Citoyenneté de l'Union. 2ème rapport
1997/2123(COS)
OBJECTIF : présentation du 2ème rapport de la Commission sur la citoyenneté
européenne (1997).
CONTENU : Introduit par la traité de Maastricht, le concept de citoyenneté
de l'Union vise à impliquer davantage le citoyen dans le processus
d'intégration européenne, par le renforcement de sa participation et de ses
droits et la promotion de l'idée d'identité européenne. Ce IIe rapport sur
la citoyenneté, établi conformément aux dispositions de l'article 8 E
paragraphe 1 du Traité d'Union, couvre la période 1994-1996. Durant cette
période, des progrès ont été effectués en ce qui concerne la mise en oeuvre
des droits spécifiques attachés à la citoyenneté. Le cadre législatif requis
par ces nouveaux droits a été adopté mais, dans la pratique, certains droits
ne sont encore pleinement appliqués :
1) droit de vote et d'éligibilité aux élections du Parlement européen et aux
élections municipales dans l'Etat membre où le citoyen réside : ces
dispositions ont été mises en oeuvre par les directives 93/109/CE (élections
du PE) et 94/80/CE (élections municipales). Cependant dans cette dernière
matière, le rapport note que les progrès sont inégaux. Ainsi, en ce qui
concerne le droit de vote aux élections municipales la Suède, la Finlande et
l'Autriche ont fait une transposition partielle de la directive et la
Belgique et la France, sont dans le collimateur de la Commission pour
non-transposition...
2) droit du citoyen à la protection diplomatique et consulaire: cette
diposition institue un droit à la protection de la part des autorités
diplomatiques et consulaires de tout Etat membre dans les pays tiers où
l'Etat membre du citoyen n'est pas représenté. La portée potentielle de ce
principe n'est pas négligeable, selon le rapport, puisqu'actuellement la
totalité des Etats membres n'est représentée que dans 5 pays (Russie, Japon,
Etats-unis, Chine, Suisse). En outre, dans 17 pays, seul 2 Etats membres
sont représentés. Sur le plan légilsatif, en 1995, le Conseil a adopté la
décision 95/553/CE concernant la protection des citoyens de l'Union par les
représentations diplomatiques et consulaires. Une autre décision a été
adoptée en 1995 concernant les modalités d'exécution à adopter par les
fonctionnaires consulaires. Cependant, le rapport signale que des
arrangements pour la mise en oeuvre de ces mesures n'ont pas été pris par
tous les Etats membres. Par ailleurs, par une décision adoptée en 1996, les
représentants des gouvernements, réunis au Conseil, ont fixé les règles de
délivrance d'un titre de voyage provisoire (TVP) qui peut être délivré pour
un voyage de retour aux citoyens en difficulté dans un pays tiers (perte ou
vol du titre de voyage);
3) le droit de pétition devant le Parlement européen et le droit de
s'adresser au Médiateur : il s'agit de mécanismes extrajudiciaires de
protection du citoyen. Le droit de pétition peut être exercé par tout
citoyen de l'Union mais aussi par toute personne physique ou morale résidant
ou ayant son siège statutaire dans un Etat membre. En vertu de l'article 138
D du traité, les pétitions doivent relever du domaine de l'activité des
Communautés. Pendant la période 1993-97, un total de 4.131 pétitions ont été
adressées au Parlement européen, dont 2.239 étaient jugées recevables (899
d'entre elles concernaient les droits des citoyens).
En ce qui concerne le Médiateur, l'article 138 E du traitéaccorde le droit
de s'adresser au Médiateur pour enquêter sur des cas de mauvaise
administration dans l'action des institutions ou organes communautaires. Le
premier Médiateur est entré en fonction en septembre 1995. A la fin décembre
1996, il avait reçu 1.140 plaintes portant sur la transparence et l'accès à
l'information, des fraudes, des problèmes d'environnement, des contrats
conclus avec la Commission et des procédures de recrutement.
4) droit de séjour et de libre circulation : dans ce domaine, le rapport
estime que la situation n'est guère satisfaisante. Les citoyens se heurtent
toujours à des difficultés dans l'exercice de leur droit de libre
circulation et de séjour. Le droit de séjour est toujours soumis à des
dispositions différentes applicables à des catégories différentes de
citoyens (deux règlements et 9 directives). Pour remédier et clarifier cette
situation, le rapport se dit favorable à une refonte totale de toute la
législation dérivée en la matière. Il faudrait également revoir l'article 8A
du Traité, dont le statut de base juridique accessoire pourrait être haussé
à celui de base juridique spécifique, autorisant la révision de la
législation actuelle. En particulier, le rapport estime qu'il faudrait
transférer dans le champ de compétence communautaire (pilier I) les
questions relatives à la justice et aux affaires intérieures (pilier
III-coopération intergouvernementale).
Le rapport estime enfin qu'il convient d'améliorer la sensibilisation et
l'accès aux droits des citoyens. La Commssion estime en particulier qu'il
faut faire un effort :
-en matière d'information permanente pour garantir aux citoyens un accès à
des informations simples et factuelles sur leurs droits. A cet effet,
l'initiative "Citoyens d'Europe" pourrait jouer un rôle grandissant puisque
plus de 600.000 personnes se sont déjà adressées à ce service par téléphone
ou via Internet pour des problèmes de libre circulation, de reconnaissance
des diplômes, etc.;
-de la part de la Commission et des Etats membres, en vue de mieux faire
respecter ces droits. Dans ce cadre, le rapport propose la mise en place de
mécanismes de recours rapides et efficaces, permettant de faire l'économie
de procédures judiciaires (ex.: points de contact nationaux facilement
localisables, auxquels les citoyens pourraient s'adresser dans le pays où
ils résident). Des organismes de règlement à l'amiable pourraient également
voir le jour. Mais, ce dispositif ne remplacerait pas les procédures
d'infraction à l'encontre des pays qui n'appliquent pas législation, seul
moyen contraignant, à l'heure actuelle, pour forcer les Etats membres à se
conformer à l'aquis communautaire dans ce domaine.