Politique de concurrence. 26ème rapport 1996
1997/2069(COS)
OBJECTIF: présentation par la Commission européenne du XXVIe rapport sur la
politique de concurrence (1996).
CONTENU: dans son rapport, la Commission européenne souligne que la
politique de concurrence, comme toutes les autres politiques
communautaires, vise plus que jamais à accroître la prospérité de
l'économie de l'Union et le bien-être de l'ensemble des citoyens européens.
Ces interactions bénéfiques entre la politique de concurrence et les autres
dimensions de la politique communautaire ont été particulièrement mises en
lumière en 1996 dans le domaine de l'emploi. En effet, la politique de
concurrence s'inscrit dans la stratégie d'ensemble proposée par le document
"Action pour l'emploi en Europe, un pacte de confiance" pour réussir à
augmenter la croissance économique, ainsi que par le rapport sur la création
d'emplois et la croissance. Le Pacte de confiance propose notamment quatre
actions structurelles:
a) compléter et mieux mettre en oeuvre le marché intérieur;
b) améliorer l'environnement compétitif global en Europe;
c) aider les petites et moyennes entreprises;
d) ouvrir davantage l'accès au marché mondial.
Les deux premières actions correspondent à des objectifs essentiels de la
politique de concurrence sur la base des art. 85, 86 et 90 du Traité CE,
ainsi qu'en application du règlement 4064/89/CE sur le contrôle des
concentrations. Le troisième a trouvé cette année des applications dans la
politique de contrôle des aides d'Etat: adoption d'une nouvelle règle de
minimis, simplifiée et élargie, définition d'un nouvel encadrement pour les
aides aux PME, ainsi que d'une communication sur le contrôle des aides
d'Etat et la réduction du coût du travail. Politique structurelle, la
politique de concurrence doit aujourd'hui, pour remplir pleinement sa
fonction, accompagner et anticiper les évolutions de l'économie, afin de
garantir le fonctionnement efficace des marchés sans pour autant constituer
un frein à leur performance. Elle doit notamment, selon la Commission: -
prendre en considération la mondialisation; - contribuer à
l'approfondissement du marché intérieur; - moderniser ses instruments.
A la demande du Parlement européen, la Commission a inclus dans son rapport
annuel un chapitre traitant des développements qu'elle envisage et des
initiatives qu'elle compte prendre en 1997.
En ce qui concerne les actions horizontales, sept priorités législatives se
dégagent:
1) la Commission poursuivra et intensifiera l'action engagée en 1996 pour
garantir que la politique de concurrence soit appliquée en tenant pleinement
compte de l'évolution constante du marché;
2) l'ouverture à la concurrence de certains secteurs, notamment celui des
télécommunications afin que la libéralisation des services de téléphonie
vocale devra intervennir effectivement le 01/01/1998;
3) la Commission continuera de moderniser les règles procédurales et de
simplifier sa politique dans un souci de transparence (ex: simplification de
la procédure d'audition, application des règles de concurrence dans le
secteur des transports aériens, en particulier sous l'angle des relations
Union/pays tiers);
4) en raison des problèmes structurels auxquels l'Europe continue de faire
face, notamment en matière d'emploi, la Commission attachera une grande
importance à sa politique dans le domaine des aides (version codifiée des
règles applicables aux aides à finalité régionale, encadrement
multisectoriel des aides régionales en faveur de grands projets
d'investissement, nouveau règlement sur la construction navale et
encadrement des aides au secteur de l'automobile);
5) la cinquième priorité concerne l'application décentralisée des règles de
concurrence communautaire;
6) en matière de coopération internationale, la Commission poursuivra ses
efforts dans trois grands domaines prioritaires: a) la préparation de
l'élargissement, ainsi que les actions en cours pour encourager les pays
d'Europe centrale et orientale à se doter d'une politique de concurrence et
d'instruments pour la faire respecter; b) la coopération avec nos principaux
partenaires commerciaux (notamment Etats-Unis et Canada) en matière de
répression des ententes; c) l'effort entrepris pour la mise en place d'une
politique de concurrence effective dans tous les pays, dans le cadre des
débats du groupe de travail créé par la Conférence ministérielle de l'OMC à
Singapour (décembre 1996), et au sein de l'OCDE;
7) enfin, dans le but de réduire le plus possible les coûts supportés par
l'industrie européenne du fait de la réglementation, la Commission
concentrera ses ressources sur les dossiers revêtant un intérêt majeur pour
l'Union du point de vue juridique, économique ou politique. A cet effet,
elle révisera sa communication sur les accords de minimis, afin d'élargir
son champ d'application en mettant l'accent sur les conséquences économiques
de ces accords. En ce qui concerne le contrôle du respect de la
réglementation, la Commission indique qu'en 1997, comme les années passées,
ses efforts iront dans le sens d'un traitement efficace des notifications,
plaintes et procédures d'office ayant trait aux art. 85, 86 et 90 du Traité
CE, aux concentrations et aux aides d'Etat.