Changement climatique: dimension énergétique, préparation de la Conférence de Kyoto, Décembre 1997
1997/2104(COS)
OBJECTIF: la présente communication, consacrée à la dimension énergétique du
changement climatique, a pour but d'accélérer le processus de négociation de
la Conférence des Nations-Unies qui se déroulera en décembre 1997 à Kyoto;
elle met l'accent sur les implications pour l'énergie en vue de la
préparation d'une autre communication, globale celle-là, traitant l'ensemble
des aspects liés aux émissions de CO2 et au changement climatique.
CONTENU: les conclusions du Conseil du 03/03/1997 sur le changement
climatique ont montré la détermination de la Communauté à prendre ses
responsabilités puisqu'il a été convenu que celle-ci proposera que les pays
membres de l'OCDE et les pays à économie de transition s'engagent à réduire
de 15% d'ici à 2010 leurs émissions des principaux gaz à effet de serre
(CO2, CH4 et N2O) par rapport à l'année de référence de 1990. Or, si l'Union
devait poursuivre sur la voie actuelle, l'augmentation des émissions de CO2
serait de quelque 8% en 2010 par rapport à 1990, ce qui représente une
différence de 20 points par rapport à la position de négociation que le
Conseil a proposé.
Pour combler cette différence, la mise en place de politiques et de mesures
ambitieuses sera nécessaire, en particulier dans le domaine de l'énergie.
L'objectif de la présente communication est de souligner le défi proposé aux
décideurs politiques, d'identifier une série d'aires d'intervention
politique et d'analyser les actions à entreprendre afin d'atteindre les
objectifs de réduction des émissions en respectant le concept
"coût-efficacité".
Afin d'avoir une base de discussions en vue des décisions politiques à
adopter, la Commission suggère quelques pistes d'action possibles:
- l'amélioration de l'efficacité énergétique et les économies d'énergie (une
réflexion serieuse doit être menée pour savoir comment aller au-delà de ce
qui a été réalisé en matière d'économies d'énergie ces dernières années);
- une plus grande coopération avec les opérateurs économiques et de
nouvelles actions dans le cadre d'accords environnementaux;
- accélérer la pénétration des sources d'énergie renouvelables: la
Commission estime qu'un doublement d'ici 2010 de la part de ces énergies
(passage de 6 à 12%) serait un objectif ambitieux mais réaliste;
- améliorer la maîtrise de l'énergie aux niveaux insulaire, local et
régional;
- promouvoir les initiatives de production combinée d'électricité et de
chaleur;
- production d'électricité: le développement dans le secteur de la
production d'électricité et de chaleur sont primordiaux pour l'ensemble des
émissions de CO2. Bien que ce secteur contribue à près d'un tiers des
émissions totales de CO2, celles-ci peuvent être limitées en dépit de la
demande croissante;
- la technologie et l'innovation: les services énergétiques efficaces et
durables doivent être développés à travers l'utilisation des différentes
technologies énergétiques;
- limiter les autres émissions de gaz à effet de serre (les mines de charbon
sont une importante source d'émissions de méthane et la production et la
distribution de gaz naturel entraînent immanquablement des fuites de ce
gaz);
- les instruments fiscaux et les ressources financières: des mesures comme
l'emprunt vert (Pays-Bas), l'électricité verte(Allemagne) ou les projets
pilotes biocarburants (France), méritent d'être étudiés et exploités. La
Commission souligne également que la réorientation de la politique
énergétique nécessitera une mobilisation de nouvelles ressources financières
et que les Etats membres doivent être conscients de cette charge
supplémentaire.