Pour une nouvelle dynamique dans les relations entre l'Union et l'ASEAN
1996/2121(COS)
OBJECTIF : Le document vise à proposer une nouvelle dynamique des relations
Union-ASEAN basée sur un partenariat actif impliquant à la fois les milieux
d'affaires et renforçant le dialogue politique.
CONTENU : Partenaire de longue date, l'ASEAN (Association des pays du
Sud-est asiatique comprenant Bruneï, Indonésie, Malaisie, Philippines,
Singapour, Thaïlande et Vietnam), représente un enjeu économique
considérable pour l'Europe avec un volume global des échanges commerciaux
triplé en 10 ans (l'Union est le 3ème partenaire commercial de cette région
après le Japon et les USA). Sur le plan des relations Union-ASEAN, un accord
lie les deux entités depuis 1980 sur la base d'un rapport
donateur-bénéficiaire. Aujourd'hui, les relations se situent beaucoup plus
dans un rapport d'échange commercial équilibré, axé sur le développement
économique et la coopération. C'est pourquoi, la Commission s'engage avec la
présente communication, à définir les contours d'une nouvelle approche des
relations bilatérales, basée sur le partenariat. Les objectifs de ce dernier
se résument comme suit :
-dialogue politique stimulé : des thèmes d'intérêts communs seraient abordés
tels que désarmement, opérations de maintien de la paix, respect de la
démocratie et des droits de l'homme,
-renforcement de la dynamique interrégionale : l'Union et l'ASEAN peuvent
développer un partenariat d'égal à égal pour la promotion de leur marché
régional respectif et pour la création de liens de solidarité commune
(lorsqu'il existe des programmes de nature équivalente, une participation
mutuelle et réciproque à ces programmes par des opérateurs économiques
serait envisagée),
-essor des échanges et de l'investissement : des progrès devraient être
accomplis dans les domaines suivants :
.facilitation et libéralisation du commerce sur la base des principes
définis par l'OMC,
.facilitation de l'investissement (encore trop insuffisant de la part de
l'Europe) : définition des obstacles réglementaires ou administratifs
existants et aide pour la levée de ces derniers;
-une coopération ajustée : la coopération au développement devrait viser les
zones et catégories défavorisées alors qu'une nouvelle coopération
économique devrait voir le jour avec d'autres Etats, laquelle :
.mettrait l'accent sur des actions d'intégration régionale dans le domaine
douanier, statistique, de normes et autres barrières techniques,
.définirait des domaines d'actions prioritaires (coopération industrielle,
société de l'information, transport),
.soutiendrait les PME (joint-ventures),
.sélectionnerait de nouvelles initiatives destinées à créer des liens entre
l'Union, ses Etats membres et l'ASEAN (promotion des échanges, des liens
culturels ...).
La coopération porterait encore sur d'autres domaines dont notamment le
respect de l'environnement, le rapprochement des deux sociétés, la lutte
contre la criminaliré organisée et la science et la technologie. Pour
rencontrer ces divers objectifs, la Commission propose 2 approches :
-un renforcement de l'accord existant (1980) portant sur la coopération
interrégionale : il s'agirait d'un protocole à l'Accord de 1980 qui
comporterait des objectifs interrégionaux, renforcerait la coopération
économique et redéfinirait la coopération au développement ;
-la mise en place d'un partenariat actif basé sur une déclaration conjointe
des chefs d'Etats définissant les objectifs généraux de cette nouvelle
coopération. Cette formule, plus flexible, permettrait d'associer intimement
le secteur privé au développement de la région soit :
.par un travail isolé des milieux d'affaires qui feraient rapport aux
instances de l'Accord,
.par une participation directe de l'industrie aux travaux des différents
comités.
La Commission se dit clairement favorable à la seconde option et propose que
celle-ci fasse l'objet d'une Déclaration commune lors de la prochaine
réunion ministérielle Union-ASEAN, prévue pour février 1997.