Lutte contre l'acidification et les polluants atmosphériques: stratégie communautaire
1997/2107(COS)
OBJECTIF : la présente communication répond à la demande du Conseil
"Environnement" de 1995 d'élaborer une stratégie cohérente et intégrée de
lutte contre l'acidification. Elle se décline en une multitude d'actions
concrètes dont l'élément central est la fixation de plafonds d'émission
nationaux pour les principaux polluants atmosphériques concernés.
CONTENU : le stratégie proposée par la Commission fait suite à une analyse
poussée sur les effets de l'acidification sur l'environnement. Pour rappel,
l'acidification est la conséquence de l'introduction de polluants
atmosphériques dans l'environnement : le dioxyde de soufre (SO2), les oxydes
d'azote (NOx) et l'ammoniac (NH3).
Vu l'importance croissante des dégâts de l'acidification sur les écosystèmes
(appauvrissement des sols, pollution des eaux de surface et souterraines,
détérioration des bâtiments, augmentation de la morbidité et la mortalité
humaine dues à des maladies respiratoires), il importe de réduire de manière
acceptable les taux de pollution aboutissant à l'acidification. Au terme de
l'analyse effectuée par la Commission, il ressort qu'une réduction de 50% de
l'écart existant entre le niveau de protection des écosystèmes sensibles où
les charges critiques pour l'environnement ont été dépassées en 1990 et
l'objectif final de 100% de protection est un objectif réaliste auquel la
Communauté peut aspirer à l'horizon 2010.
Pour parvenir à cet objectif intermédiaire, la Commission propose une
stratégie en 12 points :
1) fixation de plafonds d'émission nationaux pour les principaux polluants
via une directive européenne : la fixation de ces plafonds serait conforme à
la Convention CEE-ONU sur la pollution atmosphérique transfrontière à longue
distance et laisserait aux Etats membres une marge de manoeuvre relative
pour déterminer comment les atteindre au moindre coût. Une directive
européenne fixerait ces plafonds pour le SO2, NOx, NH3 et les COV ;
2) ratification par tous les Etats membres du protocole sur le soufre de
1994, base de toute lutte contre l'acidification : une proposition de
décision sur la conclusion de ce protocole par la Communauté est annexée à
la communication (voir fiche CNS97107);
3) révision de la directive 93/12/CEE sur la teneur en soufre de certains
combustibles liquides : la combustion de fuels lourds est la principale
source d'émission de SO2 provenant de l'utilisation de combustibles
liquides. C'est pourquoi, la Commission propose de réduire ces émissions en
fixant des limites plus strictes. Une proposition de révision de ces limites
est annexée à la communication (voir fiche SYN97105) ;
4) lutte contre les émissions provenant de sources fixes : la Commission
propose de revoir la directive 88/609/CEE sur les émissions de polluants des
grandes installations de combustion (directive "GIC") en fixant de nouvelles
valeurs limites (ou éventuellement, des plafonds d'émissions) pour les
émissions de SO2 et NOx tant pour les anciennes que pour les nouvelles
installations. Ces valeurs tiendraient compte entre autre des situations
géographique et environnementale locales ;
5) réduction des émissions provenant des transports maritimes : il s'agirait
de classer les pays riverains de la Baltique (particulièrement exposés à ce
type de pollution) en zones sensibles pour les émissions de SO2, zones dans
lesquelles les navires ne seraient plus autorisés à brûler des fuels de
soutedont la teneur en soufre dépasse 1,5% ;
6) appui aux actions de lutte contre l'acidification dans les PECO
(notamment ceux qui sont voisins de la Communauté et qui sont des futurs
candidats à l'Union) ;
7) ratification d'un nouveau protocole multi-polluants dans le cadre de la
Convention CEE-ONU sur la pollution atmosphérique et révision d'urgence du
protocole sur le soufre de 1994 ;
8) réduction des émission d'ammoniac (NH3) : c'est principalement dans les
activités agricoles que ce polluant est distillé. Des initiatives sont donc
prévues en vue d'en limiter l'émission notamment dans les fumiers de vaches
et autres bovins, de limiter les émissions provenant des volailles et les
émissions strictement industrielles ;
9) recours à des instruments économiques nationaux et communautaires : la
Commission suggère de combiner les plafonds nationaux d'émission avec des
instruments économiques tels que taxes/impôts, octroi de subventions
incitatives, permis d'émission et accords dans le domaine de
l'environnement. Au niveau communautaire aussi des actions sont
envisageables comme la taxation de l'énergie, des droits à la navigation et
des mesures dans le domaine de la PAC ;
10) fixation de nouvelles valeurs d'émissions pour les transports : des
propositions ont déjà été faites par la Commission en matière d'émissions et
de carburants (directives "auto-oils" COD96163 et COD96164). D'autres
pourraient voir le jour en 1998;
11) énergies renouvelables : dans le cadre du Ve programme cadre de
recherche un effort particulier devrait être consenti en matière de sources
d'énergies alternatives et renouvelables et de conservation de l'énergie ;
12) mise en place d'un processus de suivi et de révision : la Commission
doit évaluer en permanence les résultats de cette stratégie. C'est pourquoi,
elle prévoit la rédaction fin 2004 d'un rapport montrant les effets de sa
stratégie et les perspectives prévisibles d'ici 2010.