de sa proposition de
directive de consolidation (COD96031):
- la possibilité d'incorporer à la directive 89/48/CEE l'obligation de
prendre en considération lors de l'examen de la demande de reconnaissance,
l'expérience acquise après l'obtention du diplôme;
- la possibilité d'introduire dans cette directive le concept d'"éducation
et de formation réglementée", ce qui obligera le migrant provenant d'un Etat
membre qui ne réglemente pas la profession vers un autre qui la réglemente,
de montrer qu'il possède 2 années d'expérience professionnelle;
- la voie dans laquelle le rôle du groupe de coordinateurs pourrait être
développé afin d'assurer une application et une interprétation plus
uniforme de la directive.
Par ailleurs, la Commission poursuivra ses efforts pour assurer que le
principe de base de la directive (reconnaissance, per se, des qualifications
du migrant) est respecté et que le droit d'imposer les mécanismes de
compensation (article 4) n'est pas abusivement utilisé. Elle fera également
en sorte que les migrants soient tout à fait avertis de leurs droits en
vertu de la directive.