Élargissement: vers une stratégie de pré-adhésion pour les pays d'Europe centrale et orientale PECO
1994/2121(COS)
-OBJECTIF: Cette communication analyse les effets politiques et économiques
de l'élargissement sur la Communauté et présente les principales pistes de
réflexion au centre des réformes à entreprendre.
-CONTENU:
Pour la Commission, l'élargissement de la Communauté aux pays de l'Est
(actuellement, Estonie, Hongrie, Lettonie, Pologne, Roumanie et Slovaquie)
aura des effets considérables :
.effets politiques : l'élargissement permettra d'assurer la paix et la
sécurité parmi tous les peuples européens mais des garanties devront être
données en matière de respect des droits de l'homme et de protection des
minorités ;
.effets économiques : le principal défi économique de l'élargissement
concerne surtout les PECO eux-mêmes qui doivent mettre en place un cadre
règlementaire et administratif adéquat et opérer des réformes et un
développement macro-économique parfois très important.
Pour réussir au mieux l'adhésion, la Commission recense 3 types de
problèmes et propose une amorce de réponse :
-la stratégie de préadhésion doit être poursuivie et même renforcée : une
préparation approfondie est la clé de l'élargissement, c'est pourquoi la
Commission estime que les PECO doivent continuer à introduire des
législations compatibles avec le système communautaire et mettre en oeuvre
progressivement des mesures d'exécution. Des mesures de stabilisation des
politiques monétaires doivent également être renforcées ;
-la mise en oeuvre de périodes transitoires au moment de l'adhésion doit
être équilibrée : même pour les pays "prêts" à l'adhésion, des mesures
transitoires importantes seront nécessaires pour permettre une intégration
progressive. Toutefois, la Commission met en garde contre tout système de
dérogations permanentes qui aboutirait à un type d'adhésion "à la carte" ou
de "deuxième classe". Les nouveaux membres doivent accepter les obligations
et droits découlant de l'adhésion avec les contraintes qui y sont liées ;
-dans certains domaines tels que la politique de cohésion et la politique
agricole, qui ont des implications budgétaires importantes, il est encore
difficile de prévoir l'acquis que devront assumer les nouveaux membres :
.en matière de cohésion économique et sociale : la Commission, qui devra
réexaminer les perspectives et règlementations relatives aux Fonds
Structurels pour la période allant au-delà de 1999, présentera en 1996 un
premier rapport sur les contours de cette politique en intégrant la
variable de l'élargissement. A cet égard, la Commission estime que les pays
bénéficiant d'une intervention devraient avoir une garantie de solidarité
durable mais en fonction des résultats obtenus et les régions les moins
favorisées devraient continuer à avoir la priorité. Elle précise en outre
que le transfert massif de fonds vers les nouveaux pays n'est pas
souhaitable vu leurs systèmes administratifs et leur trop faible capacité
d'absorption des fonds ; en matière agricole, la Commission estime que le
maintien du statut quo n'est pas souhaitable avec une Communauté élargie,
ce qui implique le recours moins systématique au soutien des prix, la mise
en oeuvre de politiques environnementales et sociales plus importantes et
la définition d'une politique rurale intégrée.